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De nouvelles réalisations dans le domaine de la nutrition? Pas sans les adolescents

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By @Anushree Shiroor— Embassadrice pour la nutrition, Concern Worldwide

La défenseuse qui est en moi se réjouit de l’élan croissant en faveur de l’amélioration de la nutrition des adolescents.  Pour des raisons qui dépassent largement le futur potentiel de procréation des adolescentes, il y a une nécessité sociodémographique, économique et morale évidente à compléter les efforts axés sur la nutrition au cours des premières années de vie par une mobilisation dirigée vers les adolescents des deux sexes.  Pendant trop longtemps, cette période cruciale de transition entre l’enfance et l’âge adulte a échappé à nos actions de lutte contre la malnutrition, alors qu’elle représente une seconde occasion unique pour façonner la santé, le capital et le potentiel humains. Aujourd’hui, une personne sur six dans le monde est un ou une adolescent(e) (10-19 ans), et nous ne pouvons plus les ignorer.

La semaine dernière, lors de la Conférence coorganisée par l’Alliance mondiale pour l’amélioration de la nutrition (GAIN) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les « Adolescents, agents du changement pour un monde bien nourri », de nombreux débats enrichissants ont couvert tout un ensemble de questions concernant la nutrition et la santé des adolescents. Toutefois, l’aspect le plus marquant de la conférence était la présence et la participation active d’un groupe d’adolescents confiants, inspirants et assurés venus de Zambie, du Pakistan, d’Indonésie, du Bangladesh, du Royaume-Uni et d’Irlande. Leur enthousiasme à œuvrer à plusieurs pour trouver des solutions pour leur nutrition et leur bien-être était impressionnant, et leur position commune « pas pour nous sans nous » était absolument claire – s’ils n’ont pas leur mot à dire sur la façon dont nous réglons leurs difficultés, quelle peut être l’efficacité de nos solutions ?

La carence en fer est la première cause de décès et de handicap chez les adolescents et dans le même temps, 340 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans sont en surpoids ou obèses (les données désagrégées pour les seuls adolescents ne sont pas disponibles). En outre, 11 % des bébés dans le monde naissent de mères âgées de 15 à 19 ans, ce qui, nous le savons, est une menace pour leur propre nutrition, santé et survie, ainsi que pour celles de leurs enfants. Le seul moyen sûr de lutter contre le spectre de la malnutrition chez les adolescents consiste à mettre en place un système réactif, flexible et inclusif qui aborde l’ensemble des déterminants socioéconomiques, de santé et de genre de leurs choix et comportements alimentaires.

Lors de cette conférence, de nombreuses pistes de réflexion – mais aussi des pistes d’action – se sont fait jour pour la nutrition des adolescents :

  • Une solide implication de la jeunesse, sans approche descendante – à une étape unique du développement de l’identité, les adolescents souhaitent ardemment prendre part aux décisions qui les concernent et affectent leur vie. Nous devons les impliquer plus efficacement, renforcer les capacités et apporter le soutien nécessaire pour trouver ensemble des solutions durables.
  • Des définitions améliorées pour ce groupe – les besoins et facteurs de risque pour la nutrition d’un enfant de 10 ans sont différents de ceux d’un adolescent de 15 ans, et encore différents de ceux d’un jeune adulte de 18 ou 19 ans. Il n’existe pas de solution unique pour un grand groupe si hétérogène, et nos solutions proposées doivent en tenir compte.
  • Une diffi-possibilité – les adolescents représentent une difficulté, mais également une possibilité de gains pour la nutrition. Bien que les données et les connaissances sur les régimes alimentaires, les obstacles et les facilitateurs permettant d’améliorer la nutrition des adolescents nécessitent d’importants progrès, la communauté mondiale de la nutrition et les décideurs ont déjà de quoi faire et n’ont pas à attendre davantage de preuves pour agir.
  • Les déterminants sociaux de la nutrition – les enjeux entourant les normes de genre, la pauvreté, l’éducation, la santé sexuelle et reproductive doivent faire partie intégrante de l’approche visant à améliorer la nutrition des adolescents, sans laquelle nos efforts se résumeront à apporter des solutions de fortune.
  • Moins de jargon, plus d’agilité – les adolescents de tous horizons géographiques se développent plus rapidement qu’on ne l’imagine, et nos solutions doivent s’adapter de manière réactive, flexible et simple pour faciliter la transmission d’informations.
  • Des modèles adolescents – les champions et les réseaux de jeunes sont indispensables pour impulser et entretenir une dynamique sur la nutrition des adolescents.
  • Des écoles comme plateformes, mais avec une attention égale portée aux nombreux adolescents qui restent déscolarisés – l’école est un guichet unique essentiel qui propose des programmes en matière de nutrition, de santé et de bien-être, mais cela demande des ressources et des efforts pour renforcer les capacités et soutenir les écoles et les enseignants sans les surcharger. Dans le même temps, une partie importante de la population adolescente est toujours déscolarisée. Nous devons atteindre ces adolescents pour leur offrir des solutions en matière de nutrition, mais aussi pour les ramener à l’école.
  • Des données – nous avons besoin de davantage de données sur le statut nutritionnel, les comportements alimentaires, les obstacles et les facilitateurs d’une alimentation saine, qui soient spécifiques aux adolescents. Par exemple, les adolescentes sont souvent regroupées avec les femmes en âge de procréer (15-49 ans) et les taux de surpoids et d’obésité sont disponibles pour les moins de cinq ans, puis pour les 5-19 ans. Sans données spécifiques aux adolescents, il est difficile d’apporter des solutions spécifiques.

Au beau milieu de la conférence, la batterie de mon téléphone s’est éteinte et Annet, la championne adolescente de Zambie, m’a proposé un chargeur de téléphone.  J’ai alors réalisé que ce groupe avait déjà une longueur d’avance. Si nous ne suivons pas le mouvement et ne travaillons pas avec les adolescents pour améliorer leur nutrition et leur bien-être, nous enregistrons déjà un retard considérable dans la course vers l’objectif d’élimination de la malnutrition pour tous, partout.

 

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