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Le coût économique de la sous-nutrition infantile aux Philippines

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

© UNICEF/UNI161663/Ferguson

Un rapport récent, intitulé Economic Consequences of Undernutrition in the Philippines (Conséquences économiques de la sous-nutrition aux Philippines) et rédigé conjointement par l’UNICEF, le ministère philippin de la Santé, le Conseil national de la nutrition et le Comité législatif des Philippines pour la population et le développement, révèle que le coût annuel de la prévalence de la sous-nutrition infantile dans le pays dépasse 4 milliards de dollars US.

Le rapport indique que, bien que les Philippines affichent un des taux de croissance économique parmi les plus élevés d’Asie du Sud-Est, « les indicateurs nationaux de la nutrition restent en retard par rapport à ceux de la plupart des pays de la région, entraînant une perte annuelle pour l’économie nationale de près de 4,5 milliards de dollars US ». Par ailleurs, le spécialiste de la nutrition pour l’UNICEF Joris van Hees affirme que la sous-nutrition est responsable chaque année du décès de 29 000 enfants philippins de moins de cinq ans. La directrice exécutive du Conseil national de la nutrition, Maria-Bernardita Flores, estime quant à elle qu’il faudrait consacrer 100 millions de dollars US par an à la prise de mesures essentielles, en particulier pour intervenir au cours des 1 000 premiers jours de vie. D’après le rapport, le ratio avantages-coûts montre que chaque dollar US investi dans la lutte contre la sous-nutrition pourrait en rapporter 12.

 


« Pourquoi est-ce si compliqué pour le Congrès et le Sénat d’annoncer que nous sommes prêts à investir 1 dollar US pour en recouvrer 12 ? Car c’est là le véritable taux de rentabilité de cet investissement. »

Lotta Sylwander, la représentante de l’UNICEF aux Philippines


 

Lors de la présentation du rapport, la représentante de l’UNICEF aux Philippines Lotta Sylwander s’est interrogée : « pourquoi a-t-on l’impression que la malnutrition aux Philippines est un problème occulté qui n’est pas traité correctement ? ». Elle a ensuite ajouté : « la nutrition n’est toujours pas une priorité [pour le gouvernement], mais il existe quand même plusieurs projets de lois concernant les 1 000 [premiers] jours de vie, dans lesquels la nutrition est abordée comme un enjeu essentiel. Il semble donc que cette question fasse l’objet d’un intérêt croissant ».

Elle a déclaré que les décideurs politiques devaient lire le rapport sur le coût de la sous-nutrition et « se sentir préoccupés… concernés par cette perte considérable d’argent, de capacité et de dynamique de progression du pays ». « Après tout, a-t-elle poursuivi, ils ont les moyens d’agir. »

La directrice exécutive du Conseil national de la nutrition, Maria-Bernardita Flores, pense également que le rapport constitue un « outil majeur » pour convaincre les décideurs d’accroître les affectations budgétaires en faveur de la nutrition. « Nous savons ce qu’il faut faire, nous savons comment intervenir, nous avons conçu les interventions et nous savons qu’elles peuvent être très efficaces, mais nous ne pouvons pas agir à grande échelle, nous ne parvenons pas à atteindre 90 % de la population affectée, et cela nous empêche de dépasser le taux de couverture habituel, » a-t-elle expliqué.

 


« L’adoption par la Chambre des représentants du [projet de loi] sur les 1 000 premiers jours de vie prouve que la nutrition est considérée comme prioritaire. Mais l’enjeu consiste désormais à s’assurer que la loi, une fois promulguée, sera dotée d’un budget suffisant

Jocelyn Limkaichong, Représentant du 1er district de Negros Oriental


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