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La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) propose un revenu de base afin d’aider les populations les plus vulnérables à surmonter les effets du COVID-19

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

La Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) a présenté un nouveau rapport sur les enjeux sociaux de la crise découlant du COVID-19. Dans un contexte de faible croissance, une augmentation significative de la pauvreté, de l’extrême pauvreté et des inégalités est prévue en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Pour pouvoir composer avec les effets socio-économiques de la crise provoquée par la maladie du coronavirus (COVID-19), la CEPALC propose que les gouvernements réalisent des transferts monétaires temporaires immédiats afin de répondre aux besoins essentiels et de soutenir la consommation des ménages, ce qui sera crucial pour parvenir à une relance solide et relativement rapide. En outre, à long terme, l’organisation réaffirme que ces transferts devraient être rendus permanents et s’étendre au-delà des personnes en situation de pauvreté et atteindre les larges couches sociales de la population qui sont très vulnérables à la pauvreté, ce qui permettrait d’avancer vers un revenu de base universel et de garantir ainsi le droit fondamental à la survie, selon un nouveau rapport dévoilé aujourd’hui par la secrétaire exécutive de la Commission et membre du Groupe principal du Mouvement SUN, Alicia Bárcena.

La haute fonctionnaire des Nations Unies a présenté le rapport spécial COVID-19 n° 3, intitulé « El desafío social en tiempos del COVID-19 » (Les enjeux sociaux à l’heure du COVID-19) qui donne une estimation des conséquences sociales et des enjeux connexes que la crise actuelle est censée avoir pour les pays d’Amérique latine et des Caraïbes à court, moyen et long terme. Lors d’une conférence de presse virtuelle transmise en direct de Santiago du Chili, Alicia Bárcena a également révélé les détails de la proposition de la CEPALC concernant un revenu de base d’urgence qui devrait être mis en œuvre immédiatement, en vue de le maintenir en place dans la durée, en fonction de la situation de chaque pays. Cette mesure est d’autant plus importante que la lutte contre la pandémie prendra du temps et que les sociétés doivent coexister avec le coronavirus, ce qui entravera la relance de l’économie et de la production.

« La pandémie a mis en évidence les problèmes structurels du modèle économique et les défaillances des systèmes de protection sociale et des régimes d’aide sociale qui nous coûtent très cher aujourd’hui. Nous devons par conséquent aller vers la création d’un État-providence basé sur un nouveau pacte social qui tienne compte des questions budgétaires, sociales et de production », a indiqué Alicia Bárcena.

La CEPALC propose de fournir un revenu de base d’urgence équivalent à un seuil de pauvreté (le coût par habitant pour acquérir un panier alimentaire de base et satisfaire d’autres besoins fondamentaux) pendant six mois à l’ensemble de la population vivant dans la pauvreté en 2020 (soit 215 millions de personnes, ou 34,7 % de la population de la région). Cette mesure impliquerait des dépenses supplémentaires de 2,1 % du PIB pour atteindre toutes les personnes qui se trouveront en situation de pauvreté cette année.

Le rapport fait le point sur les conséquences sociales que la pandémie du COVID-19 devrait avoir. À court terme, elle entraînera une augmentation de la pauvreté, de l’extrême pauvreté et des inégalités dans la région, en raison du contexte de faible croissance économique. La pauvreté en Amérique latine devrait augmenter d’au moins 4,4 points de pourcentage (28,7 millions de personnes supplémentaires) en 2020 par rapport à l’année précédente, pour atteindre un total de 214,7 millions de personnes (34,7 % de la population de la région). Parmi ces personnes, l’extrême pauvreté devrait augmenter de 2,6 points de pourcentage (15,9 millions de personnes supplémentaires) pour finir par toucher 83,4 millions de personnes au total.

En outre, parallèlement à l’augmentation de la pauvreté et de l’extrême pauvreté, les inégalités vont également s’accroître dans tous les pays de la région. La CEPALC prévoit une augmentation de l’indice de Gini comprise entre 0,5 et 6,0 %. À nouveau, les pires résultats sont attendus dans les plus grandes économies de la région.

Les auteurs du rapport ajoutent que dans ce scénario de pauvreté et d’inégalités accrues, de larges couches de la population de la région vivent dans des conditions chroniques d’insécurité économique et sont très vulnérables à une perte de revenus du travail. Ainsi, la CEPALC estime qu’environ 10 % des personnes qui se sont retrouvées dans des situations de non extrême pauvreté en 2019 (11,8 millions de personnes) verront probablement leur situation économique se dégrader et souffriront d’extrême pauvreté. Une forte détérioration de la situation des personnes qui appartenaient aux couches moyennes est également prévue.

Selon le rapport, les groupes particulièrement vulnérables à la crise socio-économique sont les femmes, les personnes issues des couches à faibles et moyens revenus, les travailleurs informels, les travailleurs domestiques rémunérés, les enfants et les adolescents, les jeunes, les personnes âgées, les populations rurales, les peuples indigènes, les personnes d’origine africaine, les personnes handicapées, les migrants et les personnes sans domicile fixe.

 

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