SUN Newsletter
Home / Actualités / Impact de la pandémie de COVID-19 sur l’avenir de la sécurité alimentaire en Asie du Sud-Est

Impact de la pandémie de COVID-19 sur l’avenir de la sécurité alimentaire en Asie du Sud-Est

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

Alors que le COVID-19 continue de menacer la vie et les moyens d’existence de millions de personnes en Asie du Sud-Est, de nouvelles préoccupations surgissent quant à l’état à plus long terme des systèmes alimentaires dans la région, qui associent de manière complexe des exploitants agricoles, des pêcheurs, des ouvriers, des chauffeurs, des employés du stockage frigorifique, des entreprises de transformation des aliments, des vendeurs au détail et les consommateurs.

Des marchés de petits villages aux immenses chaînes de magasins d’alimentation dans des villes très peuplées comme Bangkok, Manille et Jakarta, les aliments semblent abonder et la panique qui a saisi la population au tout début s’est résorbée. En fait, la plupart des pays ont pris conscience de la nécessité d’assurer la continuité des chaînes d’approvisionnement agricoles et alimentaires et ont pris les mesures nécessaires en ce sens.

Pourtant, les effets des mesures de confinement et l’interruption du libre échange de biens et services, combinés à une pénurie de main d’œuvre, ont fait surgir le spectre de perturbations à plus long terme de la vie quotidienne, des moyens de subsistance et des remises d’argent liquide. Y a-t-il un risque que les moissons et les récoltes n’aient pas lieu ? Y aura-t-il assez de nourriture ? Y aura-t-il une augmentation spectaculaire des prix des denrées alimentaires, entraînant une aggravation de la situation des populations pauvres et marginalisées ? Ces incertitudes ont de quoi inquiéter.

Collaborer pour trouver des solutions et aller de l’avant

Afin de mieux comprendre la situation actuelle des systèmes alimentaires face au COVID-19 et prédire les impacts actuels et à venir sur les systèmes alimentaires d’Asie du Sud-Est, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO) et l’Institut international de recherche sur le riz (IIRR) ont organisé un webinaire sur « L’avenir des systèmes alimentaires en Asie du Sud-Est après le COVID-19 ».

Ce webinaire explore les difficultés des systèmes alimentaires de la région en pleine crise de COVID-19, l’avenir des systèmes alimentaires en Asie du Sud-Est après la pandémie et les mesures pouvant être mises en œuvre pour les préserver.

Dans son message de présentation, le docteur Matthew Morell, directeur général de l’IIRR, souligne l’impact de la crise sur les groupes de populations les plus vulnérables. « Tout le monde subit la crise, mais pas dans les mêmes proportions. Les effets de la pandémie menacent comme jamais la santé des populations qui ont déjà des difficultés à se nourrir et les moyens d’existence de populations vulnérables comme les exploitants agricoles. »

En plus d’intervenants de la FAO et de l’IIRR, cette séance a réuni des experts de l’agriculture de différentes entités régionales comme la Banque asiatique de développement et Grow Asia.

Les intervenants ont insisté sur l’importance de mener une recherche innovante pour le développement, d’investir dans les systèmes alimentaires et de mettre en place des mesures politiques basées sur des faits probants pour protéger les systèmes alimentaires pendant et après la pandémie afin d’assurer la résilience. Mais c’est avant tout la collaboration qui est la clé du succès.

« Ce type de collaboration est essentiel pour que nous puissions travailler conjointement vers la concrétisation de ces innovations nécessaires pour relever les défis de nos systèmes alimentaires. Nous devons travailler tous ensemble » déclare Jong-Jin Kim, représentant régional adjoint et point de contact du Bureau régional pour l’Asie et le Pacifique de la FAO. « La FAO est bien connue pour ses collaborations étroites avec un large éventail de partenaires au développement : gouvernements, instituts de recherche, milieux universitaires, secteur privé, ONG et organisations internationales. C’est grâce à ce type de collaboration que nous pourrons aller de l’avant en toute confiance vers la réalisation des Objectifs de développement durable. »

Minimiser l’impact sur les petits exploitants agricoles et les populations les plus vulnérables

Parmi les principaux défis abordés par les intervenants figurent les multiples effets de la crise sur les différents groupes de populations : les producteurs de denrées alimentaires primaires comme les petits exploitants agricoles et ceux restés sans revenu pendant longtemps, aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain.

Le webinaire a exposé les différentes façons de venir en aide aux petits exploitants et autres groupes en difficulté, notamment aux personnes sans emploi des milieux ruraux et urbains. Il explique également qu’à court terme, l’impossibilité d’accéder à l’alimentation pour des raisons économiques reste un défi majeur qu’il faut relever. Cela pourrait signifier des débours en espèces dans certains cas et une distribution de denrées alimentaires gratuites dans d’autres. On a relevé que les gouvernements, le secteur privé et des personnes agissaient pour aider ceux dans le besoin mais qu’il fallait aller plus loin.

Assurer la disponibilité de produits alimentaires sûrs et nutritifs

Le riz est un aliment de base pour plus de la moitié de la population mondiale, et une large part de l’approvisionnement mondial en riz est cultivé, vendu et consommé en Asie du Sud-Est. En 2018, la production de riz en Asie du Sud-Est s’élevait à plus de 220 millions de tonnes. Alors que la FAO et l’IFPRI (Institut international de recherche sur les politiques alimentaires) ont prévu que les stocks de riz pour le reste de l’année 2020 seraient suffisants pour l’ensemble de la région d’Asie-Pacifique, les mesures qu’il a fallu prendre pour lutter contre les flambées de COVID-19 risquent de perturber les chaînes d’approvisionnement essentielles à la sécurité alimentaire.

Dans la déclaration des ministres de l’Agriculture et de la Sylviculture de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est en réponse à la flambée de la maladie de coronavirus (COVID-19) pour assurer la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire des aliments et la nutrition dans les pays de l’ASEAN, on peut lire : « nous voulons insister sur le rôle crucial des secteurs de l’alimentation, de l’agriculture et de la sylviculture et invitons tout le monde à s’assurer que des produits essentiels, sains et nutritifs continuent d’alimenter les marchés de l’ASEAN pendant la flambée épidémique de COVID-19 ».

Post A Comment

No Comments