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Le Kenya lance de nouvelles politiques nutritionnelles pour réduire la malnutrition

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De nouvelles mesures visant à lutter contre la malnutrition au Kenya ont été lancées par le gouvernement kenyan à l’occasion du troisième symposium national sur la nutrition, dans le but d’améliorer la santé, la nutrition et la qualité de vie des Kenyans, de renforcer l’immunité contre des maladies comme le COVID-19 et d’accélérer la croissance sociale et économique du pays.

Ces mesures comprennent notamment le Cadre de mise en œuvre visant à garantir un environnement de travail favorable à l’allaitement maternel (2020-2024) et le Plan d’action pour la nutrition au Kenya (2018-2022), tous deux soutenus par l’UNICEF et ses partenaires. Ce plan d’action, qui sera désormais pleinement mis en œuvre, est une stratégie intersectorielle ambitieuse conçue pour lutter contre la malnutrition tout au long de la vie.

« Une bonne nutrition à chaque étape de la vie fait partie des fondements d’une société prospère », a déclaré Mutahi Kagwe, Secrétaire de cabinet au ministère de la Santé. « Pour la première fois, cinq ministères et le conseil des gouverneurs travaillent main dans la main avec une série de partenaires sur un plan d’action multisectoriel pour la nutrition afin d’éradiquer la malnutrition au Kenya une fois pour toutes. »

Selon la dernière enquête démographique et sanitaire du Kenya, plus d’un quart (26 %) des enfants de moins de cinq ans souffrent d’une telle malnutrition qu’ils présentent un retard de croissance ou sont trop petits pour leur âge. Cela a des conséquences à court et à long terme pour l’individu, la société et l’économie. Les taux de retard de croissance atteignent 46 % dans certains comtés comme Kitui et West Pokot. L’enquête montre également que dans tout le pays, plus d’un enfant sur dix (11 %) présente une insuffisance pondérale, 4 % souffrant d’émaciation ou d’un poids insuffisant par rapport à leur taille.

L’étude sur le coût de la faim au Kenya (2019), récemment publiée, montre que cette situation a un coût économique énorme : le pays a perdu 6,9 % de son produit intérieur brut en raison de la dénutrition en l’espace d’un an (2014). Cependant, selon le Cadre d’investissement pour la nutrition au Kenya de l’UNICEF, de la Banque mondiale et du ministère de la Santé (2016), pour 100 shillings investis dans la nutrition, on observe un rendement de 2 200 shillings.

Le Plan d’action pour la nutrition au Kenya (KNAP) présente donc une approche multidimensionnelle pour gérer les causes profondes de la malnutrition, allant des services de santé communautaires à la production alimentaire, en passant par l’éducation, la protection sociale et l’approvisionnement en eau potable.

« Lorsque nous parlons d’une nation prospère, nous devons parler d’investir dans le développement du capital humain. Cela commence par les enfants. Ce n’est que si un enfant est bien nourri qu’il peut se développer et bien grandir, rester en bonne santé, bien apprendre et être capable d’atteindre son plein potentiel », a déclaré Maniza Zamann, représentante de l’UNICEF au Kenya. « Une bonne nutrition renforce également l’immunité, en donnant aux enfants et aux adultes une meilleure protection contre les maladies, y compris le COVID-19. »

Parallèlement au KNAP, le gouvernement lance une série de stratégies de soutien, conçues pour l’aider à atteindre ses objectifs. Ces mesures comprennent :

  • le Cadre de mise en œuvre visant à garantir un environnement de travail favorable à l’allaitement maternel (2020-2024)  Il s’agit d’une feuille de route nationale pour la mise en œuvre et le suivi coordonnés des interventions en faveur de l’allaitement maternel sur le lieu de travail dans les secteurs public et privé.
  • La Stratégie agro-nutritionnelle du Kenya (2020 à 2024) : Cette stratégie vise à garantir l’accès à une alimentation sûre, diversifiée et nutritive, en renforçant la chaîne alimentaire nationale et la production communautaire.
  • La stratégie du Réseau du secteur privé du Mouvement pour le renforcement de la nutrition (SUN) au Kenya (2019 à 2023). Cette stratégie reconnaît le rôle du secteur privé dans l’approvisionnement en aliments sûrs et nutritifs à un prix abordable.
  • Le Cadre de suivi et d’évaluation de la nutrition au Kenya (2018 à 2022). Ce cadre permet au gouvernement et aux partenaires de suivre les progrès et les succès du KNAP.
  • La Fiche d’information nationale sur la nutrition, les directives et les politiques de programmation sur la nutrition de la mère, du nourrisson et du jeune enfant. Ces documents expliquent une série de mesures de soutien que les autorités et les communautés peuvent prendre, qu’il s’agisse de lieux de travail favorables à l’allaitement maternel ou de la supplémentation en vitamine A.

« L’agriculture joue un rôle essentiel dans la nutrition », a déclaré Peter Munya, Secrétaire de cabinet au ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche et des Coopératives. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer la production alimentaire et l’accès à la nourriture au Kenya, afin que chaque enfant, adulte et personne âgée puisse être bien nourri et en bonne santé. Dans le cadre de ces efforts, nous avons élaboré la stratégie agro-nutritionnelle en collaboration avec nos partenaires. »

Au niveau local, 18 comtés ont également formulé leurs propres plans d’action pour la nutrition (CNAP), certains ayant déjà été lancés et d’autres devant l’être dans le mois à venir.

« S’attaquer à la malnutrition est un effort d’équipe – qui exige des chefs d’entreprise qu’ils travaillent en partenariat avec le gouvernement, la société civile et les consommateurs pour s’assurer que des aliments sûrs et nutritifs sont disponibles et abordables pour tous », a déclaré Leah Kaguara, directrice nationale de GAIN et responsable du Réseau du secteur privé SUN.

Le travail de l’UNICEF Kenya pour lutter contre la malnutrition consiste à travailler avec les communautés et les professionnels de la santé, à soutenir le renforcement des systèmes alimentaires pour améliorer les régimes alimentaires et à aider le gouvernement dans ses politiques et programmes à l’échelle du pays ou des comtés.

« Pour que ces politiques soient traduites en résultats au niveau humain, nous devons investir et voir des budgets suffisants alloués et bien utilisés pour les actions tant au niveau national que dans les comtés », a déclaré Maniza Zaman, de l’UNICEF. « L’UNICEF, avec les autres organismes des Nations Unies, continuera à travailler en partenariat avec le gouvernement et d’autres acteurs pour stimuler la nutrition et la prospérité dans tout le Kenya. »

• Plan d’action pour la nutrition du Kenya 2018-2022  – Télécharger

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