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Burkina Faso : le Réseau des Nations Unies a réalisé une cartographie des interventions et des intervenants en nutrition

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN

Le Réseau des Nations Unies pour la nutrition et son organe d’assistance technique multisectorielle intensive, REACH (Partenariat visant à éliminer la faim et la dénutrition chez les enfants), ont travaillé en étroite collaboration avec le gouvernement du Burkina Faso et l’équipe de pays des Nations Unies en vue de réaliser une cartographie des interventions et des intervenants en nutrition. Cet exercice de cartographie a permis non seulement de renforcer l’engagement multi-acteurs, mais il a également éclairé les processus de planification multisectorielle de la nutrition, y compris l’établissement des priorités dans le pays. Il a aussi contribué à renforcer les efforts visant à intégrer la nutrition dans le Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement et à remédier à la fragilité à plus long terme. Les rapports complets sur les exercices de cartographie au Burkina Faso sont disponibles sur le site Internet du Réseau des Nations Unies et les efforts destinés à documenter l’expérience du Burkina Faso ne se sont pas arrêtés là.

Une analyse plus poussée a été effectuée et publiée dans un article paru dans le Food and Nutrition Bulletin. Le fait que cet article ait été coécrit par le chef de la section Nutrition du ministère de la Santé et ancien point focal SUN du gouvernement, des facilitateurs nationaux REACH et des membres du personnel du secrétariat du Réseau des Nations unies témoigne de l’appropriation conjointe et de l’utilité de l’exercice. L’article décrit la manière dont l’outil de cartographie, basé sur Excel et développé par REACH en partenariat avec le Boston Consulting Group, a été utilisé pour collecter, stocker et analyser les données relatives aux 29 actions nutritionnelles de base, qu’elles soient spécifiques à la nutrition ou qu’elles y contribuent.

Pour chaque intervention, l’exercice s’est penché sur diverses dimensions, allant de l’engagement des intervenants à l’utilisation des mécanismes de mise en œuvre pour accéder aux bénéficiaires. Ces efforts ont permis d’effectuer une analyse contextuelle fondée sur des éléments de preuve et de cerner ainsi les lacunes et les possibilités d’accroître les synergies. Dans l’ensemble, les résultats ont montré que si la plupart des interventions nutritionnelles prioritaires sont mises en œuvre dans toutes les régions du pays, seule une petite proportion atteint les groupes cibles. Surpris ? L’article a également permis de relever des tendances orientées vers l’action. Par exemple, la couverture géographique est élevée pour la majorité des interventions spécifiques à la nutrition, alors que la couverture des groupes cibles est variable, quoique généralement supérieure à 50 %. Pour les interventions sectorielles contribuant à la nutrition, la couverture géographique et la couverture des groupes cibles ont tendance à être plus faibles.

La compréhension du paysage des intervenants et de la couverture de ces interventions s’est avérée essentielle pour discerner les actions à mettre en place à l’avenir afin de mieux servir les populations qui en ont le plus besoin. Certaines des régions présentant les niveaux les plus élevés de retard de croissance (Sud-Ouest, Cascades, Centre-Est, Nord et Est) ont signalé une faible couverture des groupes cibles par les interventions cartographiées, ce qui laisse à penser que le retard de croissance diminuerait probablement si les populations recevaient davantage de soutien alimentaire. L’exercice de cartographie a soulevé des questions stratégiques comme celle de savoir si la faible couverture est due à des contraintes financières ou à d’autres facteurs. Ces résultats sont arrivés à point nommé, car l’exercice coïncidait avec le début des processus de planification de la nutrition, au cours desquels des stratégies ont été envisagées pour renforcer les interventions afin de mieux répondre à la situation nutritionnelle.

L’expérience du Burkina Faso a permis de documenter les principaux enseignements tirés et, partant, de perfectionner les activités de cartographie du Réseau des Nations Unies. Le gouvernement du Burkina Faso a trouvé ces résultats tellement convaincants qu’il a intégré la cartographie dans son cadre de suivi et d’évaluation de la nutrition et a demandé que cet exercice soit réalisé tous les deux ans. Par la même occasion, l’exercice de cartographie devient un outil essentiel pour suivre les progrès réalisés au fil du temps et accroître la redevabilité des gouvernements et des partenaires envers l’atteinte des objectifs nutritionnels.

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