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Les adolescentes indonésiennes utilisent leur smartphone pour lutter contre l’anémie

  |   Réseau de la société civile SUN, Réseau des pays SUN

* Récit par Radhika Srivastava, responsable du plaidoyer régional et de la communication de Nutrition International, Asie, publié initialement par Nutrition International


Pouvant s’élever à 30 % ou même 40 % dans certaines provinces, le taux d’anémie chez les adolescentes indonésiennes constitue un problème majeur de santé publique. En collaboration avec le gouvernement d’Indonésie, Nutrition International soutient un programme de supplémentation en fer et en acide folique (SFAF) permettant de sensibiliser quelque 8 913 élèves à la nutrition et de leur distribuer chaque semaine des comprimés de fer et d’acide folique.

L’initiative SFAF fait prendre aux adolescentes la responsabilité d’un certain nombre d’activités, ce qui améliore leurs compétences de leader et les fait prendre activement et pleinement part à un programme élaboré pour elles. Plusieurs éléments pensés par celles-ci ont été intégrés au concept global, notamment l’utilisation des réseaux sociaux pour assurer un meilleur suivi.

En Indonésie, les 16 à 24 ans représentent près de la moitié des internautes du pays, avec une moyenne de cinq heures par jour passées sur leur smartphone. Tirant parti du fort taux de connexion à internet parmi les adolescents, les élèves du secondaire ont recours à leur téléphone pour résoudre un problème : le manque de suivi durant les vacances scolaires.

En période scolaire, le suivi est relativement aisé. Les enseignants sont formés à conseiller les élèves et à vérifier la prise des comprimés. Mais lorsque les écoles ont fermé leurs portes en été, à l’automne et avant les examens, vérifier que les adolescentes prenaient leurs comprimés de fer et d’acide folique s’est avéré quasiment impossible.

« Nous distribuions les comprimés à l’avance en espérant que les élèves les prennent », explique Rizqya Giajeng Kartika, une enseignante du district de Banyuwangi situé dans l’est de Java. « Il n’y avait aucun moyen de contrôler la prise des suppléments. Nous nous sommes dits qu’il fallait y remédier pour éviter que le programme soit sans surveillance. »

Lorsque les élèves se sont retrouvées plus impliquées dans le programme, elles ont pris part à la recherche d’une solution.

« Comme il nous avait été demandé de veiller à ce que nos amies prennent leurs comprimés de fer et d’acide folique, nous devions trouver un moyen de le vérifier lors des vacances scolaires », raconte Revina, une élève du secondaire. « Puisque nous sommes en contact sur les réseaux sociaux durant les vacances, nous avons décidé d’utiliser WhatsApp comme plateforme pour nous assurer que toutes les élèves prennent leurs comprimés », précise Ambar, âgée de 16 ans. « Nous avons créé un groupe WhatsApp pour chaque classe pour envoyer des rappels concernant la prise hebdomadaire des suppléments. »

Bien que les rappels et les réponses publiés sur les réseaux sociaux aient permis d’encourager et de surveiller la prise hebdomadaire des comprimés de fer et d’acide folique, ce n’était pas suffisant. « Nous ne savions toujours pas si les filles avaient pensé à prendre leurs comprimés », explique Revina.

 

Il en a résulté un ajout d’une approche proactive et amusante pour le suivi via WhatsApp. « Nous demandions à toutes les filles de faire un selfie au moment de la prise des suppléments et de le publier sur le groupe », raconte Ambar. « Tout a le monde a apprécié l’initiative et de nombreuses photos ont été publiées en peu de temps. Les garçons de la classe ont joué le jeu et publié des messages d’appréciation sur le groupe, ce qui a renforcé la motivation des filles. »

Vu l’engagement dont a fait preuve l’ensemble des élèves sur les groupes WhatsApp, ces plateformes sont désormais utilisées également pour partager des messages relatifs à la santé et à la nutrition. « Nous savons que les jeunes comme nous préfèrent être informés sur leur téléphone plutôt que via un morceau de papier », explique Ambar. « De plus, c’est facile et rapide à partager et nous pouvons avoir une conversation sans devoir nous rendre les uns chez les autres. »

L’enseignante Retno Sulistyani, responsable du programme SFAF, apprécie grandement la possibilité d’améliorer la nutrition de ses élèves en ayant recours à la technologie.

« En tant qu’enseignants, nous tirons également parti des réseaux sociaux », précise-t-elle. « Le puskesmas (centre de santé communautaire) m’envoie souvent des messages traitant de la nutrition sur un groupe WhatsApp créé pour les enseignants que je peux partager facilement sur les groupes des élèves. »

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