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Coordination en faveur d’un changement positif

  |   Implication de plusieurs parties prenantes, SUN dans la pratique

Le Malawi a créé un cadre de coordination établissant un rapport entre la nutrition et le VIH/SIDA.

Edith Mkawa, Secrétaire pour la nutrition, et et le VIH/SIDA, décrit le système et ses réalisations…

« Près de la moitié des enfants du Malawi sont touchés par le retard de croissance. Ce chiffre n'a pas changé de manière significative au cours des trois dernières décennies. Cette situation est alarmante, inquiétante et inacceptable. C'est pour cette raison que j'ai personnellement pris la responsabilité d'être le ministre de la nutrition pour fournir leadership et le soutien politique au plus haut niveau afin d'accélérer les efforts de lutte contre la malnutrition et ses conséquences. »

Président Joyce Banda

Déterminé à prendre des mesures contre les taux élevés de malnutrition et de VIH et en
reconnaissance de la forte relation entre la nutrition, et le VIH et le SIDA, le Gouvernement du
Malawi a créé le Département de la nutrition, du VIH et du SIDA (DNHA) rattaché au Bureau
du Président (OPC) en Aaût 2004.

Son Excellence le Président Dr Joyce Banda est le ministre chargé de la nutrition, du VIH et du sida tandis que le premier secrétaire du ministère est le chef du DNHA et également le point focal du Mouvement SUN au Malawi. En rattachant le DNHA à l’OPC, la nutrition a reçu le plus haut niveau de soutien politique. Le DNHA est chargé de l’orientation générale de la politique de nutrition, de la surveillance et de la supervision des interventions dans ce domaine. À la suite de cette approbation politique, la nutrition attire fortement l’attention à l’échelle nationale et au niveau des districts.

Il existe plusieurs niveaux de coordination des parties prenantes et plusieurs plateformes impliqués dans la nutrition au Malawi. Au plus haut niveau, il y a trois comités politiques qui assurent une surveillance de la nutrition, du VIH et du sida au niveau de la présidence, du parlement et du Premier secrétariat.

Plateformes nationales multi-acteurs pour la nutrition

Deux plateformes multisectorielles et multi-acteurs (MSP) similaires ont été mises en place pour coordonner les plans et activités de nutrition. Les deux sont constituées de parties prenantes provenant de divers secteurs, notamment des représentants des ministères sectoriels clés, des partenaires de développements, des organisations de la société civile, du milieu universitaire et d’autres institutions œuvrant dans la nutrition.

Le Comité national de la nutrition (NNC), présidé par le Secrétaire permanent du DNHA et co- présidé par l’Unicef assure la supervision technique et donne les conseils sur la mise en œuvre et l’opérationnalisation de la politique nationale et du Plan stratégique de nutrition dans les secteurs. Dans le cadre du NNC, se trouvent sept groupes de travail techniques (GTT). Les GTT se réunissent et rendent compte au NNC sur une base trimestrielle. Le président du NNC fournit des informations à jour aux trois comités gouvernementaux sur la nutrition.

Les sept groupes de travail techniques regroupent un large éventail d’organismes. Ces groupes relèvent du NNC et sont responsables de:

  • Programmes ciblés de nutrition présidés par le ministère de la santé et co-présidés par le PAM Î Micronutriments présidé par le ministère de l’Agriculture et co-présidé par l’Unicef
  • Nutrition du nourrisson et du jeune enfant présidé par le DNHA et co- présidé par l’USAID
  • Surveillance intégrée de la sécurité alimentaire et nutritionnelle présidé par le DNHA et co-présidée par le PAM
  • Éducation, formation et recherchesur la nutrition présidé par l’Université agronomique et des ressources naturelles de Lilongwe et co-présidé par le DNHA
  • Prise en charge et appui à la nutrition présidé par le DNHA et co-présidé par le ministère de la Santé
  • Santé scolaire et nutrition présidé par le ministère de l’Éducation et co-présidé par la GIZ (Coopération internationale allemande).

Les groupes de travail techniques fournissent une assistance technique, assurent le suivi et la mise en œuvre des activités de nutrition en fonction de leur mandat.

Un groupe de travail SUN a été créé peu de temps après l’adhésion du Malawi au Mouvement SUN. Il a été chargé de faciliter le renforcement de la nutrition et la consolidation des plateformes multi-acteurs. Le groupe de travail prend spécifiquement en charge l’opérationnalisation de la stratégie nationale de nutrition et d’éducation (NECS), qui constitue le socle du renforcement de la nutrition à tous les niveaux. Le groupe de travail est composé de responsables techniques du gouvernement, des donateurs, de la société civile et d’autres groupes.

Le Malawi a lancé le mouvement SUN en Juillet 2011 sous le thème « Tous unis pour mettre fin au retard de croissance ». Cela avait renforcé la visibilité politique de la nutrition et permis de mobiliser les ressources.

Composition du groupe de travail national SUN

  • DNHA (président);
  • Neuf ministères techniques, notamment la santé, l’agriculture, l’éducation, le genre, le gouvernement local et l’éducation civique comprenant chacun des agents désignés qui sont chargés de la nutrition et qui relèvent du Groupe de travail;
  • Les agences des Nations Unies, notamment le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO);
  • Les donateurs, notamment des experts techniques d’Irish Aid, de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), du Département britannique pour le développement international (DFID), de l’Union européenne et la GIZ.
  • La société civile, notamment des représentants de l’Alliance de société civile SUN.
  • Le secteur privé, notamment VALID international; Rab Processors Limited; l’assocation des consommateurs du Malawi; et Illovo Sugar Company..
  • Le milieu universitaire notamment l’Université du Malawi, et l’Université agronomique et des ressources naturelles de Lilongwe

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Plateformes de parties prenantes indépendantes pour la nutrition

Il existe plusieurs plateformes de parties prenantes indépendantes pour la nutrition.

Le Comité des partenaires de développement du gouvernement pour la nutrition (multi- latéral et bilatéral) est un comité de haut niveau créé par le premier secrétaire principal pour la nutrition, le VIH et le sida regroupant des partenaires de développement sur une base trimestrielle. L’objectif est de promouvoir et d’identifier les sources de financement pour la nutrition et de promouvoir la mobilisation conjointe des ressources. Le premier secrétaire rend compte des principaux résultats obtenus par le NNC à ce comité.

Le groupe de donateurs pour la sécurité nutritionnelle, plus connu sous le nom de DoNuts réunit des experts en matière de nutrition issus des rangs des donateurs, des agences des Nations Unies et un représentant de l’alliance de la société civile. Le groupe se réunit chaque mois et fournit un appui au gouvernement dans ses efforts de renforcement de la nutrition. Le DoNuts examine également des pistes de coopération et de co-financement entre les partenaires de développement en matière de nutrition, et présente parlent d’une même voix lorsqu’il s’agit de leur politique. Le DoNuts s’allie aux donateurs dans d’autres secteurs pour mettre en évidence l’importance de la participation des parties prenantes du DNHA à DONUTS, le cas échéant.

L’Alliance de la société civile SUN est composée de plus de 20 organisations, issues des secteurs de l’agriculture, de l’éducation, de la protection sociale, des organisations communautaires, des organisations non gouvernementales orientées vers les moyens de subsistance, des universités et d’autres alliances et réseaux.

L’Alliance est coordonnée et présidée par Concern Worldwide et la Clinton Health Access Initiative (CHAI) et se réunit tous les deux mois. Elle reçoit un financement par l’intermédiaire du Fonds d’affection multi-acteurs du Mouvement SUN (FAMP)6 et dispose d’un coordonnateur à temps plein. L’Alliance créé un consensus sur les activités et politiques en faveur de la nutrition avec la DNHA, encourage l’échange des meilleures pratiques et des leçons apprises, et milite également pour la mobilisation de fonds pour la nutrition. Elle a commencé à cartographier les parties prenantes et les programmes de nutrition au niveau des districts et à identifier les champions de la nutrition.

L’Organisation des Nations Unies a un plan stratégique de cinq ans, à savoir le cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (UNDAF 2012-2016) et un plan de mise en œuvre de ce dernier. L’UNDAF comporte cinq domaines prioritaires à savoir:

  • le développement économique durable et la sécurité alimentaire
  • la protection sociale et la réduction des catastrophes
  • le développement social
  • le VIH/SIDA et
  • la bonne gouvernance.

Ces priorités reflètent les domaines où l’ONU a un avantage comparatif en terme de soutien de l’appropriation nationale, la coordination et l’alignement de l’aide sur la stratégie de croissance et de développement du Malawi. La mise en œuvre de l’UNDAF est coordonnée et supervisée par le Comité conjoint de pilotage de l’UNDAF et soutenue par de groupe de chefs sectoriels qui coordonnent les interventions en matière de développement touchant les cinq domaines prioritaires ci-dessus. La composante nutrition du plan de mise en œuvre est coordonné par le Groupe de coordination de la nutrition des Nations Unies qui rend compte au chef sectoriel de pour la deuxième priorité mentionnée ci-dessus. L’Unicef est le chef du groupe de coordination de la nutrition des Nations Unies qui comprend également le PAM, la FAO et l’OMS. Le groupe coordonne les activités du SUN financées par les partenaires des Nations Unies.

Le secteur privé dispose d’une plateforme à travers la Chambre de commerce du Malawi et l’Alliance nationale pour l’enrichissement des aliments (NFA). La NFA est chargée de veiller au respect des normes d’enrichissement des aliments transformés de manière centralisée tels que le sucre, le blé et la farine de maïs, le sel, etc… VALID International, une société de gestion de la production locale des aliments prêts-à-la consommation est l’animateur du secteur privé.

Rôle des équipes de base du Mouvement SUN dans les districts

  • Établir des plateformes multisectorielles dans les districts
  • Orienter le personnel
  • Évaluer la situation nutritionnelle en utilisant un outil standard
  • Organiser des ateliers de planification SUN dans le district
  • Lancer SUN pour sensibiliser
  • Former des équipes de district
  • Organiser des réunions pour partager les enseignements tirés et suivre la mise en œuvre
  • Identifier et former des leaders communautaires pour l’action en matière de nutrition (CLAN)
  • Mobiliser la communauté
  • Soutenir le suivi de la croissance de la communauté
  • Soutenir les activités communautaires dans la période des 1000 jours les plus décisifs (débats thématiques, calendrier de saisonnalité, démonstrations culinaires, conseils pour l’alimentation des enfants et des adolescents, diversité alimentaire, vaccination, activités relatives à l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH), oligo-éléments, nutrition maternelle etc…)
  • Réaliser des activités de communication (radio communautaire et groupes de théâtre)
  • Suivi et évaluation

Le Gouvernement, les entreprises et les partenaires de développement travaillent ensemble pour réduire les carences en vitamine A

Le programme d’enrichissement du sucre en vitamine A au Malawi est mis en œuvre par Illovo, un producteur de sucre de premier plan et est coordonné par le DNHA rattaché à la présidence. Le programme a été financé par Irish Aid, l’Unicef et l’USAID pendant deux ans et, plus tard Illovo a absorbé les coûts d’enrichissement et de déploiement dans son propre budget. Ceci est un exemple unique d’un partenariat public-privé au Malawi. Il est prévu que 90 pour cent de tous les ménages qui utilisent le sucre au Malawi consomment le sucre adéquatement fortifié d’ici 2015.

L’Association des consommateurs et le Bureau malawite de normalisation sont chargés du suivi, de la gestion et de la prévention des conflits d’intérêt potentiels. Le secteur privé contribue à l’assurance de la qualité et à la coordination et soutient également la mobilisation des ressources.

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Parties prenantes travaillant dans les districts et les communautés

Les commissaires de district sont responsables de toutes les activités mises en œuvre au niveau du district, notamment celles relatives à la nutrition avec le soutien du Comité exécutif du district.

La coordination des problèmes de nutrition au niveau de district se fait par Comité de coordination de la nutrition du district (DNCC), qui comprend des représentants des ministères clés, de la société civile et du secteur privé. Comme tous les autres comités techniques au niveau du district, le DNCC est un souscomité du Comité exécutif du district dans l’Assemblée locale (LA). Il fournit des conseils techniques à l’Assemblée locale, en plus de coordonner les questions de nutrition à l’échelle du district. Le DNCC est également chargé de soutenir le déploiement de la stratégie nationale de nutrition et d’éducation (NECS). Il est prévu de renforcer les MSP de nutrition au niveau local et de la communauté par le biais des comités de développement des zones et des villages.

Réalisations

Le rôle joué par les MSP en réunissant les compétences, l’expertise et les ressources des différents secteurs et groupes, auquel s’ajoute le leadership du Président Banda a ont permis de focaliser l’attention et renforcé l’engagement sur la nutrition au Malawi.

Les MSP servent de forums où les secteurs et les parties prenantes se retrouvent pour se soutenir mutuellement et partager leurs expériences dans la mise en œuvre des interventions nutritionnelles. Elles ont stimulé les efforts visant à coordonner la mise en œuvre des interventions nutritionnelles. En outre, le Président Banda a mis en place un comité présidentiel de plaidoyer pour la nutrition, composé de huit chefs traditionnels influents et de trois experts techniques, dont l’objectif est de mobiliser et de sensibiliser les chefs traditionnels sur la nutrition.

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Le Gouvernement du Malawi a promis d’augmenter les ressources pour la nutrition dans de multiples secteurs. Il existe déjà des lignes budgétaires pour la nutrition dans certains secteurs et le gouvernement s’est engagé à augmenter les ressources pour la nutrition. Le Gouvernement s’est également engagé à renforcer les partenariats publicprivé en matière de nutrition, en s’appuyant sur des exemples réussis tels que le travail d’Illovo pour l’enrichissement du sucre en vitamine A.

Grâce à l’engagement politique de haut niveau et une stratégie claire pour réduire le retard de croissance, le gouvernement a été en mesure de tirer parti des ressources de plusieurs donateurs. La coordination était faite par le Comité gouvernement-partenaires de développement. Les financements proviennent des partenaires suivants: le Gouvernement du Malawi et fonds commun Banque mondiale-ACDI avec la contribution de l’USAID, du DFID, de l’UE, d’Irish Aid, de l’Unicef, de la FAO et du PAM, qui financent l’ensemble des districts.

La nutrition a été classée au rang des priorités au niveau des districts où elle a été intégrée dans leurs plans d’exécution. Certains districts ont été en mesure de procéder à une planification et à la supervision conjointe et ont mis en commun leurs ressources. Tous les districts ont des plans de mise en œuvre bien que les fonds destinés à la nutrition soient insuffisants.

Un des plus importants succès obtenu dans le domaine de la nutrition au Malawi a été le déploiement des NECS au moyen des MSP avec une série de réalisations allant du renforcement des capacités au niveau national à la mise en œuvre au niveau communautaire. Un Forum d’apprentissage d’un jour du SUN a été organisé par le DNHA en août 2013 pour examiner les progrès accomplis par les NECS dans sept districts (Nkhatabay, Neno, Ntchisi, Mzimba, Kasungu, Dedza et Balaka). Des progrès significatifs ont été signalés par les districts en termes de mobilisation pour l’action et de sensibilisation des parties prenantes à la question de la nutrition. Des évaluations rapides de la situation de la nutrition ont été réalisées dans certains districts et les goulots d’étranglement ont été identifiés au niveau du sous-district, ce qui a abouti à une planification plus précise pour renforcer les activités de nutrition. Les structures traditionnelles à base communautaire telles que les chefferies et les bénévoles ont été précieuses pour la sensibilisation et à la mobilisation des communautés sur la question de la nutrition.

Défis

Il existe toutefois des défis à relever.

  • capacité financière et humaine inadéquate au niveau du district et de la communauté.
  • stratégies contribuant à la nutrition non encore en place dans certains secteurs en particulier les ministères de l’agriculture et du genre.
  • recensement des parties prenantes – pour l’identification des partenaires, et la circonscription de leurs principales activités et ressources – incomplet pourtant vital pour éviter les chevauchements.
  • des MSP mises en place au niveau national et de district, mais non encore institutionnalisée au niveau local et du sous-district.

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Principaux enseignements

  • la coordination de haut niveau contribue à renforcer la volonté et l’engagement politique en faveur de la nutrition au niveau national.
  • La coordination a permis de cibler et de mobiliser des ressources auprès des partenaires de développement.
  • Les structures de coordination décentralisées sont cruciales pour permettre aux communautés de jouer un rôle dans la mise en œuvre des programmes durables.
  • Le renforcement des structures de coordination de district et de niveau communautaire exige un effort.
  • Agir ensemble est essentiel pour intensifier les interventions à tous les niveaux.

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