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Les dirigeants mondiaux s’engagent à s’attaquer à la crise alimentaire et nutritionnelle

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Les gouvernements du Canada et du Bangladesh, en partenariat avec le gouvernement du Japon, ont organisé aujourd’hui le lancement virtuel de l’Année d’action  « Nutrition pour la croissance », donnant ainsi le coup d’envoi à une année d’efforts visant à faire face à une crise alimentaire et nutritionnelle qui a été exacerbée par la pandémie de COVID-19. L’événement a donné lieu à des engagements financiers, nouveaux ou renouvelés, représentant plus de 3 milliards USD de la part de diverses parties prenantes, dont le gouvernement du Canada, le gouvernement du Pakistan, World Vision International, l’UNICEF et la Banque mondiale. D’autres engagements politiques forts de la part du Guatemala, du Nigeria et du Sénégal ont aussi été mis en avant.

« Cette année, en raison de l’impact du virus COVID-19, 270 millions de personnes sont potentiellement confrontées à une insécurité alimentaire. Les plus vulnérables sont celles qui étaient en situation d’insécurité alimentaire ou de malnutrition avant la pandémie – principalement les femmes et les enfants. Pour répondre à ces projections inquiétantes, je suis heureuse de m’engager à verser 520 millions de dollars canadiens sur cinq ans pour financer des interventions nutritionnelles vitales tenant compte des questions de genre pour les plus pauvres et les plus vulnérables. Cela s’inscrit dans le cadre d’un engagement déjà pris lors de la conférence Women Deliver en 2019, au cours de laquelle le premier ministre a annoncé l’engagement du Canada en faveur de la santé mondiale », a déclaré Karina Gould, ministre du Développement international du Canada. « En travaillant ensemble, nous pouvons faire en sorte que la nutrition reste une priorité absolue, à mesure que nous allons atténuer, contrôler puis nous remettre de cette pandémie », a-t-elle ajouté.

Engagements financiers inclus :

  • le gouvernement du Canada a annoncé le versement de 520 millions CAN (407 millions USD) à des programmes de nutrition jusqu’en 2025
  • Le gouvernement du Pakistan s’est engagé à dépenser 2,18 milliards USD d’ici 2025 pour lutter contre la malnutrition et le retard de croissance
  • World Vision International s’est engagé à prolonger et à accroître son engagement de 2013 en s’engageant à dépenser 500 millions USD pour la nutrition d’ici 2025

L’UNICEF s’est engagé à investir au moins 700 millions USD par an au cours des cinq prochaines années dans des programmes de nutrition pour les enfants, les adolescents et les femmes. La Banque mondiale a également annoncé un financement de réponse rapide de 500 millions USD, provenant du guichet de réponse aux crises de l’IDA-19, destiné aux pays confrontés à des crises d’insécurité alimentaire (dont une proportion importante est liée à des problèmes de nutrition). 

« La nutrition, un pilier fondamental de la bonne santé, reste au premier plan de l’agenda du gouvernement pakistanais », a déclaré le Dr Faisal Sultan, assistant spécial du Premier ministre pour les services de santé nationaux. « Conformément à la vision du Premier ministre, je suis heureux de redire que le gouvernement du Pakistan a engagé environ 2 milliards USD pour lutter contre la malnutrition et le retard de croissance dans des districts fortement touchés dans tout le Pakistan. Ces fonds permettent d’accélérer des programmes qui bénéficieront à terme à environ 70 millions de personnes, en particulier des femmes, des adolescentes et des enfants. »

Le total des fonds engagés ne représente qu’une fraction de ce qui est nécessaire pour lutter contre la crise mondiale de la malnutrition, mais il constitue une importante mise de fonds, avec des engagements supplémentaires qui seront pris au cours de l’année à venir. L’année d’action « Nutrition pour la croissance » (N4G) sera aussi l’occasion du lancement d’une série d’événements clés tout au long de 2021, dont le point culminant sera le Sommet sur les systèmes alimentaires des Nations Unies en septembre 2021 et le Sommet N4G de Tokyo.

Le gouvernement du Bangladesh s’est de nouveau engagé à poursuivre et à renforcer les services d’éducation et de conseil en matière de nutrition, les programmes de supplémentation en vitamine A et de déparasitage, et l’enrichissement des aliments à grande échelle. Le gouvernement du Bangladesh s’est engagé à mettre l’accent sur l’autonomisation des femmes, en leur permettant de prendre des décisions concernant leur propre bien-être et celui de leurs enfants.

 

Ces nouveaux engagements arrivent à un moment critique. Les nouvelles données  publiées par le consortium Standing Together for Nutrition prévoient que la pandémie aura directement des conséquences majeures sur la nutrition des mères et des enfants. Au cours des deux prochaines années, si une action mondiale immédiate et de grande ampleur n’est pas entreprise, 168 000 décès d’enfants supplémentaires se produiront, 9,3 millions d’enfants souffriront d’émaciation, 2,6 millions d’enfants subiront un retard de croissance et 2,1 millions de femmes seront anémiques. Le coût de la perte de productivité future entraînée par l’aggravation du retard de croissance et de la mortalité infantile due aux effets de COVID-19 sur la nutrition des enfants est estimé à 29,7 milliards USD.

« Le COVID-19 a déjà anéanti une décennie de progrès en matière de nutrition. Nos données révèlent qu’à moins que le monde n’intensifie ses efforts, les enfants de moins de 5 ans vivant dans des milieux aux ressources insuffisantes seront les plus touchés, avec une estimation de 9,3 millions d’enfants supplémentaires risquant de souffrir d’émaciation en 2020-2022. Si nous n’agissons pas maintenant, nous mettons toute une génération en danger », ont déclaré Saskia Osendarp, directrice exécutive du Forum sur les micronutriments (FMN), et Lawrence Haddad, directeur exécutif de l’Alliance mondiale pour l’amélioration de la nutrition (GAIN), coorganisateurs du consortium  Standing Together for Nutrition .

La faim est en augmentation et la mauvaise qualité de l’alimentation est maintenant le principal facteur de risque de décès dans le monde, puisqu’elle est responsable d’un décès sur cinq au niveau mondial, soit une mortalité supérieure à celle du tabac, de l’hypertension artérielle ou à celle liée à tout autre risque sanitaire. Malgré cela, les donateurs consacrent actuellement moins d’un pour cent de l’aide extérieure à la nutrition. De nouvelles estimations de financement montrent que pour combattre les effets du COVID-19 sur le retard de croissance des enfants, l’émaciation et l’anémie maternelle, 1,2 milliard USD supplémentaires sont nécessaires chaque année, en plus des 7 milliards USD par an prévus par le Cadre mondial d’investissement pour la nutrition.

« La pandémie a eu des conséquences dramatiques sur la vie et les moyens de subsistance des familles, perturbant à la fois l’accès à des régimes alimentaires nutritifs et abordables, les services de nutrition essentiels et les pratiques d’alimentation des enfants dans de nombreux pays du monde », a déclaré la directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore. « Il est donc temps d’accorder une plus grande priorité à la nutrition des enfants et des femmes. L’année 2021 nous offre une occasion unique de réagir, de nous remettre et de réimaginer des politiques, programmes et actions de nutrition meilleurs et plus efficaces pour l’avenir, et de sortir de la crise du COVID-19 plus forts qu’auparavant ».

 

Les nouvelles ressources engagées aujourd’hui visent à combler le déficit de financement de la nutrition. À ce jour, les efforts de mobilisation de N4G ont généré des engagements forts et sans précédent pour améliorer la nutrition mondiale. En 2013, lors du premier Sommet de la nutrition pour la croissance à Londres, les donateurs ont pris de nouveaux engagements pour plus de 4 milliards USD pour lutter contre la dénutrition et 19 milliards USD pour des investissements complémentaires contribuant à la nutrition entre 2013 et 2020. Lors du Sommet mondial sur la nutrition de 2017 à Milan, les gouvernements, les organisations de la société civile, des organisations caritatives privées et le secteur privé ont pris des engagements financiers et politiques pour un montant total de 3,4 milliards USD.

Les donateurs ont tenu leurs engagements financiers antérieurs, avec environ deux ans d’avance. Le Royaume-Uni (R-U) a atteint son objectif de 2013 en réalisant des interventions nutritionnelles auprès de 50 millions de personnes, et l’Union européenne (UE) devrait atteindre son objectif de 2013 consistant à réduire le retard de croissance pour 7 millions d’enfants. Les résultats de l’Année d’action « Nutrition pour la croissance » seront inscrits dans un pacte mondial qui servira d’accord global sur les engagements internationaux et multipartites en matière de nutrition et résumera l’ambition cumulée de toutes les parties prenantes d’atteindre des objectifs nutritionnels spécifiques et limités dans le temps.

Dans son nouveau rapport,  Nutrition Critical,  Save the Children a déclaré que la pandémie pourrait réduire à néant des années de progrès dans la lutte contre la malnutrition, les enfants d’Asie et d’Afrique subsaharienne étant les plus touchés – en particulier ceux des ménages les plus pauvres ou des zones de crise et de conflit.

« Je m’engage personnellement à éviter les millions de morts inutiles d’enfants causées par la malnutrition », a déclaré Andrew Morley, PDG de World Vision International. « Nous allons accroître nos investissements et travailler sans relâche avec nos partenaires jusqu’à ce que les morts d’enfants par malnutrition appartiennent au passé. »

Voir Engagements détaillés pour une liste complète des nouveaux engagements.

 

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