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Alliances de la société civile nutrition – Défis et perspectives

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Blog de Charulatha Banerjee, Spécialiste de la gestion des connaissances – Région Asie ENN, date de publication : 4 août 2017 Billet original

Le Réseau de la société civile SUN (RSC SUN) est composé à l’heure actuelle de 2 500 organisations qui sont organisées en tant qu’alliances nationales de la société civile et qui sont réparties dans 39 pays de la planète. i-juillet, j’ai participé   Asie, qui a été coorganisé par le Secrétariat international du RSC SUN et l’Alliance de la société civile du Népal (CSANN) à Katmandou. Les alliances du Bangladesh, du Cambodge, de l’Indonési, du Kirghizistan, d Laos, du Myanmar, du Népal, du Pakistan et des Philippines ont pu y participer. Au cours de cet événement de quatre jours, j’ai pu échanger avec des participants de ces différents pays et comprendre de quelle manière ils participent, aux côtés de leurs gouvernements et d’autres acteurs, à .

Bien que leurs situations soient différentes, les alliances ont de nombreux points communs, notamment d défis communs à relever :

• La plupart des ASC sont composées d’ONG nationales et internationales et ces dernières confient volontairement la gouvernance active de l’ASC aux ONG nationales.

• Les organisations de l’alliance qui interviennent dans les domaines principaux liés à la nutrition et d’autres qui ont une expertise plus générale, telle que l’éducation, WASH, la promotion des moyens de subsistance, etc.

• d’alliances ont été créées récemment, les plus anciennes ayant trois ans (p. ex. au Népal et au Bangladesh) alors que l’alliance des Philippines n’a que quelques mois d’existence.

• Dans quelques pays, au Népal, au Pakistan et au Myanmar, des sections infranationales affiliées à l’lliance nationale ont été créées pour améliorer la portée d’action des alliances et faciliter les échanges avec les structures gouvernementales locales.

• Toutes les alliances ont participé à des degrés différents à l’élaboration de plans de nutrition.

• des difficultés plus ou moins importantes peut entraver la planification à long terme.

• Il est très préoccupant de constater que toutes les alliances ont signalé que la société civile éprouvait de plus en plus de difficultés à se faire entendre. Cette situation serait moins étonnante si elle touchait des organisations intervenant dans le domaine des violations des droits de l’homme ou des thèmes controversés, mais il semble que même les organisations qui interviennent dans le domaine de la nutrition et de la sécurité alimentaire ont des difficultés à faire entendre leurs messages. Cela est peut-être révélateur de l’époque dans laquelle nous vivons.

• De nombreux sujets ont été abordés au cours des quatre journées de cet événement et je voudrais faire part de mes remarques et de mes analyses dans ce billet sur deux sujets qui m’ont paru particulièrement intéressants : les OSC et la décentralisation et la mise en œuvre du code relatif aux substituts du lait maternel.

Décentralisation

J’ai trouvé très intéressante la séance sur la décentralisation, sachant que le pays d’accueil, le Népal, termine actuellement sa transition vers un régime démocratique fédéral. Les mécanismes gouvernementaux et les structures non gouvernementales sont confrontés à de nouveaux défis liés à la fédéralisation, qui garantit une division inscrite dans la Constitution des pouvoirs et des responsabilités entre l’autorité centrale et les autorités locales. La CSANN qui est déjà composée de cinq sections infranationales fera bien de mobiliser les nouvelles locales pour comprendre de quelle manière elle pourrait collaborer avec ces dernières et évoluer pour accomplir des progrès dans le domaine de la nutrition. Le Pakistan, qui est également composé de sections provinciales représentées à l’échelle nationale, a réussi à mener à bien un plaidoyer au Khyber Pakhtunkhwa où la malnutrition était classée au rang des urgences et les gouvernements de trois provinces (Sindh, Pendjab et Baloutchistan) se sont engagés à accroître leurs dotations financières en faveur de la nutrition. L’ASC a beaucoup de travail à accomplir au Pakistan : donner suite à l’engagement du gouvernement et veiller à ce que le budget soit dépensé judicieusement.

Mise en œuvre du code relatif aux substituts du lait maternel

La séance sur la mise en œuvre du code relatif aux substituts du lait maternel (SLM) m’a profondément marquée et il me reste beaucoup d’informations à assimiler. Les neuf pays concernés ont tous fait part de leurs difficultés d’une incapacité à garantir une stricte mise en œuvre du code Lait (cette dénomination employée aux Philippines me plaît) en dépit de dispositions législatives qui prévoient des sanctions pour les auteurs d’infractions dans la plupart des pays. Des exemples de personnes en position d’autorité qui ont des infractions flagrantes du code ont été mentionnés, qu’il s’agisse de l’acceptation de cadeaux la participation à des événements organisés par fabricant de SLM l’acceptation de services de consultants (ce qui est choquant) qui font la promotion de l’allaitement et qui sont nommés par des fabricants de SLM au ministère de la Santé. outes les ASC signale régulièrement les infractions au code aux autorités concernées, mais les réponses et les mesures laissent beaucoup à désirer. En 2016, le Myanmar a lancé une application mobile qui peut être utilisée pour signaler les infractions en temps réel. Les signalements peuvent ainsi être effectués toute l’année et partout dans le pays, mais les actions contre les auteurs d’infractions ne sont pas visibles. Dans le cadre d’une intervention visant à faire face à la chute rapide du taux d’allaitement exclusif, l’ASC du Cambodge a plaidé avec succès en faveur de la création d’un comité de supervision pour signaler les violations et a demandé aux autorités de prendre des mesures. C’est aux Philippines qu’une autre initiative de sensibilisation au code SLM a été menée par l’intermédiaire de campagnes d’information par Island Caravans pour atteindre les communautés et les informer des avantages de l’allaitement et leur faire comprendre que la promotion des SLM constitue un délit.

Il existe de nombreuses façons de transmettre le message et de mobiliser toutes les parties concernées, et tous les moyens doivent être employés pour remettre en question les fabricants de SLM. toutes les ASC de région peuvent collaborer en tant que force régionale. Il est clair que de nombreuses ASC sont incapables de reconnaître, de comprendre et de négocier la zone grise existant entre la collaboration avec une entreprise dans leur propre pays et la violation du principe relatif aux conflits d’intérêts. Il semble que les OSC doivent acquérir des capacités et les perfectionner pour faire face aux méthodes agressives et morales de commercialisation des SLM, en appuyant les gouvernements, les responsables politiques et les autres acteurs avec des de plaidoyer, assistance technique, production d’éléments de preuve et renforcement des capacités. Ils doivent être soutenus dans leur engagement par des acteurs à l’échelle mondiale avec des orientations pratiques claires sur les moyens de collaborer avec tous les acteurs (y compris avec le secteur privé) afin de préserver la santé des enfants et des communautés.

J’ai abordé ce sujet avec mes collègues régionaux qui interviennent en Afrique de l’Est et de l’Ouest et il apparaît clairement que ce ne touche pas seulement les pays asiatiques mais aussi les pays africains. Ce confirm un rapport récent du  qui entre autres qu’aucun pays ne respecte les normes minimales de soutien l’allaitement.

 


Ce billet a été publié à l’occasion de la 25e Semaine mondiale de l’allaitement dont le thème principal cette année est .


 

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