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Photo: Diego Fernández

Les acteurs non traditionnels alignent leurs priorités en matière de nutrition en Papouasie-Nouvelle-Guinée

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

* Article publié initialement par le Réseau des Nations Unies


Photo: Diego Fernández

Photo : Diego Fernández Gabaldón

Une combinaison inhabituelle de facteurs caractérise le profil nutritionnel de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), située sur la moitié orientale de la Nouvelle-Guinée en Mélanésie. Pour une population essentiellement rurale de huit millions d’habitants, dont seulement 18 % vivent dans des zones urbaines, le retard de croissance touche un enfant sur deux de moins de cinq ans, soit environ le double de la moyenne de 25 % des pays en développement. Les causes, qui découlent de la pauvreté, comprennent, entre autres, les problèmes environnementaux et l’accès difficile aux marchés. Ces chiffres proviennent de l’enquête sur les revenus et les dépenses des ménages de Papouasie-Nouvelle-Guinée, menée en 2009-2010. L’absence de données plus récentes met en évidence deux domaines qui nécessitent une attention urgente si l’on veut améliorer la gouvernance en matière de nutrition : le renforcement des capacités et l’allocation budgétaire.

« En PNG, il n’y a pratiquement pas de donateurs. Si vous parlez de nutrition, il n’y a pas de concurrence pour l’espace. Pas de frottement pour les mêmes ressources. Vous devez générer vos propres ressources internes, en raison de son statut de pays à revenu intermédiaire inférieur », a expliqué Hanifa Namusoke, spécialiste de la nutrition pour l’UNICEF, qui a travaillé en PNG de 2015 à 2019.

La Banque mondiale classe la PNG parmi les pays à « revenu faible à intermédiaire ». L’agriculture et l’élevage, la sylviculture, les mines et le pétrole sont les trois principales sources de revenus. Ce statut a un effet dissuasif sur les donateurs. Ceux qui financent des interventions en matière de nutrition dans les pays à statut économique inférieur ne sont pas actifs en PNG. Cependant, de la même manière que la pandémie de COVID-19 a apporté quelques avantages inattendus, ce statut confère également à la PNG un avantage caché. Faute de fonds des donateurs, les partenaires du développement ont dû se regrouper, avec plus d’urgence qu’ils ne le feraient dans un autre environnement, pour aligner leurs efforts sur ceux du gouvernement et avoir des répercussions sur la population locale.

Cela a donné lieu à la participation d’agences moins « traditionnelles » des Nations Unies au Réseau des Nations Unies. Aux côtés de membres attendus comme le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds d’équipement des Nations Unies (FENU) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont joué un rôle actif dans la sphère de la nutrition. Même si les collègues des Nations Unies ne désignent pas le groupe comme le Réseau des Nations Unies en tant que tel, il existe une collaboration considérable en matière de nutrition entre ces agences et des arrangements institutionnels intéressants pour ce faire. Ces efforts ont été renforcés par le coordinateur résident des Nations Unies de l’époque, Roy Trivedy, qui a joué un rôle essentiel dans l’acceptation du Plan d’action stratégique national pour la nutrition 2018-2022, dont le coût a été chiffré.

Deux organes de coordination : le groupe « Peuple » et le groupe « Prospérité »

Les coalitions pour la coordination multisectorielle sont divisées en deux groupes, articulés par le Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD) 2018-2022 : le groupe « Peuple » et le groupe « Prospérité ». Ce lien est important pour formaliser l’architecture de coordination des Nations Unies en matière de nutrition et pour susciter l’adhésion des agences. Comme il est le plus grand des deux, le groupe « Peuple » couvre les secteurs de la santé, de la nutrition, du VIH/SIDA, de la violence sexiste et de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH). Parallèlement, le groupe « Prospérité » examine des questions similaires sous l’angle économique. Ces coalitions clarifient les priorités à présenter aux dirigeants des Nations Unies et du gouvernement.

Photo : Diego Fernández Gabaldón

La coordination se fait au sein de chaque groupe ainsi qu’entre eux. Ils ont travaillé ensemble pour élaborer la première Politique nationale de nutrition de la PNG (2016-2026) ainsi qu’un Plan d’action stratégique qui a été achevé en 2018, révisé en 2019 et lancé en octobre de la même année. Actuellement, les deux groupes se concentrent sur la réduction des niveaux de retard de croissance alarmants du pays (50 % au niveau national) lorsqu’ils plaident en faveur d’une politique nutritionnelle auprès des autorités locales.

Un système de présidence unique comprend deux présidents et deux coprésidents. L’UNICEF assure la présidence et l’OMS la coprésidence du groupe « Peuple », tandis que le FENU (présidence) et la FAO (coprésidence) se chargent conjointement du groupe « Prospérité ».

La planification de groupe se traduit par des mandats individuels pour des organisations individuelles telles que l’UNICEF ou le PNUD. La PNG est partie à l’initiative « Unis dans l’action », qui renforce les efforts de lutte contre le retard de croissance et le gaspillage dans le cadre de l’objectif de développement durable 2 (ODD 2), entre autres. L’UNICEF se concentre sur des interventions directes en matière de nutrition, comme l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, et la FAO apporte son concours en offrant son assistance technique en matière d’agriculture sensible à la nutrition. Un troisième partenaire, la Banque mondiale, a accordé un prêt pour soutenir ces deux politiques.

En 2011, le retard de croissance n’a pas été placé parmi les domaines de résultats de la PNG dans le PNUAD 2012-2017, un oubli aux conséquences désastreuses. Dans le dernier PNUAD 2018-2022, le retard de croissance est désormais pointé comme un résultat direct du groupe « Peuple ». Un troisième exemple est le soutien apporté par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’UNICEF aux cliniques de santé dans les zones rurales où les agents de santé organisent des séances d’information avec les mères sur l’autonomie en matière de soins, les techniques parentales et la nutrition.

Intégration avec les collectivités locales

En 2018-2019, le Réseau des Nations Unies a collaboré avec le Réseau des alliances de la société civile du Mouvement SUN afin que le Premier ministre et le ministre de la Planification et du Suivi deviennent des « Ambassadeurs de la nutrition ». En outre, le Réseau des Nations Unies a fourni une assistance technique aux organisations de la société civile (OSC) et aux universités dans le cadre des activités de recherche liées à la nutrition qui ont contribué aux activités de plaidoyer. Ensemble, ces efforts ont permis à la nutrition d’occuper une place plus importante dans l’agenda politique, ce qui a conduit le Premier ministre à lancer un appel à l’action pour lutter contre la malnutrition un ménage à la fois.

 

• Lire l’article complet sur le site du Réseau des Nations Unies : Non-traditional actors align nutrition priorities in Papua New Guinea

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