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Le retard de croissance dans les crises humanitaires prolongées

  |   Implication de plusieurs parties prenantes, SUN dans la pratique

Le niveau d’attention porté actuellement à la croissance linéaire inférieure aux normes internationales (retard de croissance) dans les contextes humanitaire et d’urgence prolongée est largement insuffisant étant donné la prévalence du retard de croissance et le très lourd fardeau qu’il génère dans ces contextes. Une bonne partie des priorités politiques, de la recherche et des mesures programmatiques sont orientées directement sur le traitement de l’émaciation dans le but de prévenir la surmortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Or la prévalence du retard de croissance (qu’il soit modéré ou sévère) peut se révéler extrêmement élevée dans certaines situations problématiques prolongées – comme en Syrie, au Yémen, au Niger et au Mali – et une proportion non négligeable du fardeau mondial en matière de retard de croissance pèse sur les États fragiles et affectés par des conflits. En outre, le retard de croissance sévère est associé à un risque de mortalité plus élevé que l’émaciation modérée, même si nos connaissances sur les causes de ce risque sont limitées. On constate également que les personnes qui souffrent à la fois de retard de croissance et d’émaciation sont exposées à un risque encore plus élevé de mortalité. Il est probable que si rien n’est fait pour mieux identifier les facteurs ou les causes sous-jacentes du retard de croissance, le fardeau en matière de retard de croissance ne cessera de s’alourdir dans les États fragiles et affectés par des conflits et dans tous les contextes de crises.

Cette analyse cherche à s’appuyer sur une réflexion commune pour combler certaines lacunes dans la connaissance du phénomène de retard de croissance dans les crises humanitaires et prolongées et pour s’interroger sur la pertinence d’établir un nouvel objectif : réduire le retard de croissance (ou du moins stopper sa progression) doit être considéré comme un objectif humanitaire légitime, de la même manière que la prévention et le traitement de l’émaciation constituent un objectif légitime de développement.

Ce document de travail révèle les nombreuses difficultés qui entravent la bonne compréhension des besoins liés au retard de croissance, et par suite, l’élaboration d’une réponse efficace en matière de nutrition pour lutter contre le retard de croissance dans les États fragiles et affectés par des conflits. Parmi ces difficultés figurent notamment :

  • le fardeau élevé (et dans certains cas, croissant) du retard de croissance
  • l’absence de rapports réguliers sur la prévalence du retard de croissance sévère
  • le manque de données d’évaluation ou de suivi claires sur le retard de croissance et la difficulté d’accès aux populations vulnérables
  • le manque d’éléments tangibles concernant les différentes stratégies de prévention du retard de croissance qui peuvent être mises en œuvre dans le cadre de programmes multisectoriels grâce à des financements à court terme dans les États fragiles et affectés par des conflits
  • le manque d’attention porté aux besoins en matière de nutrition maternelle, en dépit du fait que l’importance cruciale de la période prénatale pour le retard de croissance chez le nourrisson soit parfaitement reconnue
  • le manque d’éléments tangibles concernant l’efficacité des interventions multisectorielles, en particulier dans les contextes de crise humanitaire, portant notamment sur les meilleures façons « d’étirer » les financements limités pour intégrer des interventions de lutte contre le retard de croissance en plus des actions menées pour prévenir et traiter l’émaciation
  • l’insuffisance des connaissances permettant de protéger les acquis et progrès réalisés dans la réduction du retard de croissance avant chaque crise, dans les situations de crises intermittentes ou récurrentes qui minent la résilience des populations affectées.

Bien que cette analyse ait soulevé davantage de questions qu’elle n’a apporté de réponses, de nombreuses pistes de travail sont présentées ci-dessous en vue d’alimenter une série de discussions entre différents experts au cours d’un webinaire qui sera proposé par le réseau ENN au début de l’année 2018. Ces échanges seront suivis d’une table-ronde également organisée par le réseau ENN au début de l’année 2018. Vous trouverez de plus amples informations quant à ces pistes de travail dans le document complet.

Télécharger le document de travail : English 

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