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Le Mexique se sert du programme de protection sociale PROSPERA pour la lutte contre la malnutrition

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Doctor looks at boy's throat in medical examination. Mexico. Photo: © Curt Carnemark / World Bank

Médecin examinant la gorge d’un garçon Mexique. Photo : © Curt Carnemark / Banque mondiale

Malnutrition au Mexique

Malgré d’importants progrès dans la réduction de la pauvreté, des segments importants de la population mexicaine sont toujours confrontés à des problèmes d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Selon le ministère du Développement social (SEDESOL), en 2012, 27,4 millions de personnes (23,3 % de la population totale) ont signalé des privations liées à l’accès aux aliments. La prévalence de la privation liée à l’accès à l’alimentation est particulièrement élevée chez les autochtones (35,4 %), les jeunes (28,1 %) et les personnes handicapées (31,2 %).

Les plus forts taux de retard de croissance se retrouvent dans la région du sud du Mexique, qui comprend les États les plus pauvres du pays, comme Oaxaca, Guerrero, Yucatan et Chiapas. Dans les zones rurales du Chiapas, 44,2 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance, soit plus de deux fois la moyenne nationale pour les zones rurales. À l’autre extrémité du spectre, les taux d’obésité au Mexique ont augmenté de façon constante depuis 2000 chez les hommes et les femmes, et sont maintenant parmi les plus élevés au monde, à 32,8 pour cent pour les adultes (2012). L’obésité est plus fréquente chez les pauvres et moins instruits, et elle augmente même chez les enfants (14,6 % de prévalence de l’obésité chez les enfants d’âge scolaire en 2012).

Efforts de lutte contre la malnutrition dans le pays

Le gouvernement du Mexique reconnaît la sécurité alimentaire et l’amélioration de l’état nutritionnel comme des éléments fondamentaux de sa stratégie de réduction de la pauvreté en raison de leur répercussion sur la productivité de la population à long terme. Parallèlement, les données probantes à l’échelle internationale montrent l’importance des démarches multisectorielles pour de plus fortes répercussions sur l’état nutritionnel de la population.

L’accès au revenu, aux services de santé et de nutrition, à la diversité alimentaire et aux soins de santé sont des éléments essentiels d’une stratégie efficace de lutte contre la malnutrition. De nombreux programmes et ressources visent à relever ce défi qui est d’envergure au Mexique, mais l’éparpillement des programmes et le manque de coordination demeurent des obstacles majeurs. Pour y remédier, le gouvernement a récemment démultiplié ses efforts pour améliorer la coordination, réduire l’éparpillement et la duplication des programmes et mettre en œuvre des approches intégrées.

Le programme PROSPERA

Financé par le Gouvernement du Mexique, le Groupe de la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement, le programme PROSPERA est un programme de transfert conditionnel d’argent (CCT) et de suppléments alimentaires et nutritionnels lancé en 1997 sous le nom  » Progresa « , changé en  » Oportunidades  » En 2002 puis en  » PROSPERA  » en 2014). Son objectif est de renforcer les droits sociaux des pauvres en améliorant leurs compétences, en particulier leurs compétences en matière de nutrition, de santé et d’éducation, et en concourant à briser le cycle de la pauvreté intergénérationnelle.

En avril 2016, le programme a ciblé 6,1 millions de ménages (25,5 millions de personnes), dont 293 060 femmes enceintes à travers des ateliers sur l’allaitement maternel et 1 453 382 d’enfants de moins de cinq ans à travers des ateliers sur la santé. PROSPERA est conçu pour répondre à trois problèmes clés dans le pays : faible utilisation des services de santé, niveau élevé de malnutrition chronique et faible fréquentation des écoles. Il comprend trois volets : 1) un soutien monétaire direct aux familles bénéficiaires; 2) un programme nutritionnel de base et des suppléments nutritionnels pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes et allaitantes; et 3) les bourses d’études pour les écoles primaires, secondaires, ainsi que les universités et les écoles professionnelles.

Quelle est l’apport de PROSPERA à la nutrition ?

Dans le cadre de PROSPERA, les transferts d’argent sont exécutés à l’avantage des bénéficiaires sur la base de coresponsabilités spécifiques pour l’utilisation des services de santé et de nutrition et la participation aux séances d’éducation en matière de santé et de nutrition. Ces coresponsabilités sont entre autres, les visites régulières des centres de santé par tous les membres de ménage, la participation aux ateliers mensuels d’information sur la santé par au moins un membre adulte de la famille, l’inscription des enfants et des jeunes de moins de 21 ans à l’école et le taux de fréquentation scolaire d’au moins 85 pour cent de ceux compris entre la 3e année du primaire et la 3e année du secondaire.

En outre, dans le cadre de la Stratégie de nutrition intégrée (ESIAN), l’intervention nutritionnelle cible les femmes en âge de procréer et les enfants de moins de cinq ans et promeut les bonnes habitudes alimentaires de diverses manières. La première consiste à distribuer un nouvel ensemble de suppléments pour suivre les femmes de leur grossesse à un an après l’accouchement. La deuxième consiste en la distribution de suppléments pour les enfants de six à 59 mois. La troisième consiste à conseiller les mères et les familles. La quatrième consiste en l’approvisionnement des centres de santé en un équipement spécifique pour l’évaluation de l’état nutritionnel dans le diagnostic de l’anémie. La cinquième consiste en la sensibilisation et au renforcement de capacité du personnel de santé et le personnel communautaire de PROSPERA pour effectuer des interventions de base ; ainsi qu’au conseil des mères sur l’utilisation des meilleures pratiques.

Afin d’aborder les problèmes des groupes autochtones, particulièrement touchés par la malnutrition mais confrontés à des obstacles culturels et linguistiques, le programme adapte ses communications en utilisant les langues autochtones et les stratégies de communication locales. De janvier à avril 2015, 567 299 ateliers ont été organisés, portant notamment sur la nutrition et la santé, l’adolescence et la sexualité, le surpoids et l’obésité, et le développement de la petite enfance.

Résultats de PROSPERAS en matière de nutrition

Les résultats en matière de nutrition sélectionnés et résumés des enquêtes les plus récentes (2007 pour les zones rurales et 2009 pour les zones urbaines) montrent :

  • Une utilisation accrue des services de santé – en particulier des services de prévention parmi les bénéficiaires
  • Une utilisation accrue des soins prénatals
  • La réduction de la probabilité que les adolescents prennent des comportements à risque
  • La réduction de l’obésité et des maladies chroniques parmi les participants au programme
  • L’augmentation de la consommation d’aliments
  • La réduction de la prévalence du retard de croissance et de l’anémie chez les enfants de moins de deux ans
  • La réduction de la prévalence de l’anémie chez les femmes enceintes de 17 à 22 ans
  • La réduction de l’anémie chez les enfants de six à 59 mois

Dans l’ensemble, les changements les plus importants ont été observés chez les femmes et les populations autochtones, bien qu’il existe un lien général entre la durée de participation du bénéficiaire au programme et les meilleurs résultats en matière de nutrition et de santé.

This article originates from the Compendium of Case Studies Leveraging Social Protection Programs for Improved Nutrition, which was produced by SecureNutrition with funding from the Russian Federation. It is one of a suite of knowledge products—including an evidence review, a forum report, and a seminar series—that all result from the Global Forum on Nutrition-Sensitive Social Protection Programs in Moscow in September 2015. The goal of SecureNutrition is to support the efforts of World Bank Group staff to catalyze and foster nutrition-sensitive investments and activities across the key conditions that lead to poor nutrition. Visit http://www.securenutrition.org/ to find out more.

This In Practice article is part of a series to be shared via the SUN Movement website throughout 2017 in collaboration with SecureNutrition to help build the dialogue on nutrition-sensitive social protection programs.

Recueil d’études de cas : Tirer parti des programmes de protection sociale pour une meilleure nutrition

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Revue sur les faits probants : Tirer parti des programmes de protection sociale pour une meilleure nutrition

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Rapport sur les conclusions du Forum Mondial

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