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La Banque africaine de développement lance un nouveau plan d’action multisectoriel pour la nutrition

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La Banque africaine de développement a dévoilé un nouveau plan d’action multisectoriel pour la nutrition visant à rehausser les investissements permettant de réduire, dans une proportion de 40 %, les retards de croissance chez les enfants africains de moins de 5 ans d’ici à 2025. L’Afrique perd chaque année 25 milliards de dollars US pour couvrir les coûts associés à la morbidité et la mortalité infantile et aux retards dans le développement cognitif, physique et économique dus à la malnutrition. Pourtant ces pertes peuvent être évitées.

Cet ambitieux Plan d’action cherche à mobiliser un appui et des engagements supplémentaires de la part des gouvernements en faveur de la nutrition.

Jennifer Blanke, vice-présidente de la Banque africaine de développement pour l’agriculture et le développement humain et social a souligné l’importance d’une collaboration active et substantielle avec le secteur privé « si nous voulons obtenir des résultats durables ».

Au travers du Plan d’action multisectoriel pour la nutrition, la Banque s’engage à accroître le pourcentage d’investissements contribuant à la nutrition dans les secteurs de l’agriculture, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de la santé et du développement social.

« La nutrition est aussi importante pour le développement humain que les investissements en infrastructure et en énergie pour le dynamisme de la croissance économique. Les représentants de Big Win Philanthropy se réjouissent du leadership du président Adesina, qui fait de la nutrition et de l’investissement dans le développement du capital humain ses priorités », a déclaré Jamie Cooper, président de Big Win Philanthropy.

« En mobilisant des investissements à travers ces cinq secteurs et en encourageant ses pays membres à en faire de même, pour chaque dollar investi la Banque africaine de développement fait coup double : améliorer la vie des populations et générer la croissance économique ».

La nutrition est étroitement liée aux cinq grandes priorités de la Banque (« High 5 ») : des investissements contribuant intelligemment à la nutrition peuvent servir de catalyseurs à la réalisation du programme de croissance équitable.

S’exprimant lors de la cérémonie de lancement, la présidente directrice générale de la Fondation Dangote, Zouera Youssoufou, a déclaré : « nous savons que nous ne pouvons y arriver seuls ; il nous a donc semblé opportun de soutenir financièrement la Banque africaine de développement pour développer cette stratégie en faveur de la nutrition. Nous sommes très heureux de la voir se concrétiser après deux années d’efforts. »

En 2017, plus d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffrant retard de croissance dans le monde vivaient en Afrique, avec un taux de prévalence de 35,6 % en Afrique de l’Est et de 32,1 % en Afrique centrale, 29,9 % en Afrique de l’Ouest, 29,1 % en Afrique australe et 17,3 % en Afrique du Nord. Le plan révèle également que l’Afrique est la seule région du monde où le nombre d’enfants affectés par un retard de croissance a augmenté au cours des dernières années.

Le plan met tout particulièrement l’accent sur l’intégration d’interventions judicieuses sur le plan nutritionnel dans les nombreux projets agricoles élaborés par la Banque. La stratégie Nourrir l’Afrique de la Banque concrétise le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA) visant à éliminer la faim , la malnutrition et la pauvreté extrêmes. Outre l’amélioration de la productivité, le Plan d’action examine les moyens de nourrir l’Afrique, en intégrant des chaînes de valeur de produits de base qui présentent un avantage global sur le plan nutritionnel, et pas uniquement un apport calorique.

Il s’agit notamment de s’appuyer sur des initiatives phares notamment le TAAT ou Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique, le programme des zones de transformation agroalimentaire (ZTA) en Afrique et les Parcs agro-industriels intégrés (PAII).

 

« Pour exploiter son potentiel humain et économique, l’Afrique doit investir dans la nutrition ‒ surtout dans les 1 000 jours entre la conception et l’âge de deux ans – qui est la base essentielle d’une bonne productivité plus tard », a déclaré Oley Dibba-Wadda, directrice chargée du Département du capital humain, de la jeunesse et du développement des compétences de la Banque.

Et d’ajouter : « le continent africain peut devenir un véritable moteur de productivité au XXIe siècle, mais il ne peut maintenir sa croissance économique et intégrer, dans le même temps, sa population croissante de jeunes sans s’attaquer d’abord à ces retards de croissance ».

La Banque a renforcé son engagement politique et établi des partenariats en mobilisant des chefs d’État, des ministres et des dirigeants éminents pour susciter un mouvement et un leadership politique de haut niveau en matière de nutrition, appelé « Leaders africains pour la nutrition » (ALN), qui a été approuvé par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) au 30e Sommet ordinaire de l’UA tenu à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 31 janvier 2018.

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