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Sommet mondial sur la nutrition 2017 Milan

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Mme Gerda Verburg, Coordinatrice du Mouvement SUN, avec l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi AnnanLe 4 novembre 2017, la ville italienne de Milan a accueilli, en marge des réunions du G7, le Sommet mondial sur la nutrition, un évènement de haut niveau sur la nutrition et l’alimentation pour un avenir plus sain. Plus de 250 parties prenantes y compris des gouvernements, des villes, des agences internationales, des fondations, des organisations de la société civile et des entreprises, se sont réunies dans le but d’accélérer la réponse mondiale visant à éradiquer la malnutrition. S’inscrivant dans la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition (2016-2025), le Sommet est revenu sur un ensemble de mesures et d’évènements passés, faisant le point sur les engagements pris en faveur de la nutrition à ce jour et célébrant les progrès réalisés vers la réalisation des objectifs mondiaux en matière de nutrition. Dans la continuité de ses réalisations, des engagements supplémentaires visant à accélérer la réponse mondiale pour éradiquer la malnutrition sous toutes ses formes y ont également été annoncés.

« La crise alimentaire mondiale menace le bien-être physique et mental des générations actuelles et futures, » a souligné, M. Kofi Annan, dans son intervention lors du Sommet en tant que président de la Fondation Kofi Annan. « Avec des engagements ciblés, comme ceux qui ont été pris aujourd’hui, nous pouvons faire avancer la lutte contre la sous-alimentation et l’obésité. Il nous faut de toute urgence des investissements supplémentaires pour permettre aux individus, aux communautés et aux nations d’atteindre leur plein potentiel. »

« Lorsque la priorité est donnée à la nutrition, les pays peuvent tirer parti de leur plein potentiel, » a précisé Mme Melinda Gates, coprésidente de la Fondation Bill & Melinda Gates. « Aujourd’hui, ce Sommet s’est assuré de bien faire comprendre cet enjeu au monde entier. Les engagements qui ont été pris nous rapprochent un peu plus d’un avenir où chaque enfant non seulement survivra, mais s’épanouira. »

3,4 milliards de dollars US engagés dans la lutte contre la crise alimentaire mondiale

Le Sommet s’est inspiré du premier grand évènement d’engagement mondial pour la nutrition qui s’est déroulé à Londres en 2013, lors duquel des engagements ont été pris pour étendre les mesures nutritionnelles au 1 000 premiers jours de vie, de la grossesse de la femme au deuxième anniversaire de l’enfant. Des ONG internationales ainsi que la Banque mondiale ont élargi et accru les engagements de 2013 avec la promesse d’investir respectivement 1,1 milliard de dollars US et 1,7 milliard de dollars US dans la nutrition d’ici à 2020. Cette année, lors du Sommet de Milan, des engagements à hauteur de 3,4 milliards de dollars US ont été pris pour soutenir les initiatives en matière de nutrition, dont de nouveaux engagements s’élevant à 640 millions de dollars US.

Les nouveaux engagements annoncés lors du sommet de Milan incluent : 

  • 100 millions de dollars US d’ici à 2030 de la Fondation Eleanor Crook, une œuvre philanthropique familiale basée aux États-Unis ; 
  • Jusqu’à 100 millions de francs suisses (100 millions de dollars US) sur cinq ans de la part de The Family Larsson-Rosenquist Foundation, une organisation suisse se donnant pour mission de promouvoir l’allaitement maternel ; 
  • 100 millions de dollars US sur cinq ans de la part de la fondation Aliko Dangote, l’organisation philanthropique de M. Aliko Dangote, fondateur et président exécutif du groupe nigérian Dangote, le plus grand conglomérat africain, pour réduire la prévalence de la sous-alimentation de 60 % dans des zones ciblées du Nigéria ; 
  • 50 millions de dollars US sur cinq ans de la part de Tata Trusts, une œuvre philanthropique indienne dédiée à la santé publique, pour cibler plus de 10 millions d’enfants de moins de 5 ans et 300 000 mères enceintes et allaitantes ; 
  • 33 millions de dollars US en 2017 de King Philanthropies, une œuvre philanthropique familiale basée aux États-Unis ; 
  • 150 millions de dollars US sur cinq ans de la part de The Power of Nutrition, un fonds s’attachant à remédier à la sous-alimentation chez les enfants ; 
  • La foundation Chaudhary, située au Népal, s’est engagée à atteindre 1 million de personnes vulnérables sur les 5 prochaines années par l’intermédiaire de mesures nutritionnelles et sanitaires.

 


« Il existe un nombre grandissant d’œuvres philanthropiques privées qui, lorsqu’ellesse lancent, n’ont aucun lien particulier avec la nutrition, mais qui, en examinant les causes qui ne bénéficient pas d’un soutien suffisant, ont identifié la nutrition comme un domaine dans lequel elles souhaitent investir. »

M. Shawn Baker, directeur de la nutrition pour la Fondation Bill & Melinda Gates et président du Comité exécutif du Mouvement SUN


 

Par ailleurs, plusieurs gouvernements dont celui de El Salvador, de Madagascar, et de la Côte d’Ivoire, se sont engagés à toucher un plus grand nombre de citoyens à travers leurs programmes nutritionnels. « Au cours des dernières années, je n’ai jamais vu autant de ministres des Finances et de chefs d’État s’engager en faveur de la nutrition et s’en préoccuper, » a souligné, M. Shawn Baker, directeur de la nutrition pour la Fondation Bill & Melinda Gates et président du Comité exécutif du Mouvement SUN. « Ces dirigeants aspirent à voir leur économie émerger mais ils se disent :  » Si la moitié de la population active de mon pays souffre d’un retard de croissance pendant l’enfance, l’idée d’avoir une économie émergente à l’avenir devient difficile à imaginer « . »

 

Le Sommet mondial sur la nutrition constitue le premier forum mondial de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition (2016-2025), coorganisé par l’Organisation mondiale de la Santé et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. « C’est exaltant de voir plus de pays s’engager à investir dans une meilleure nutrition, » a déclaré Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. « Il s’agit là d’une des étapes les plus élémentaires vers l’amélioration de la santé et la promotion du développement. Je suis impatient de voir davantage de pays engager des fonds dans le cadre de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition. »

Édition 2017 du Rapport sur la nutrition mondiale

Le Sommet a servi de plateforme au lancement de l’édition 2017 du Rapport sur la nutrition mondiale (GNR2017). Ce rapport annuel, produit de manière indépendante, dresse le bilan des progrès réalisés par les pays pour atteindre les Objectifs de développement durable en matière de nutrition, les cibles de l’Assemblée mondiale de la Santé pour améliorer la nutrition de la mère, du nourrisson et du jeune enfant et celles relatives aux maladies non transmissibles liées à l’alimentation, tout en évaluant la mise en œuvre des engagements pris par les donateurs et les pays.

Le Rapport sur la nutrition mondiale (GNR2017), rapporte que, malgré les progrès réalisés, 155 millions d’enfants dans le monde présentent encore un retard de croissance – ils sont trop petits pour leur âge souvent en raison d’une carence en nutriments, ce qui a un effet négatif sur leur développement physique et cognitif. De même, les progrès à l’échelle mondiale sont actuellement insuffisants pour atteindre les cibles fixées au niveau international en matière de nutrition. Les fonds versés pour remédier à la malnutrition sont insuffisants, et ce, de manière alarmante. Les donateurs ont investis moins de 1 % de l’aide internationale dans la nutrition et les pays lui allouent entre 1 et 2 % de leur budget réservé à la santé.

Le Rapport sur la nutrition mondiale 2017 exige de placer la nutrition au cœur des mesures visant à éradiquer la pauvreté, à lutter contre les maladies, à améliorer les normes en matière d’éducation et à s’attaquer aux changements climatiques. « Nous savons qu’un enfant bien nourri accroît d’un tiers ses chances d’échapper à la pauvreté, » a déclaré Mme Jessica Fanzo, professeure émérite Bloomberg dans le domaine de l’éthique et des politiques internationales en matière d’alimentation et d’agriculture à l’université Johns Hopkins/Bloomberg School of Health, et co-présidente du Rapport sur la nutrition mondiale. « Ils apprendront mieux à l’école, seront en meilleure santé et, à l’âge adulte, contribueront de manière productive à l’économie. Une bonne nutrition fournit l’intelligence nécessaire, « l’infrastructure de la matière grise » pour construire les économies de demain. »

Télécharger le Rapport sur la nutrition mondiale (GNR2017): Français

Informations connexes

Communiqué des ministres de la Santé du G7 de Milan (en anglais)

L’avenir que nous voulons : transformer nos systèmes alimentaires pour une meilleure nutrition, Kofi Annan (en anglais)

La malnutrition est un outrage, Shawn Baker (en anglais)

3,4 milliards de dollars US pour aider à remédier à la faim et atteindre les ODD, est-ce suffisant ?, Joanna Francis (en anglais)

Sommet sur la nutrition mondiale, OMS

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