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Les agences des Nations Unies appellent à une paix durable pour éviter de nouvelles crises alimentaires au Soudan du Sud

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN

© WFP/Lara Atanasijevic

Un conflit interminable et l’insécurité permanente qui a marqué la période de soudure ont amené 6,1 millions de personnes – soit près de 60 % de la population évaluée – à sombrer dans la faim extrême dans le Soudan du Sud, mais la situation pourrait s’améliorer si une paix durable s’installe, ont déclaré aujourd’hui trois agences des Nations Unies.

Quelque 6,1 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire considérée comme en phase de « crise », d’« urgence » ou de « catastrophe » (Phases 3, 4 et 5 de l’IPC ), selon un rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) publié récemment.

Le rapport indique que l’aide humanitaire à grande échelle fournie dans de nombreuses régions du pays est le seul facteur qui a empêché d’aboutir à un résultat encore plus dramatique.

En réponse aux conclusions du rapport, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont appelé à une paix durable dans tout le pays et à un accès sans entrave et sécurisé à toutes les régions, où les populations ayant survécu aux combats n’ont plus rien et ont besoin d’une aide vitale. Si cet objectif peut être atteint et que le financement international est poursuivi, les projections de l’IPC indiquent une amélioration des perspectives pendant le reste de l’année et jusqu’en 2019, bien qu’elles restent préoccupantes.

« Plus de 6 millions de vies brisées par la faim, c’est tout simplement trop ! », a déclaré Pierre Vauthier, représentant par intérim de la FAO au Soudan du Sud. « Évaluation après évaluation, nous constatons que le conflit est le principal facteur de cette situation désespérée, car elle empêche les agriculteurs de rétablir leur situation. Nous touchons autant de personnes que possible dans presque tous les comtés, mais il est essentiel de mettre fin au conflit et de maintenir la paix pour prévenir la détérioration d’une situation d’insécurité alimentaire déjà grave. La seule chose qui empêche actuellement la population du Soudan du Sud de sombrer dans une famine généralisée, c’est l’aide humanitaire de grande ampleur. Si la paix s’installe, elle doit s’accompagner d’un programme de résilience visant à rétablir la capacité de la population du Soudan du Sud à produire sa propre nourriture et à chasser le spectre de la faim. Ce rapport de classification de la sécurité alimentaire montre clairement que si les populations du Soudan du Sud vivent en paix, elles seront en mesure d’améliorer leur résilience et leur situation en matière de sécurité alimentaire. »

Les taux de malnutrition aiguë sont toujours critiques

La situation en matière de nutrition reste critique dans de nombreuses zones touchées par une grave insécurité alimentaire, avec environ 1,2 million d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition sévère. Les taux de malnutrition aiguë globale (MAG) ont été supérieurs à 20 % – dépassant le seuil d’urgence de 15 % fixé par l’OMS – pendant la période de mars à mai dans les anciens comtés de Renk, Nyirol, Duk, Twic East et Pibor (région du Grand Nil supérieur).

L’augmentation de la malnutrition aiguë est due à une grave insécurité alimentaire, à un conflit et à des déplacements de population généralisés, à un faible accès aux services, à une morbidité élevée, à des régimes alimentaires extrêmement déficients et à des conditions médiocres d’assainissement et d’hygiène.

SouthSudan’s manmade conflict has pushed nearly 60% of its people into extreme hunger, new food reports show. Peace efforts must ramp up to prevent mass starvation. pic.twitter.com/nrRtgHiY4S

— Jan Egeland (@NRC_Egeland) 2 octobre 2018

La famine se généralise à mesure que l’accès humanitaire se réduit.

Les sept comtés où l’on trouve des personnes classées en phase « catastrophe » (Phase 5 de l’IPC) sont particulièrement préoccupants. Ils sont situés dans les anciens États d’Unité, des Lacs, de Jonglei, du Haut-Nil et du Bahr el Ghazal occidental, où des populations ont été piégées dans un conflit qui a resurgi et s’est généralisé au cours des derniers mois, les coupant parfois de toute aide humanitaire. En février 2017, la famine a été déclarée dans deux de ces sept comtés (Leer et Mayendit dans l’ancien État d’Unité). Bien que la famine ait été vaincue en juin 2017, le manque d’accès à ces zones empêche les organisations humanitaires d’avoir une bonne compréhension des besoins actuels. Dans ces régions, la faim est provoquée par les déplacements liés au conflit, les perturbations des moyens de subsistance et des marchés, le manque d’accès aux services sociaux et les limitations des échanges imposées par l’inaccessibilité des routes pendant la saison des pluies.

« Les taux extrêmement élevés de famine dans le Soudan du Sud sont entièrement causés par un conflit causé par l’homme », a déclaré Simon Cammelbeeck, directeur national par intérim du PAM au Soudan du Sud. « Nous craignons que la poursuite des conflits dans certaines parties du pays expose la plupart des gens au risque de faim. Nous espérons que le dernier accord de paix apportera de réels changements sur le terrain. Après cinq années de guerre civile (et des décennies de combat avant l’indépendance), les Sud-soudanais, en particulier les personnes déplacées et les réfugiés, ont besoin de la paix pour pouvoir rentrer chez eux et reconstruire leurs vies. »

Mesures prises à ce jour

À ce jour, la FAO a fourni des semences et des outils agricoles à près de 2,7 millions de personnes au cours de la principale campagne de semis pour leur permettre d’accroître leur production de céréales. Au cours de la saison de plantation, la FAO a distribué plus de 4 800 tonnes de semences, soit la plus grande quantité à ce jour. La FAO soutient également les pêcheurs et les éleveurs nomades, notamment en fournissant des services de santé animale essentiels pour protéger le bétail. Cette aide est vitale, car de nombreux Sud-Soudanais dépendent de leur bétail pour leur survie.

L’UNICEF et ses partenaires ont admis 147 421 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère dans divers programmes de traitement ambulatoires et centres de stabilisation depuis janvier 2018. Cela correspond à 69 % de l’objectif de 215 312 enfants pour 2018 et à 55 % des 269 140 de l’ensemble des cas de malnutrition aiguë sévère (MAS) diagnostiqués cette année. Parmi les enfants admis dans les centres de traitement et de stabilisation, 89 % quittent l’établissement complètement rétablis.

Le PAM fournit des produits alimentaires d’urgence, des vivres en échange de travaux visant à construire et réhabiliter les biens communautaires, des aliments pour les repas scolaires et des produits spéciaux pour la prévention et le traitement de la malnutrition chez les enfants, les femmes enceintes et les femmes allaitantes. À ce jour en 2018, le PAM a réussi à toucher 4,7 millions de personnes et à leur fournir une aide vitale. Tout en répondant actuellement aux besoins alimentaires et nutritionnels, le PAM se prépare à faire face à des besoins croissants en 2019. Dans le cadre de son intervention, le PAM prévoit de fournir 310 000 tonnes de produits alimentaires pendant le premier semestre de 2019. Sur ce nombre, 175 000 tonnes seront prépositionnées dans 60 entrepôts avant le début de la saison des pluies en juin. Le prépositionnement des stocks alimentaires permettrait au PAM d’économiser jusqu’à 100 millions de dollars, les parachutages d’aide alimentaire étant six fois plus chers que les livraisons par voie routière ou fluviale.

 

Cadre intégré de classification de sécurité alimentaire – Soudan du Sud

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