SUN Newsletter
Home / Actualités / La stratégie tadjike des 1 000 premiers jours pour améliorer la nutrition et le développement des enfants

La stratégie tadjike des 1 000 premiers jours pour améliorer la nutrition et le développement des enfants

  |   Réseau des pays SUN

© UNICEF/Pirozzi

Le gouvernement tadjik a adopté une stratégie de changement des normes sociales et des comportements dont l’objectif est de lutter contre les retards de croissance et d’améliorer la santé des enfants dans le pays. Cette stratégie de changement des normes sociales et des comportements est la première à être officiellement adoptée dans le pays. Plusieurs partenaires gouvernementaux de différents secteurs ont participé à son élaboration, et l’UNICEF en assure le soutien technique.

Le Tadjikistan affiche le taux le plus élevé de retard de croissance chez les enfants en Europe et en Asie centrale. D’après les résultats de l’enquête nationale de 2016 sur les micronutriments, un peu plus de 21 % des enfants tadjiks âgés de 6 à 59 mois souffrent d’un retard de croissance. 8 % des enfants présentent une insuffisance pondérale, 6 % une émaciation et 1,8 % une émaciation sévère. Les zones rurales qui sont des foyers de pauvreté, dans lesquels l’accès aux soins de santé et aux informations est difficile, sont particulièrement touchées.

Cette stratégie complète l’initiative nationale de Renforcement de la nutrition (SUN) dans le but de faire baisser tous les indicateurs de sous-nutrition du Tadjikistan et de ramener les taux de retard de croissance sous la barre des 17 % avant la fin de l’année 2022. Cette stratégie contribue dans le même temps à un objectif de l’Assemblée mondiale de la Santé, qui est de réduire le taux de retard de croissance au Tadjikistan de 40 % d’ici à 2025.

Un enfant qui souffre de malnutrition est soumis à des risques plus élevés de mortalité, de maladie et de développement tardif. Ses résultats scolaires en pâtissent également. La malnutrition provoque des dégâts considérables, pour la plupart irréversibles, dans le cerveau des enfants et entrave leur développement. Le retard de croissance, qui s’observe par une taille inférieure à la moyenne au même âge, affecte le fonctionnement cérébral, la santé, le développement des organes, le système immunitaire, les capacités cognitives et l’acquisition des connaissances d’un enfant, limitant son potentiel de productivité et, par ricochet, sa productivité potentielle et les résultats en matière de santé pour sa future progéniture.

La période des 1 000 jours séparant la grossesse du deuxième anniversaire de l’enfant est fondamentale, car c’est à ce moment-là que les prémices du développement cognitif et physique de l’enfant sont posées. La Stratégie des 1 000 premiers jours de changement des normes sociales et des comportements vise à valoriser cette période de la vie d’un enfant en encourageant les parents à consulter en préventif, en les responsabilisant et en renforçant les compétences des agents de santé, avec une focalisation particulière sur la nutrition, dans le but de réduire les taux de retard de croissance et d’améliorer la santé de l’ensemble de la population.

© UNICEF/Sadulloev

Parmi les autres objectifs de la stratégie, citons la nécessité de s’assurer que les femmes enceintes/allaitantes et les enfants de moins de 24 mois reçoivent des suppléments en micronutriments conformément aux directives de l’OMS, de veiller à ce que tous les enfants soient vaccinés, d’encourager les femmes enceintes à se présenter aux rendez-vous de soins prénataux et postnataux afin de renforcer leur bien-être physique et psychologique, d’améliorer les connaissances de la communauté quant aux pratiques alimentaires saines pour les enfants, notamment l’allaitement, le tissage de liens avec les nouveau-nés et des méthodes de soin adaptées. Concernant les soins de santé de première instance, cette stratégie vise également à garantir que les agents de santé maternelle et néonatale reçoivent les informations adéquates concernant la nutrition et les problèmes d’hygiène, le développement positif de la petite enfance et le traitement efficace des maladies infantiles courantes.

Compte tenu des travaux déjà engagés au Tadjikistan depuis de nombreuses années, les lacunes de connaissances des personnes s’occupant d’enfants ne sont pas toujours les plus grands obstacles au changement de comportement en matière de retard de croissance. Les mères tadjikes sont réputées devoir assumer la majorité des responsabilités domestiques et de garde d’enfants. Dans certains cas, les initiatives destinées à faire évoluer les comportements exercent une pression supplémentaire sur des femmes déjà accablées de travail en leur demandant de lire et d’apprendre de nouvelles informations, de consulter davantage et de suivre toujours plus d’instructions. Les stratégies de changement des comportements risquent alors d’avoir l’effet inverse à celui qui était prévu : submergée par une masse écrasante d’informations, la population se détourne ou n’accorde plus aucune attention.

Dans ce contexte, même si son objectif est avant tout de renforcer les connaissances des mères, la stratégie des 1 000 premiers jours entend également aider les personnes s’occupant d’enfants à créer un environnement propice à la responsabilisation et au changement comportemental des mères. Il s’agit notamment de renforcer le savoir-faire maternel, d’améliorer l’accès aux services maternels et néonataux, de stimuler les idées innovantes et de faire mieux comprendre l’importance du rôle d’une mère.

La stratégie des 1 000 premiers jours, en instaurant un cadre favorable, présente un potentiel d’impact important sur le comportement des mères, de la famille au sens large et de la communauté.

 

Post A Comment

No Comments