SUN Newsletter
Home / Actualités / Les filles défendent la nutrition des filles en Éthiopie

Les filles défendent la nutrition des filles en Éthiopie

  |   Réseau de la société civile SUN, Réseau des pays SUN

Une meilleure nutrition = plus d’égalité, plus d’égalité = une meilleure nutrition

Nutrition et égalité de genres sont intimement liées. Les femmes et les filles représentent 60 % de la population dénutrie dans le monde. Une mauvaise nutrition aggrave les difficultés existantes et en pose de nouvelles pour les femmes et les filles qui souhaitent pourtant plus que tout rester en bonne santé et affirmer leurs droits. Filles et garçons, femmes et hommes ont des besoins en nutriments différents et reçoivent un traitement social différent en fonction des normes qui régissent la production et la consommation des aliments ainsi que les prestations de services de nutrition et le recours à ces derniers.

Les inégalités de genre limitent les moyens de subsistance, l’éducation et les possibilités de développement des femmes et des filles. Elles répriment leur capacité à agir et restreignent leur accès aux ressources nécessaires pour répondre à leurs besoins uniques en matière de nutrition, ressources sur lesquelles elles n’ont aucun contrôle. Mais l’inverse est également vrai : lutter pour l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes et des filles sous tous les aspects des approches nutritionnelles permet de transformer ces mêmes normes et systèmes qui perpétuent ces inégalités.

C’est assez simple : une meilleure nutrition = une plus grande égalité, une plus grande égalité = une meilleure nutrition. Participer au Cadre transformateur en matière de genre pour la nutrition, un modèle conceptuel qui renforce le potentiel des programmes nutritionnels afin de faire face aux inégalités de genre.

Voici la belle histoire de deux jeunes femmes du district de Mecha en Éthiopie nommée Yeshialem and Fentanesh. Dans son lycée de Rim, Yeshialem a participé à des dialogues entre élèves sur la transformation en matière de genre visant à promouvoir la nutrition des adolescents, l’égalité de genre, la santé et les droits sexuels et reproductifs. Les groupes de dialogue étaient formés dans le cadre du programme Born on Time, un partenariat public-privé entre World Vision, Plan International Canada, Save the Children, le gouvernement du Canada et Johnson & Johnson.

Yeshialem raconte : « Cela m’a donné du courage. La prise de compléments de fer chaque semaine nous a permis de continuer à aller en cours. Je me suis rendue compte que je changeais. Avant, j’avais peur de poser des questions. Maintenant, j’ai davantage confiance en moi. J’en ai parlé à ma mère pour m’assurer que je mange bien, comme tous les autres membres de ma famille. Avant de prendre du fer, j’avais des absences, je manquais l’école et je dormais toute la journée. Maintenant c’en est fini de tout cela ».

Désormais revigorée, enthousiaste et passionnée, Yeshialem défend la nutrition des filles au sein de sa communauté. Mais ce n’est pas tout : elle est également intervenue auprès de sa camarade Fentanesh pour empêcher son mariage précoce. Les deux jeunes filles, soutenues par d’autres personnes, ont pu empêcher ce mariage et permettre à Fentanesh de poursuivre sa scolarité pour qu’elle reste maître de son destin.

Photo : © World Vision Yeshialem (à droite) et Fentanesh (à gauche) à l’école durant les discussions de groupe

Yeshialem et ses camarades sont très actifs au sein de leur communauté. Ils dialoguent avec leurs parents et les chefs de communauté pour expliquer quels sont leurs besoins nutritionnels et proposer ensemble des solutions pour y répondre. L’école et les chefs de communauté soutiennent désormais les groupes de dialogues qui permettent de lutter contre l’anémie provoquée par des carences en fer, d’améliorer les pratiques alimentaires des adolescentes et de lutter contre les normes sociales perverses, comme la croyance selon laquelle les filles n’ont pas besoin de manger autant que les garçons.

Pour faire face aux inégalités nutritionnelles, il faut avant tout comprendre que les femmes doivent s’autonomiser, disposer des moyens d’agir et de la possibilité de faciliter des changements durables et transformateurs. Merci à Yeshialem et à Fentanesh pour leur leadership et félicitations à elles pour leurs accomplissements qui bénéficient à toutes les femmes et les filles d’Éthiopie !

Post A Comment

No Comments