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Enseignements tirés lors du programme African Nutrition Leadership Programme – Par Kwanele Simelane

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Juliana Joy (left) and Kwanele Siyabonga Simelane during the 2017 African Nutrition Leadership Programme.

L’édition 2017 du programme African Nutrition Leadership Programme (Programme africain de leadership nutritionnel [ANLP]) a été une expérience marquante. Récemment, j’ai eu le privilège de me joindre à des intellectuels provenant de différents États d’Afrique qui occupaient des postes de direction dans le secteur de la nutrition. Cette année, l’ANLP s’est tenu dans la province sud-africaine du Nord-Ouest, au Elgo Lodge, du 7 au 17 mars 2017.

Depuis longtemps, je pensais que le leadership éclairé était principalement associé à un poste professionnel, à l’âge, aux compétences universitaires et au fait d’être élu à un poste. Cela dit, au cours du programme ANLP, j’ai réalisé qu’il est possible d’assumer un rôle de leadership où que l’on se trouve. Il est inutile d’attendre d’être nommé à un poste de cadre. En outre, le leadership appelle à se changer soi-même avant de pouvoir changer le monde. La citation remarquable de Jalaluddin Rumi « Hier, j’étais intelligent, alors je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage, alors je me change moi-même » a été largement utilisée pour expliquer ce concept. Un dirigeant doit être un agent du changement, c’est-à-dire incarner ce qu’il souhaite voir ; c’est là le meilleur leadership qui soit. Personnellement, j’ai trouvé que cette approche était profonde, car très souvent, il est facile d’attendre beaucoup des autres au niveau d’actions que l’on ne mène pas soi-même.

L’introspection est également une grande qualité chez un dirigeant. Il s’agit d’une introspection continue, en commençant par observer les actions que l’on doit poursuivre et celles qu’il faut arrêter. De plus, un dirigeant doit être en mesure de donner des retours aux membres de son équipe et d’en solliciter de leur part. Les retours doivent être spécifiques et faire ressortir ce qu’il faut changer. Ceci est essentiel pour instaurer la confiance et une compréhension mutuelle au sein de l’équipe. Il est intéressant de noter qu’il faut veiller à ne pas présenter un locus de contrôle externe trop élevé (se voir comme une victime des circonstances afin de justifier chacun de ses comportements inappropriés) lorsque l’on reçoit des retours. Si l’on parvient à équilibrer le locus de contrôle interne (prendre ses responsabilités) et le locus de contrôle externe, cela permet de se développer pour devenir un bon dirigeant.

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Hier, j’étais intelligent, alors je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage, alors je me change moi-même ».

Jalaluddin Rumi


En réfléchissant sur mon travail quotidien en tant que membre de la société civile, je ne peux pas m’empêcher de réaliser que j’aurais pu facilement surmonter d’autres difficultés antérieures sans pour autant perdre pied. J’ai appris qu’en réalité, j’avais partiellement exercé mes compétences de leadership. Actuellement, j’occupe un poste de directeur, où je supervise cinq agents. Chacun des agents travaille en collaboration étroite avec des parties prenantes, dont certaines sont des organisations d’appui technique et financier. J’ai appris que la communication est l’un des éléments à renforcer dans mes compétences de leadership ainsi que la culture consistant à assumer ses propres actes, sans présenter un locus de contrôle externe. Ceci est essentiel pour instaurer et maintenir une relation constructive et une bonne réputation, non seulement au sein de l’organisation, mais également en dehors. Par conséquent, je suis certain qu’il est possible d’atteindre des objectifs établis. On dit toujours que la plupart des gens savent parler, mais que peu sont capables de communiquer. Le leadership doit impérativement passer par de bonnes compétences de communication et de plaidoyer. La communication implique de s’assurer qu’un message à retenir est mis en avant. Le communicateur doit être en mesure de brosser un tableau en s’exprimant à un volume adéquat et à l’aide de la gestuelle et de l’inflexion appropriées. De telles compétences sont nécessaires lorsqu’on assume des responsabilités de plaidoyer. Par ailleurs, le plaidoyer requiert une capacité à identifier les principaux acteurs ou les champions influents à solliciter pour les amener à soutenir une cause donnée. Une telle démarche implique de fournir des informations claires aux champions sollicités afin que les défenseurs aient tous un message unique à diffuser et qu’ils partagent la même perception sur le sujet en question.

Encore une fois, j’adresse mes sincères remerciements à l’ANLP pour avoir offert une expérience si marquante et enrichissante, et je remercie tous les membres de cette formidable équipe (les participants et les animateurs) dont j’ai eu l’occasion de faire la connaissance au cours du programme. Grâce à chacun d’entre vous, avec vos personnalités diverses, ma vie s’est enrichie.

À propos de l’auteur : Kwanele Siyabonga Simelane est issu d’une famille de 12 enfants – quatre sœurs et sept frères, au Swaziland. Ses parents sont des agriculteurs à plein temps, et il a passé son enfance à travailler dans la ferme pour nourrir sa famille et contribuer au financement de l’éducation et des besoins essentiels de sa famille. Il a décroché une licence en Sciences environnementales avec une spécialisation dans l’hygiène et les technologies alimentaires à l’Université du Swaziland en 2009, puis il a travaillé pour la municipalité de Mbabane en tant qu’inspecteur de la santé publique. En 2013, M. Simelane a décroché une maîtrise en Sciences nutritionnelles à l’Université hébraïque de Jérusalem en Israël, avant de retourner travailler pour la municipalité, puis il a rejoint l’ONG Swaziland Infant Nutrition Action Network, dont il est aujourd’hui un directeur. Il suit actuellement une formation pour boursiers au Maroc portant sur les technologies des isotopes stables, financée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans le cadre de la préparation d’un projet visant à déterminer le niveau d’allaitement exclusif pratiqué au Swaziland – le sujet de la thèse qu’il s’apprête à rédiger.  

En savoir plus sur le 2017 African Nutrition Leadership Programme.

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