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Au Viet Nam, la sous-nutrition frappe les enfants des minorités ethniques de manière disproportionnée

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La sous-nutrition touche de manière importante les enfants des minorités ethniques au Viet Nam, où le taux de retard de croissance figure parmi les plus élevés au monde, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par la Banque mondiale et l’Institut national de la nutrition du Viet Nam.

D’après les résultats de ce rapport intitulé « Malnutrition persistante des communautés des minorités ethniques au Viet Nam : Problèmes et solutions ou politiques et interventions», 1 enfant sur 3 appartenant à une minorité ethnique au Viet Nam souffre de retard de croissance, et 1 enfant sur 5 présente une insuffisance pondérale. Pour y remédier, ce rapport plaide en faveur de l’adoption d’une approche innovante sur mesure qui tienne compte des difficultés géographiques et culturelles propres à ce groupe de la population.

« En dépit des progrès impressionnants qui ont été accomplis par le Viet Nam dans la réduction du taux global de sous-nutrition ces vingt dernières années, les enfants des minorités ethniques accusent encore un retard et l’écart se creuse » déclare Ousmane Dione, directeur du bureau de la Banque mondiale au Viet Nam. « La phase suivante de mesures de lutte contre la sous-nutrition devrait être plus ciblée, en concentrant les efforts sur les provinces les plus durement frappées, pour que des progrès importants soient réalisés. »

En raison de la durée limitée de la période décisive de nutrition adéquate pour garantir un niveau optimal de santé et de développement physique et cognitif, qui s’étend pendant les 1 000 premiers jours de vie, les formes de sous-nutrition qui frappent les enfants pendant cette période peuvent occasionner des préjudices importants et largement irréversibles sur la croissance physique et le développement cérébral. Il est souligné dans ce rapport que les interventions visant à améliorer les résultats en matière de nutrition doivent cibler en priorité les enfants dans cette tranche d’âge et les femmes en âge de procréer.

Le rapport fait remarquer que seuls 39 % des enfants âgés de 6 à 23 mois appartenant à ces minorités ethniques ont bénéficié d’un régime nutritionnel adéquat. Parallèlement, seules 32,7 % des mères âgées de 15 à 49 ans ont assisté à une visite de soins prénataux au cours de laquelle elles bénéficient de conseils nutritionnels et d’un apport en vitamines et en minéraux essentiels.

Le rapport met l’accent sur le rôle important des normes culturelles. Les mariages et les grossesses précoces chez les adolescentes sont toujours répandus parmi les minorités ethniques où 23,9 % des femmes deviennent mères entre 15 et 19 ans. Il est tout aussi important de souligner le fait que de nombreux membres de ces communautés sont réticents à bénéficier de soins de santé préventifs et curatifs.

Finalement, la sous-nutrition infantile est fortement liée à la pauvreté. En 2016, les personnes appartenant à une minorité ethnique au Viet Nam représentaient 14 % de la population du pays, mais 73 % des personnes frappées par la pauvreté.

Le rapport recommande au Viet Nam de prendre les principales mesures suivantes pour améliorer la situation nutritionnelle des enfants des minorités ethniques :

Nouer un partenariat solide avec le pouvoir public central en renforçant la coordination dans le domaine de la nutrition et en veillant à une coordination efficace avec les parties prenantes.

Financer de manière adéquate la nutrition . en allouant des montants adéquats aux programmes dont l’efficacité est démontrée par les données probantes les plus nombreuses. Les provinces les plus durement frappées par la malnutrition devraient bénéficier de programmes de financement direct ou rapide.

Mettre en œuvre des interventions directes et éprouvées à grande échelle dans le domaine de la nutrition. Établir une panoplie complète d’interventions efficaces à l’échelle des ménages et les intensifier au cours des 1 000 premiers jours de la vie, de la grossesse à la période en bas âge, en les associant à des actions de communication et de changement de comportement prenant en compte les facteurs culturels.

Adopter des approches multisectorielles pour traiter les facteurs déterminants sous-jacents de la sous-nutrition. Reconnaître officiellement la priorité à la lutte contre la sous-nutrition dans le programme cible national. Élargir l’accès à une panoplie de services de santé pour les enfants, les adolescents et les mères. Renforcer l’accès des populations des minorités ethniques à une eau, à des installations d’assainissement et à des services d’hygiène de meilleure qualité. Encourager et inciter les filles à suivre une scolarité complète dans un établissement d’enseignement secondaire supérieur. Élargir le programme d’aide financière pour cibler les familles des minorités ethniques les plus démunies et soutenir directement les femmes enceintes, les nourrissons et les jeunes enfants pendant la période des 1 000 premiers jours.

Informations complémentaires

• Malnutrition persistante des communautés des minorités ethniques au Viet Nam – Rapport (Anglais)

• Malnutrition persistante des communautés des minorités ethniques au Viet Nam – Communiqué de presse de la Banque mondiale

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