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Prof. Geeta Bhakta Joshi: « Une bonne nutrition pendant les 1000 premiers jours de vie représente le meilleur investissement possible pour toute la vie d’un être humain »

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Blog rédigé par l’Honorable Prof. Dr. Geeta Bhakta Joshi*
Ambassadeur de la nutrition 2017 du Mouvement SUN


Qu’est-ce qui a fait naître l’envie chez vous de devenir Ambassadeur de la nutrition et où trouvez-vous votre motivation ?

Bien que le Népal ait considérablement progressé dans la réduction de la prévalence du retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans – 35,8 % en 2016, contre 57 % en 2001 – les chiffres restent élevés par rapport aux autres pays.

L’accès des femmes et des enfants à une nutrition de qualité est une condition indispensable pour réduire la mortalité infantile et la morbidité, et pour améliorer la santé, l’éducation et d’autres aspects du développement social. Il s’agit tout simplement d’un préalable au développement du capital humain. Une bonne nutrition pendant les 1 000 premiers jours de vie représente le meilleur investissement possible pour toute la vie d’un être humain.

Le Népal espère quitter la catégorie des pays les moins avancés d’ici à 2022 et l’amélioration de la nutrition est une des exigences. Pour récolter les fruits de la transition démographique au cours des 30 prochaines années, le Népal doit investir dans le développement du capital humain et dans la lutte contre la malnutrition, en particulier chez les enfants de moins de 5 ans et les adolescents.

Le gouvernement népalais a pris l’engagement d’améliorer la nutrition dans plusieurs politiques et plans nationaux, ainsi qu’au sein de diverses plateformes internationales. Ainsi, la nutrition est demeurée une priorité pour moi, jusqu’à m’inciter à devenir un de ses ambassadeurs.

Pouvez-vous nous dire quel a été le plus grand défi que vous avez rencontré, et la plus belle réussite de votre carrière?

Le Plan de nutrition multisectoriel (2013-2017) a été étendu et les dépenses annuelles pour la nutrition ont plus que triplé entre 2013-2014 et 2016-2017, passant de 49,7 millions de dollars US à 166,54 millions de dollars US. Dans le prolongement de son Plan de nutrition multisectoriel (2013-2017), le Népal vient de lancer une deuxième phase pour la période 2018-2022. Ce nouveau plan fait suite à un ensemble d’ateliers et de processus collaboratifs et stratégiques, éclairés, fondés sur des éléments tangibles et axés sur les résultats, qui ont conduit à l’élaboration d’un cadre de résultats pour les secteurs concernés. Ce plan a été approuvé par le conseil des ministres. Le lancement a marqué une étape importante et a bénéficié d’un excellent taux de participation et d’engagement de l’ensemble des ministres, des principaux bailleurs et des partenaires au développement. Par cette approbation, le gouvernement du Népal signifie sa grande détermination à améliorer l’état nutritionnel des femmes et des enfants par le biais d’une approche multisectorielle.

Les principales difficultés ont porté sur le maintien d’une coordination efficace entre le gouvernement et les secteurs non gouvernementaux, ainsi qu’au sein de chaque entité.

Comment envisagez-vous de continuer à attirer l’attention sur la nutrition dans votre pays en 2018?

À mesure que le Népal avance vers la décentralisation et une restructuration fédérale, une de ses priorités consiste à institutionnaliser et consolider tous les progrès réalisés jusqu’à présent. Le Plan de nutrition multisectoriel II doit être déployé à travers tout le pays pour atteindre les cibles 2025 de l’Assemblée mondiale de la Santé et les Objectifs de développement durable 2030, de manière à ce que la malnutrition cesse d’être un problème de santé publique au Népal. Avec le temps, nous avons réalisé qu’il manquait un code budgétaire pour la nutrition au Népal. Une de nos priorités pour l’année à venir consiste donc à élaborer un code budgétaire distinct pour la nutrition. Une autre de nos priorités est de considérer la nutrition en tant que secteur à part entière et de procéder à un examen annuel conjoint du secteur de la nutrition.

Au niveau régional, nous devons intensifier l’échange de connaissances et la collaboration en matière de nutrition par le biais de la coopération Sud-Sud et régionale en Asie du Sud.

Quelles améliorations aimeriez-vous voir se produire en matière de nutrition, tant au Népal qu’à l’échelle mondiale ?

  • Nous avons besoin d’une instance nationale au-dessus des ministères sectoriels pour assurer la planification, la coordination et le suivi des actions.
  • Le gouvernement, les bailleurs de fonds et les partenaires au développement doivent augmenter leurs investissements dans la nutrition et contrôler régulièrement le financement de la nutrition.
  • Les plans nationaux de qualité doivent se traduire en solutions améliorées et nous devons être attentifs à la mise en œuvre efficace des mesures spécifiques pour la nutrition comme de celles qui y contribuent.
  • Il faut poursuivre les efforts concernant les 1 000 premiers jours de vie, sans négliger l’approche du cycle de vie.
  • Les capacités nutritionnelles des individus comme des institutions doivent être renforcées.

 


* Hon. Prof. Dr. Geeta Bhakta Joshi (Népal) est membre de la Commission nationale de planification au Népal. Le professeur Joshi a dirigé le processus d’intégration de la nutrition, en tant que priorité, dans le 14ème plan national périodique du Népal (2016-2018), et a dirigé la formulation du Plan multisectoriel de nutrition II (MSNP 2018-2022).

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