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Enquête sur les conséquences de la COVID-19 sur les PME des systèmes alimentaires nationaux

  |   Réseau des pays SUN, Réseau du secteur privé SUN

* Initialement publié par le Réseau du secteur privé SUN


Une étude portant sur 327 PME du système alimentaire dans 14 pays visant à évaluer les effets de la pandémie de COVID-19 et des mesures de lutte contre cette maladie sur leurs activités ainsi que l’aide dont elles ont besoin a été réalisée par le GAIN et ses partenaires, notamment le Réseau du secteur privé du Mouvement pour le renforcement de la nutrition (Mouvement SUN) (co-organisée par le Programme alimentaire mondial, ou PAM). Cette enquête a été menée en octobre et novembre 2020, suite à celle de mai 2020 dont les résultats sont consultables ici.

Rapports pays et COVID : évaluation des expériences nationales

Sur la base du rapport mondial, qui fournissait un état des lieux des PME de 14 pays œuvrant dans les systèmes alimentaires et de leur expérience depuis le début de la pandémie, quatre rapports de pays ont été rédigés pour décrire de manière plus détaillée et plus approfondie des expériences de PME au Kenya, au Mozambique, au Nigéria et au Rwanda.

Une moyenne de 46 réponses ont été reçues au Kenya, au Mozambique et au Rwanda et 71 réponses l’ont été au Nigéria. La plupart d’entre elles provenaient d’entreprises de petite taille et de micro-entreprises et les sociétés sondées étaient essentiellement des entreprises des secteurs de la transformation et de la distribution, et des acteurs des chaînes de valeur des fruits, légumes et graines. Environ 30 % étaient des entreprises détenues par des femmes .

Les principaux résultats de l’enquête sont les suivants :

  • de 98 à 100 % des PME sondées du secteur des systèmes alimentaires dans les quatre pays ont indiqué avoir souffert de la pandémie, dont les conséquences ont essentiellement été une baisse du chiffre d’affaires, des difficultés pour payer les salaires, et des difficultés d’accès aux intrants et à des financements ;
  • pour la plupart des entreprises, les conséquences de la pandémie se sont atténuées au fil du temps et respectivement 49 % et 80 % des entreprises au Nigéria et au Kenya ont parlé d’une amélioration de leurs activités depuis le début de la pandémie contre respectivement 22 % et 35 % des entreprises au Mozambique et au Rwanda signalant que leurs activités étaient pour la plupart revenues à la normale ;
  • au Kenya, au Mozambique, au Nigéria et au Rwanda, respectivement 83 %, 58 %, 73 % et 78 % des entreprises ont constaté une baisse du chiffre d’affaires des suites de la pandémie et respectivement 96 %, 78 %, 85 % et 89 % ont modifié leur volume de production (se traduisant généralement par une baisse) ;
  •  85 %, 82 %, 59 % et 83 % des sondés respectivement au Kenya, au Mozambique, au Nigéria et au Rwanda s’attendent à des répercussions futures sur la chaîne d’approvisionnement, notamment des pénuries de marchandises et des perturbations de la distribution et des transports ;
  • seulement 21 %, 29 %, 20 % et 11 % des entreprises ont bénéficié d’une aide respectivement au Kenya, au Mozambique, au Nigéria et au Rwanda et  respectivement 96 %, 93 %, 93 % et 96 % des entreprises de ces quatre pays ont indiqué avoir un besoin urgent d’aide financière pour faire face aux conséquences de la pandémie ;
  • si les répercussions globales de la crise sanitaire et les besoins étaient globalement les mêmes pour les entreprises dirigées par des femmes, celles dirigées par des hommes ou les entreprises avec une équipe dirigeante mixte, l’on note de grandes disparités entre les types d’entreprises et les besoins spécifiques en termes d’aide. Ces disparités doivent être prises en compte au moment de concevoir les interventions à venir.

 Adapter la nutrition au Nigéria en fonction des défis posés par la COVID 19 : l’expérience d’une entreprise sondée

L’une des PME ayant répondu à l’enquête sur les conséquences de la pandémie sur ses activités était Soupah Limited au Nigéria, dont la fondatrice Ifeoluwa Omotayo a été confrontée à de nombreux défis suite à la pandémie. Malheureusement, Soupah Limited, une entreprise sociale utilisant les technologies pour vendre des épices pour soupe enrichie a dû faire face à de nombreuses difficultés du fait que ses produits n’étaient pas parmi ceux que les consommateurs souhaitaient acheter en priorité pour les conserver. Ainsi, ses ventes se sont effondrées. De même, le confinement a diminué l’approvisionnement en denrées périssables, entraînant une augmentation des prix.

En mars et avril 2020, l’entreprise a subi une perte de 34 %, passant à 53 % les deux mois suivants. Ainsi, Ifeoluwa a dû licencier du personnel et réduire ses activités au strict minimum, juste assez pour que le personnel restant puisse toucher un salaire même significativement réduit.

Le développement et la commercialisation de nouveaux produits et technologies ont été essentiels à la survie de Soupah Limited. « Nous avons constaté que, alors que les épices transformées ne se vendaient plus, les fruits et légumes frais étaient très prisés. Ainsi, en avril 2020, nous nous sommes lancés dans la livraison de produits frais comme des tomates et du poivre à des prix abordables pour répondre aux besoins des clients » explique Ifeoluwa. De plus, Ifeoluwa a constaté la nécessité d’échanger davantage avec les clients pour stimuler les ventes, chose qu’elle est parvenue à faire grâce à des codes USSD. Ces « shortcodes » sont déjà amplement utilisés dans les pays développés pour procéder à des transactions et ils l’ont aidée à s’adresser aux clients n’ayant pas facilement accès à Internet. Les clients peuvent désormais accéder aux produits de Soupah Limited via ces codes USSD et se les faire livrer à leur porte, n’importe où dans la ville d’Ibadan, dans l’État d’Oyo au Nigéria. « Jusqu’à maintenant, cela a été une expérience très positive puisque nous recevons en moyenne 25 commandes par jour via ces codes USSD » s’enthousiasme Ifeoluwa.

Consultez les rapports de pays ici :

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