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Le pouvoir du peuple : comment des responsables des communautés s’attaquent à la malnutrition au Mali

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Des responsables locaux dévoués, soutenus par le Fonds commun du Mouvement SUN, produisent des résultats pour leurs communautés au travers de plateformes multisectorielles

À la suite de la révision de la Constitution du Mali en 2017, reconnaissant le droit à l’alimentation et à une nutrition adéquate comme un droit constitutionnel pour les Maliens, le renforcement du plaidoyer auprès des décideurs à différents niveaux a été épinglé comme une priorité majeure et défini comme une mission pour les acteurs de la société civile en matière de nutrition au Mali. Dans ce contexte, le bénéficiaire du Fonds commun du Mouvement SUN, le Centre Sahélien de Prestation, d’Etudes, d’Ecodéveloppement et de Démocratie Appliquée (CSPEEDA) a été sélectionné pour renforcer la capacité des organisations de la société civile et faciliter leur participation aux processus nationaux et régionaux de coordination de la nutrition. En plus de se concentrer sur les résultats liés aux ressources financières et à la responsabilité, le CSPEEDA est également parvenu à intégrer et engager des dirigeants locaux dans ses projets. Le Fond commun couvre 4 régions sur 10 officielles et le district de Bamako (où est basée l’alliance nationale). Lors du forum régional, tous les décideurs des quatre régions se sont engagés à créer une plateforme au niveau local sous le leadership des préfets et à l’étendre dans les communes, sous le leadership des sous-préfets. A ce jour il existe une plateforme multisectorielle à Kayes et à Koulikoro, présentement ils sont dans une dynamique d’extension dans les communes.

Région de Kayes au Mali – Photo : CC BY-SA 3.0

Le CSPEEDA a obtenu l’accord et l’engagement de 17 parlementaires ainsi que de 10 élus municipaux de l’Association des municipalités du Mali (AMM), qui plaident désormais en faveur d’une place pour la nutrition dans les processus décisionnels clés liés à la législation, à la formulation des politiques, à la planification et à la budgétisation.

Le CSPEEDA a également réussi à obtenir l’engagement de 15 ambassadeurs de la nutrition, parmi lesquels Bernard Coulibaly, afin qu’ils attirent davantage l’attention sur l’importance de la nutrition. En tant que préfet de cercle comprenant la ville de Kayes, chef-lieu de la région de Kayes, il est le représentant direct de l’État au niveau des cercles et a la capacité de mobiliser tous les acteurs compétents (y compris les sous-préfets au niveau des communes).

Bernard Coulibaly a montré qu’avec une participation active des autorités administratives (préfets et sous-préfets) et un engagement approprié, la malnutrition peut appartenir au passé.

 


Il est poignant de voir des enfants souffrir de malnutrition. Aucune famille ne mérite cela. Si, en tant qu’autorités locales, nous ne faisons rien, personne ne le fera. Il s’agit de nos citoyens

Bernard Coulibaly, préfet de Kayes et ambassadeur de la nutrition


 

© UNICEF/UN0119046/Sokhin

Fervent partisan des programmes de nutrition depuis de nombreuses années, Bernard Coulibaly supervise la planification de la nutrition et sa mise en œuvre cohérente dans tous les secteurs concernés de son district. En tant que préfet, il a fait le meilleur usage de son autorité et a rendu obligatoire pour les autorités gouvernementales sectorielles décentralisées au sein du district de rendre compte des progrès réalisés en matière de nutrition. Il a même réussi à étendre cette pratique aux niveaux infranationaux les plus bas.

La prise de conscience de l’importance d’une alimentation saine a aidé divers représentants sectoriels infranationaux à accroître la fourniture ou la couverture des services de nutrition aux populations et à réaliser des changements au sein de la communauté. Dans la ville de Kayes, le service technique local de la pêche s’est engagé à former toutes les communes et à les doter d’étangs. Le service hydraulique local s’est engagé pour sa part à répertorier tous les points d’eau potable dans toutes les écoles du district, le tout soutenu par un cadre commun de résultats.

Grâce au leadership de Bernard Coulibaly, l’engagement et la participation efficaces des autorités administratives en faveur de la nutrition au niveau local et communal permettent, grâce à une approche multisectorielle, d’améliorer l’état nutritionnel de chacun. Grâce à son plaidoyer, 8 communes ont déboursé leur contribution à la référence évacuation des urgences obstétricales dans les 3 mois qui ont suivi l’atelier, alors que ces fonds avaient été très difficiles à mobiliser jusque-là. Par ailleurs, il a aussi proposé et soutenu avec succès l’inclusion des enfants malnutris dans ce système de référence évacuation afin qu’ils puissent en bénéficier au même titre que les urgences obstétricales.

Des défis restent à relever, comme la mise en place de plateformes communales dans toutes les communes du cercle et la création de plateformes multisectorielles aux niveaux régional puis national, mais l’exemple de l’engagement local montre qu’il existe des solutions simples et rentables pour prévenir la malnutrition. En effet, pour chaque dollar investi dans la lutte contre la malnutrition, on estime qu’un pays gagne 16 dollars supplémentaires grâce à une productivité accrue. Vu sous cet angle, investir dans la prévention de la malnutrition peut libérer non seulement le potentiel de tous les enfants, mais aussi celui de toute une nation.

La volonté politique joue un rôle important dans cette lutte, menée par des responsables locaux comme Bernard Coulibaly. À cet égard, le CSPEEDA s’est montré efficace : Bernard Coulibaly a accepté d’être un ambassadeur de la nutrition du Mouvement SUN à vie.

 

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