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L’égalité des genres dans la lutte contre la malnutrition au Guatemala

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

©FAO/Riccardo De Luca

Dans le monde, 60 à 80 % des petits exploitants agricoles sont des femmes. Elles se chargent de cultiver et de récolter plus de la moitié de la nourriture produite chaque année sur la Terre. Pourtant, la majorité des femmes qui consacrent leur vie entière aux activités agricoles doit faire face à de nombreuses formes de discrimination qui les empêchent d’être les garantes de la sécurité alimentaire de leur foyer. « Nous savons très bien que les femmes jouent un rôle essentiel dans l’atteinte des Objectifs de développement durable » nous rappelle Daniel Gustafson, directeur général adjoint de la FAO. « Dans ce domaine, l’expérience guatémaltèque est très intéressante et les résultats obtenus dans ce pays sont très satisfaisants » précise-t-il.

Le gouvernement du Guatemala a décidé d’inclure la problématique de genre dans ses programmes nationaux de soutien à l’agriculture familiale (PAFFEC) et de lutte contre la dénutrition (ENPDC). « Le défi auquel nous devons faire face est de permettre une transversalité de l’égalité des genres dans tous les programmes et initiatives prioritaires du ministère » indique Felipe Orellana, vice-ministre du Développement économique rural du Guatemala. Le cas du Guatemala a été présenté ce mercredi lors d’un évènement qui s’est tenu dans les locaux de la FAO à Rome (en Italie), en marge du Comité de la sécurité alimentaire mondiale.

Les données traitées par la FAO indiquent que si les exploitantes agricoles avaient autant accès que les hommes aux ressources et outils de production comme la terre, le rendement de leurs exploitations augmenterait de 20 à 30 %. « Une intégration des femmes est essentielle si l’on souhaite leur donner plus de moyens et plus de droits » confirme Juan Carlos Carías, secrétaire du Secrétariat de la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Guatemala, un pays où seulement 7,8 % des propriétaires de terres sont des femmes. « Pour cela, il faut que les institutions disposent d’un mandat politique pour encourager l’égalité hommes-femmes » explique monsieur Carías devant un parterre de délégués des états membres des Nations Unies et de représentants de plusieurs organisations et agences internationales, d’ONG et du secteur privé.

©FAO/Riccardo De Luca

« Il faut permettre aux femmes, tout particulièrement celles des milieux ruraux, de participer de manière pleine et entière à la prise de décisions » insiste Karin Larissa Herrera d’INCOPAS, l’instance de consultation et de participation sociale qui représente la société civile guatémaltèque sur les questions en lien avec l’éradication de la faim et de la malnutrition sous toutes ses formes.

Ricardo Rapallo, représentant officiel de la sécurité alimentaire de la FAO en Amérique latine, nous rappelle que 39 millions de Latino-américains ne mangent pas à leur faim et que les données ventilées semblent indiquer que ce sont les femmes qui souffrent le plus de la faim. La faim dans le monde a progressé ces deux dernières années et les membres du panel ont insisté sur l’importance de faire en sorte que la sécurité alimentaire et nutritionnelle reste une priorité.

Pour réaliser des avancées durables dans ce domaine, les participants invitent la communauté internationale à tirer les leçons de l’expérience guatémaltèque et à adopter une approche plus globale visant à l’intégration de l’égalité des genres dans les programmes et politiques. « Donner les moyens aux femmes de renforcer leur autonomie est le meilleur investissement à faire » maintient Willem Olthof, chef adjoint de l’unité de développement rural à la Direction générale de coopération internationale et de développement (DEVCO) de la Commission européenne.

Grâce à son programme conjoint FIRST, l’Union européenne et la FAO soutiennent l’intégration des questions de genres dans la mise en place de politiques en lien avec la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable. « Nous avons réalisé des avancées considérables mais les disparités liées au genre restent grandes dans les zones rurales et il faut poursuivre notre travail pour que les politiques changent réellement la vie des gens » explique José Valls, représentant officiel des politiques du FIRST au Guatemala. Ce programme sera mis en place en même temps que la politique récemment approuvée en faveur de l’égalité des genres et instaurée suite à l’engagement du ministère guatémaltèque de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Alimentation d’intégrer les questions de genre dans tous ses domaines de travail.

 

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