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Investir dans la nutrition pour un avenir plus radieux en Afghanistan

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L’Afghanistan a beaucoup à gagner en améliorant la nutrition et en réduisant la malnutrition pour stimuler sa croissance économique, sa productivité et le développement de son capital humain.

Il est nécessaire d’investir en faveur du renforcement de la nutrition au cours de cette période critique, car plus de 40 % des enfants afghans souffrent de retards de croissance ou d’insuffisance pondérale par rapport à leur âge, ce qui constitue un indicateur de malnutrition. Les retards de croissance précoces sont un indicateur de croissance et de développement insuffisants chez l’enfant et réduisent son potentiel de contribution à la croissance et à la prospérité de son pays.

D’autre part, les enfants bien nourris suivent en général une scolarité plus longue, ont de meilleures capacités d’apprentissage et ont des revenus plus élevés une fois adultes, ce qui multiplie leur chance de sortir de la pauvreté.

Pour aider le gouvernement afghan à investir en faveur du renforcement de la nutrition, l’initiative SAFANSI (South Asia Food and Nutrition Security Initiative), le ministère de la Santé publique, la Banque mondiale et l’UNICEF se sont associés pour déterminer comment atteindre davantage d’enfants, de femmes et de familles et leur fournir des services nutritionnels essentiels qui réduiraient les retards de croissance, les anémies et les décès.

Un document de travail récemment publié et intitulé Investment Framework for Nutrition in Afghanistan (Cadre d’investissements pour la nutrition en Afghanistan) expose des éléments de base permettant de mieux comprendre les coûts, les effets et les bénéfices d’un élargissement des mesures nutritionnelles. Le rapport met plus particulièrement l’accent sur les activités et les services en matière de nutrition qui permettent de toucher un nombre réaliste d’enfants et de femmes pour en maximiser les retombées.

Principales conclusions

  • Selon les estimations, le montant total des investissements publics annuels en faveur du renforcement des mesures nutritionnelles devrait s’élever à 44 millions de dollars pendant cinq ans. Chaque dollar investi devrait rapporter au moins treize dollars de retombées économiques. De plus, les bénéfices économiques dépasseraient six fois les coûts, même en retenant des hypothèses plus prudentes en matière de future croissance économique.
  • Ce renforcement des mesures sauverait la vie de près de 25 000 enfants et éviterait la déclaration de 4 000 cas de retard de croissance et d’environ 90 000 cas d’anémie, ainsi que la perte de 640 000 années de vie ajustées de l’incapacité. Près de 100 000 enfants de plus seraient nourris exclusivement au sein.
  • Cependant, ce renforcement aurait seulement un effet marginal – une baisse de moins d’un point et demi de pourcentage – sur la prévalence des retards de croissance, car les taux actuels de couverture du programme cible définis par le gouvernement sont très faibles en ce qui concerne les mesures préventives ayant des effets sur ces retards de croissance.
  • Il serait possible d’obtenir des retombées beaucoup plus importantes si des mesures préventives pouvaient être déployées à des niveaux de couverture complète du programme, ce qui nécessiterait moins de cinq millions de dollars de plus par an. Le nombre d’années de vie ajustées de l’incapacité serait trois fois moins élevé, le nombre de décès deux fois moins élevé et le nombre de cas de retard de croissance près de huit fois moins élevé, ce qui ferait baisser de 2,6 points de pourcentage les retards de croissance sur cinq ans (de 41 à 38 %). La prévalence des cas d’anémie chez les femmes enceintes pourrait enregistrer une baisse de 12 points de pourcentage et la prévalence de l’allaitement maternel exclusif pourrait enregistrer une hausse de 18 points de pourcentage.

Recommandations

  • Pour que la réduction de la malnutrition soit beaucoup plus importante, les mesures de prévention du programme de prestations de santé de base devraient être déployées à des niveaux de couverture complète du programme plutôt qu’aux niveaux actuellement fixés par le gouvernement.
  • Pour maximiser les retombées du programme, il convient d’accorder la priorité à l’élargissement des mesures de prévention dans le cadre du renforcement, notamment par le soutien et la promotion de l’allaitement maternel jusqu’à 6 mois et par une éducation appropriée en matière d’alimentation d’appoint.
  • Il devrait être envisagé d’intégrer plusieurs mesures qui ne sont pas incluses dans le programme de prestations de santé de base en raison de leur efficacité importante et de leurs faibles coûts relatifs, telles que les mesures qui encouragent l’allaitement maternel, réduisent les carences en vitamine A chez les enfants et les femmes en âge de procréer et diminuent la prévalence élevée de l’anémie chez les adolescents et les femmes en Afghanistan.

 

Le document de travail Investment Framework for Nutrition in Afghanistan a été financé grâce aux contributions du ministère du Développement international du Royaume-Uni et de la Commission européenne par l’intermédiaire de l’initiative SAFANSI (South Asia Food and Nutrition Security Initiative) qui est administrée par la Banque mondiale.

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