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Convergence pour la nutrition

  |   La contribution de l’agriculture et de la protection sociale à l’amélioration de la nutrition, SUN dans la pratique

La convergence c’est comme la coordination multisectorielle: ce n’est pas facile. Il faut savoir qui mène le processus de coordination, quand, comment et quelles en sont les actions ? Il n’existe pas d’approche standard.

Chandavone Phoxay M.D., M.Sc., Ph.D., Directeur général adjoint au Département de la promotion de l’hygiène et de la santé au Ministère de la Santé et Point focal SUN du Gouvernement avec la contribution du Dr Bounfeng Phommalaysith, Directeur général adjoint de cabinet au ministère de la Santé, Stefania Dina, coordonnatrice pays du FIDA et de l’équipe du FIDA en République démocratique populaire Lao

Le Laos a connu une croissance économique impressionnante au cours des deux dernières années et le taux de pauvreté a chuté de près de 10 % au cours de la dernière décennie. Le Gouvernement du Laos entreprend aujourd’hui de s’attaquer aux niveaux élevés d’insécurité alimentaire et de malnutrition dans le pays dans le but de réduire le retard de croissance à 3,9 points de pourcentage au minimum par an, et aussi pour tenir ses engagements à l’égard des cibles connexes de l’OMD 1.

Un engagement politique fort

L’engagement politique en République démocratique populaire Lao est fort au plus haut niveau au sein du Gouvernement et du Parlement, avec une volonté de mettre fin à la malnutrition qui se reflète dans les nombreuses mesures qui ont été prises. Ces mesures comprennent:

  • la mise en œuvre de la Politique nationale de nutrition (PNN)
  • la Stratégie et le plan d’action national de nutrition (NNSAP) 2010 – 2015
  • la hiérarchisation des interventions du plan multisectoriel sur la nutrition en 2013
  • l’augmentation du budget alloué à l’ensemble du secteur de la santé (y compris pour les interventions spécifiques à la nutrition et les interventions contribuant à la nutrition) à 9% des dépenses totales du Gouvernement depuis 2012
  • La réduction de la malnutrition est une priorité majeure dans le huitième Plan national de développement économique et social du pays
  • et le Gouvernement du Laos a déployé des efforts non négligeables pour la mise en place d’un comité multisectoriel sur la nutrition – Comité national de la nutrition (NNC) – et de son secrétariat en juillet 2013. Le Comité vise à assurer la continuité de l’augmentation des investissements en matière de nutrition, en mettant ainsi en place tous les mécanismes institutionnels et les modalités nécessaires pour résoudre les problèmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

 

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Plaidoyer auprès du Gouvernement en faveur de l’engagement multisectoriel

Le secteur de la santé a mené un plaidoyer fort auprès du Gouvernement du Laos et des ministères concernés par la nutrition, démontrant ainsi que la nutrition est une question multisectorielle qui nécessite une solution multisectorielle. Un secteur ou une seule organisation ne peuvent pas résoudre ce problème. En conséquence, le Gouvernement a reconnu l’importance d’une forte implication aux niveaux national, régional et local ainsi que de l’engagement de plusieurs secteurs, au-delà du secteur de la santé, dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays. Par ailleurs, il est important de souligner qu’à tous les niveaux, les autres disciplines peuvent contribuer à l’intensification des interventions spécifiques à la nutrition et des interventions contribuant à la nutrition par une collaboration étroite avec les secteurs concernés et par le déploiement des efforts durables. Pour marquer son engagement au niveau international, la RDP Lao a officiellement rejoint le Mouvement pour le renforcement de la nutrition (SUN) en avril 2011, avec le ministère de la Santé (MS) désigné comme Point focal SUN du Gouvernement.

Mécanisme de coordination interministérielle

Le Secrétariat du Comité national de la nutrition (NNC) est présidé par le vice-ministre de la Santé et co-présidé par les vice-ministres de l’Agriculture et des Forêts, de l’Éducation et des Sports et, de la Planification et de l’Investissement. Le NNC comprend les ministères suivants: la Santé, l’Agriculture et Forêts, l’Éducation, la Planification (Investissement), le Commerce, les Finances, la Commission nationale d’éradication de la pauvreté et du développement rural, la Commission nationale pour la mère et l’enfant, les organisations de masse ainsi que d’autres ministères concernés.

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Le Secrétariat du NNC est présidé par le vice-ministre de la Santé et co-présidé par les vice-ministres de l’Agriculture et des Forêts et, de la Planification et de l’Investissement. Le Secrétariat est techniquement soutenu et coordonné par une équipe de base qui comprend 5 ministères clés, notamment celui de la Santé, de l’Agriculture et Forêts, de l’Éducation, de la Planification et l’Investissement et de l’Éradication de la pauvreté et du Développement rural. En tant que Point focal, le Ministère de la Santé agit en tant que centre de coordination entre les différents secteurs et partenaires au développement sur la nutrition. Cinq groupes de travail techniques (GTT) sont en place et agissent comme une équipe de base, y compris les groupes de travail techniques sur la sécurité alimentaire, (dans le secteur agricole), la nutrition (dans le secteur de la santé), l’éducation (dans le secteur de l’éducation), le Secrétariat de la Table ronde (dans le secteur de la planification et de l’investissement) et le Secrétariat de la Commission pour l’éradication de la pauvreté et le développement rural.

Les membres de l’équipe de base jouent un rôle d’articulation auprès des secteurs respectifs pour le suivi des recommandations du NNC et du secrétariat.

BCC

  • Au niveau central:a. Alignement de la mise en œuvre des interventions de différents secteurs avec le plan multisectoriel.
    b. Mobilisation des ressources internes et externes.
    c. Surveillance étroite de la mise en œuvre.
    d. Présentation des rapports au secteur respectif et au secrétariat du NNC.
  • Les niveaux provincialet régional mettront en œuvre les 22 interventions du plan multisectoriel, mèneront la micro planification, examineront et renforceront les interventions existantes, définiront les lacunes et présenteront un rapport à chacun des sectteurs, au secrétariat provincial et au niveau central.

Les récentes initiatives de l’équipe de base en étroite collaboration avec le Groupe de travail technique et le groupe sectoriel sur la Nutrition (GTT-FSC) sont l’élaboration d’un cadre commun de résultats et la conception d’un mécanisme efficace de gestion de l’information, le suivi et l’évaluation et la communication des progrès réalisés au titre du plan multisectoriel.

Décentraliser le processus

En plus de la création du NNC, le Ministère de l’Agriculture et des Forêts (MAF) et le Ministère de la Santé ont lancé la décentralisation du processus de coordination avec l’appui des groupes de travail des secteurs de l’agriculture et de la santé. La création d’un secrétariat pour le Comité provincial de la nutrition dans les provinces cibles, répliquant la structure au niveau national, vise à décentraliser la coordination multisectorielle de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. La coordination multisectorielle continue d’être décentralisée à l’échelon des provinces et des régions. L’organe multisectoriel est une plate-forme de coordination au sein des filières du gouvernement et le Forum international pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Les mécanismes multisectoriels comprennent le NNC et les comités provinciaux dotés de fortes structures de coordination et de consultation avec les partenaires au développement.

Actions collectives

Le Laos a reconnu que l’OMD 1 était hors d’atteinte dans le pays et que les efforts déconcertés n’ont pu aboutir qu’à une faible réduction de la malnutrition de 1 % par an. Fort des expériences internationales acquises et des approches fondées sur les données probantes en provenance du Bangladesh, du Brésil et du Pérou qui ont réduit la malnutrition de 3 à 4% par an, en 2013, le NNC avait établi un Plan d’action multisectoriel de sécurité alimentaire et nutritionnelle 2014 – 2020 grâce à une approche de « convergence ». Le plan d’action est révisé et développé par plusieurs secteurs puis mis en œuvre par chaque secteur. Les représentants de chaque secteur, qui siègent au NNC, jouent un rôle d’articulation pour leurs secteurs respectifs et garantissent que le plan d’action est pris en compte, budgétisé, exécuté et suivi dans chaque plan de secteur.

Grâce à l’assistance technique des partenaires au développement et du Secrétariat, les interventions spécifiques et les interventions contribuant à la nutrition sont mises en œuvre et appliquées de manière répétitive sur un même groupe d’enfants souffrant de malnutrition dans les régions géographiques ciblées du pays avec des taux élevés de malnutrition et d’insécurité alimentaire. Une mise en œuvre réussie de ce modèle de « convergence » pourrait réduire la sous-nutrition et la proportion de personnes qui souffrent d’insuffisance pondérale due à la faim de 22% d’ici 2015 et réduire la prévalence du retard de croissance à 34 d’ici 2018.

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Ce plan d’action met l’accent sur l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle chez les enfants, les femmes en âge de procréer, les adolescentes et les élèves avec une focalisation sur les zones géographiques pauvres et l’application de l’approche convergente dans ces zones. Il existe 22 interventions, dont 14 liées à la santé, 4 liées à l’agriculture et 4 liées à l’éducation. Le Gouvernement de la République démocratique populaire Lao a accru ses efforts et continue de travailler avec les partenaires au développement pour mettre en œuvre la nouvelle approche multisectorielle convergente. Il travaille en outre sur l’intégration de la santé maternelle, infantile et néonatale, le modèle de villages sains et l’éradication de la pauvreté pour créer une synergie entre les programmes de promotion de la nutrition.

Des solutions locales

Le secteur de l’agriculture se focalise sur les systèmes alimentaires durables qui favorisent une alimentation saine en renforçant la production et la transformation locale des aliments par des petits exploitants et les familles. Plus spécifiquement, le secteur de l’agriculture se concentre sur:

  1. La production et la promotion d’une production agricole diversifiée (y compris les jardins familiaux, les pots de fleurs, la production de haricots, etc.) et l’éducation pour la prise en compte de la nutrition dans l’agriculture.
  2. La production et la promotion du petit bétail sain (focalisation sur la volaille, les porcs, etc.).
  3. L’amélioration de la gestion post-récolte et la promotion de la transformation des aliments pour améliorer la sécurité alimentaire tout au long de l’année.
  4. Le soutien et la promotion des activités génératrices de revenus (AGR), par exemple des produits agricoles ainsi que des produits forestiers non ligneux (PFNL) y compris les herbes traditionnelles et l’éducation pour une dépense parcimonieuse des revenus.

Dans deux districts cibles de la Province d’Oudomxay, le programme Soum Son Seun Jai en coopération avec les autres secteurs concernés a pris les initiatives, en facilitant le pilotage de la mise en œuvre de l’approche de la convergence.

Du point de vue agricole, le concept de base consiste à augmenter la production locale et la disponibilité des aliments sains et équilibrés, à lancer des campagnes de sensibilisation à la nutrition qui comprennent des cours de cuisine, et à utiliser des aliments cultivés localement pour l’alimentation complémentaire des enfants de moins de deux ans diagnostiqués comme souffrant de malnutrition.

Le programme vise à accroître la disponibilité des aliments au niveau des ménages à travers différentes approches parmi lesquelles la promotion du petit bétail, l’établissement des jardins familiaux à diverses cultures (contenant au moins 10 variétés de légumes) et des pots de fleurs, la promotion de l’aquaculture, la domestication des produits forestiers non ligneux (PFNL) et l’amélioration des installations de stockage des denrées.

Les interventions du Secteur de la santé se penchent sur l’insuffisance pondérale et le retard de croissance en améliorant la nutrition et la santé maternelle, la promotion de l’alimentation optimale du nourrisson et du jeune enfant, la communication pour le changement de comportement, la garantie de la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en micronutriments pour les mères et les enfants, la promotion de l’iodation du sel et la prise en charge contre la malnutrition aiguë. Elles abordent également la qualité de l’eau, l’assainissement et l’hygiène. Le secteur de l’éducation se concentre sur les interventions en matière de nutrition à travers les programmes scolaires, l’éducation nutritionnelle à l’école et les approches communautaires.

Défis

L’accroissement des investissements gouvernementaux et la mobilisation de ressources extérieures pour la nutrition ont porté leurs fruits. Néanmoins, le Gouvernement doit relever le défi de la coordination entre les parties prenantes, les acteurs et les donateurs afin de cartographier les interventions, les ressources, leurs mise en oeuvre et les résultats. D’autre part, le financement et la capacité de mise en oeuvre des interventions spécifiques à la nutrition et des interventions contribuant à la nutrition continuent d’être un obstacle.

Leçons clés

  • Recruter les coordinateurs appropriés pour les institutions correspondantes garantit une coordination efficace.
  • Accélérer les niveaux d’engagement et d’appropriation au niveau local (le niveau central ne s’occupant que de l’orientation stratégique) est essentiel.
  • Établir des mécanismes de redevabilité (en particulier la redevabilité descendante – depuis l’échelle des villages au niveau national).
  • Décentraliser les actions du niveau national au niveau des villages, notamment les centres de santé et les centres agricoles ainsi que les équipes de district pour le soutien et le suivi.
  • Améliorer le développement des capacités à tous les niveaux.
  • Introduire un processus d’apprentissage et non seulement d’élaboration de rapports (dans le temps).

Rice-Field

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