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Des parlementaires de l’Afrique de l’Est s’engagent à protéger le droit à l’alimentation

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

@FAO/Abebe D. Banjaw

Conscients de la lenteur des progrès accomplis dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition en Afrique de l’Est, des parlementaires de neuf pays de l’Afrique de l’Est se sont engagés à exhorter leurs gouvernements à intensifier la lutte contre l’insécurité alimentaire, la malnutrition et la faim en adoptant une législation solide et en consacrant des ressources adéquates. Au cours de leur première réunion annuelle, tenue du 15 au 17 avril 2019 à Arusha, en Tanzanie, les membres de l’« Alliance parlementaire de l’Afrique de l’Est pour la sécurité alimentaire et la nutrition (EAPA FSN) » nouvellement créée se sont engagés à tirer parti de leur rôle déterminant en tant que législateurs pour promouvoir le droit à l’alimentation. Ce droit est respecté lorsque chaque homme, femme et enfant a physiquement et économiquement accès, à tout moment, à des quantités suffisantes d’aliments nutritifs.

Dans son discours d’ouverture officielle de la réunion annuelle et du lancement de l’EAPA FSN, M. Job Yustino Ndugai, président du Parlement de la République-Unie de Tanzanie, s’est dit préoccupé par la gravité de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition en Afrique de l’Est, malgré les importantes ressources naturelles de la sous-région.

« Un nombre important de personnes dans notre sous-région souffrent quotidiennement d’un manque de nourriture, de malnutrition et de faim. L’accès à une alimentation adéquate est un droit fondamental de toute personne humaine. Il exige des mesures appropriées et coordonnées de la part des gouvernements et des acteurs non étatiques afin d’en assurer le respect. Les parlementaires de cette Alliance doivent jouer un rôle important en mettant en place un cadre de législation et de responsabilisation propice à éradiquer la faim et la malnutrition dans la région », a déclaré M. Ndugai.

M. David Phiri, coordonnateur sous-régional de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour l’Afrique de l’Est et représentant auprès de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), a déploré que la sous-alimentation en Afrique touche plus de 257 millions de personnes, dont plus de 132 millions vivent dans la sous-région de l’Afrique de l’Est. De même, malgré les efforts déployés, la prévalence de l’insécurité alimentaire grave est en augmentation dans la sous-région, plus de 31 % de la population totale étant touchée. « Les pays qui sont attachés aux valeurs et aux principes du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) et qui ont effectivement mis en œuvre leurs plans nationaux d’investissement dans l’agriculture sont mieux parvenus à réduire l’insécurité alimentaire et la malnutrition. Les membres de l’EAPA-FSN ont donc la responsabilité de renforcer les engagements à l’égard des objectifs du PDDAA et d’accélérer les efforts visant à formuler et à mettre en œuvre des plans nationaux et régionaux d’investissement dans l’agriculture et d’autres politiques et cadres législatifs », a fait remarquer M. Phiri.

M. Mathias Kasamba, président de la Commission de l’agriculture, du tourisme et des ressources naturelles de l’Assemblée législative de l’Afrique de l’Est (EALA), a déclaré que la FAO avait pris une initiative louable en encourageant la création de l’EAPA FSN, reconnaissant le fait que des politiques et des législations appropriées ainsi que des investissements judicieux favorisaient une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable en Afrique. « L’EAPA FSN nouvellement créée devrait veiller à ce que les gouvernements soient sur la bonne voie pour faire passer le secteur agricole de son stade rudimentaire actuel à un système moderne, dans lequel les jeunes peuvent tirer des avantages sur le plan de l’emploi et des investissements », a-t-il indiqué.

 

La responsable de la division « Santé, population et nutrition » de la Commission de l’Union africaine, Mme Margaret Agama-Anyetei, a également souligné qu’il était urgent et essentiel, aux fins de réaliser les objectifs de l’« Agenda 2063 de l’Union africaine : L’Afrique que nous voulons », d’adopter les politiques et les législations nécessaires et de consacrer des ressources budgétaires suffisantes.

« Le rôle de cette Alliance sera primordial pour appuyer les efforts nationaux visant à prévenir les conflits, à contrôler les maladies transfrontalières et à investir dans une agriculture et une gestion des ressources naturelles qui contribuent au renforcement de la nutrition dans le but d’éradiquer la faim et la malnutrition », a-t-elle ajouté.

Des parlementaires de Djibouti, de l’Érythrée, de l’Éthiopie, du Kenya, de l’Ouganda, du Rwanda, de la Somalie, du Soudan du Sud et de la Tanzanie, ainsi que de l’Assemblée législative de l’Afrique de l’Est et de l’Union interparlementaire de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), ont créé cette Alliance dans le but de faire avancer le programme de sécurité alimentaire et de nutrition aux niveaux national et régional. Au terme d’intenses discussions, les parlementaires participants ont approuvé le document fondateur de l’EAPA FSN. Un comité exécutif composé de cinq membres a été élu pour coordonner les activités de l’Alliance au cours des deux prochaines années. M. Abdi Hassen Ali, président de l’Alliance parlementaire somalienne contre la faim et la malnutrition, a été élu président du comité exécutif et de l’Alliance.

Des représentants de l’IGAD, du Mouvement SUN en Tanzanie et du gouvernement tanzanien se sont engagés à continuer de soutenir l’Alliance. Des experts du Forum régional des universités pour le renforcement des capacités en agriculture (RUFORUM) ont organisé une réunion de partage des connaissances et de renforcement des capacités sur les engagements pris aux niveaux mondial et régional en matière de sécurité alimentaire et de nutrition ainsi que sur les liens entre la gouvernance foncière et la sécurité alimentaire en Afrique de l’Est. La réunion a réuni une quarantaine de participants originaires de 11 pays.

 

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