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Durabilité 101, jeunesse et nutrition au cœur du Sommet sur les systèmes alimentaires

  |   Réseau de la société civile SUN

Billet de blogue rédigé par Ana Sidhu*, Dolço Muchanga** et Webster Makombe***

Dans un monde qui pense que les jeunes sont les dirigeants de demain, malheureusement, demain ne vient jamais. Webster Makombe se souvient de l’époque où son oncle tenait le kiosque de l’école dans son quartier. Son oncle disait toujours qu’il pourrait avoir un bonbon gratuit… « demain ». Makombe avait alors six ans. Il en a aujourd’hui 21 et attend toujours son bonbon gratuit à cause de toutes les fois où il y est allé et où son oncle lui a dit de revenir le lendemain. L’exemple de Makombe met en perspective ce que l’on dit aux jeunes depuis des années lorsqu’il s’agit de se faire entendre. Ce billet de blogue n’est qu’un catalyseur pour faire entendre la voix des jeunes concernant les systèmes alimentaires dans une perspective axée sur la nutrition, écrit par des jeunes qui défendent l’autonomisation des jeunes tout en examinant de plus près les pistes d’action.

La piste d’action 1Dolço Muchanga est un exemple de jeune dirigeant et de jeune entrepreneur au Mozambique qui s’efforce de lutter contre la malnutrition sous toutes ses formes. Selon lui, une façon de lutter contre la malnutrition est d’éviter de gaspiller les matières premières, de réutiliser des produits de valeur détruits ou écartés dans d’autres industries de production alimentaire, comme les brisures de riz, différentes cultures, etc. En utilisant ce produit et en le transformant en un autre type de produit, il apporte une valeur ajoutée. C’est une des voies que le secteur privé peut suivre pour faire des pas de géant dans la réalisation des solutions que nous souhaitons tous. Les entreprises et les gouvernements doivent collaborer en mettant en place des politiques qui améliorent l’environnement de travail tout en mettant à disposition les ressources nécessaires pour aider et accélérer le travail des entreprises.

© Ana Sidhu – Réservoir aquaponique

La piste d’action 3 encourage le débat sur le soutien et l’équipement des petits exploitants agricoles aux côtés des petites entreprises afin qu’ils viennent compléter la chaîne de valeur alimentaire. Cela se voit dans notre consommation quotidienne de nourriture. Par exemple, un tiers des aliments produits ne sont jamais consommés. Pour mener à bien cette piste d’action, il faut mettre l’accent sur la localisation des systèmes alimentaires tout en donnant des moyens d’action à ceux qui possèdent des connaissances traditionnelles. Ana Sidhu, responsable de la jeunesse pour la nutrition, a pris beaucoup de plaisir à apprendre de ses aînés, qui sont des agriculteurs en Inde, alors qu’ils lui enseignaient leurs solutions pour améliorer le rendement des cultures et accroître la biodiversité des sols. Elle a appliqué ces enseignements traditionnels à son quotidien au Canada en améliorant les pratiques locales de façon à renforcer le bien-être de sa communauté. Par exemple, elle a demandé une bourse alors qu’elle était au lycée pour construire un réservoir aquaponique et présenter une solution innovante en matière de production alimentaire qui joue un rôle essentiel dans les systèmes alimentaires durables et nutritifs. Le réservoir aquaponique fonctionne encore aujourd’hui, ce qui permet à son jeune frère d’en tirer des enseignements puisqu’il fréquente le même lycée.

© Ana Sidhu

La piste d’action 5 vise à trouver des solutions aux problèmes que pose actuellement la COVID-19 tout en maintenant l’importance des solutions proposées pour protéger les systèmes alimentaires en cas de chocs et de stress. Il n’existe pas de solution unique, mais grâce aux initiatives menées par les citoyens dans leurs communautés respectives, des systèmes alimentaires ouverts à tous et équitables peuvent être mis en place. Ana Sidhu applique cette piste d’action en établissant et en entretenant des relations continues avec ses amis indigènes et leurs familles. Elle participe à la fabrication de leurs aliments traditionnels et transmet ce savoir-faire à sa famille et à ses amis. Sa recette préférée est la bannique, une sorte de pain plat de forme ovale. Les Inuits l’appellent palauga, les Micmacs luskinikn et les Ojibwés ba‘wezhiganag. Cette forme d’engagement renforce les relations entre les individus de différentes cultures et générations, favorisant ainsi la résilience des systèmes alimentaires grâce aux pratiques alimentaires indigènes traditionnelles. Ce faisant, Ana a montré l’importance particulière des approches holistiques et intersectionnelles pour faire de la nutrition le cœur de la piste d’action 5 dans son exemple.

Les systèmes alimentaires ont une incidence sur notre vie quotidienne dans de nombreux contextes différents. En nous informant sur les difficultés que nous rencontrons actuellement et en présentant des solutions innovantes, nous faisons déjà le premier pas pour garantir des moyens de subsistance durables pour tous et un avenir radieux pour notre planète. Il est essentiel de fournir une alimentation nutritive à tous afin de garantir la transition vers un système alimentaire idéal. Ensemble, ces pistes d’action offrent un petit aperçu des moyens grâce auxquels les citoyens peuvent devenir des leaders dans cette voie de transformation.

* Ana Sidhu, auteure principale (CSN YL4N)

** Dolço Muchanga (SBN)

*** Webster Makombe (CSN YL4N)

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