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Les jeunes Ambassadeurs de la nutrition donnent de la voix au Cambodge

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

* Publié initialement par le Réseau des Nations Unies SUN


(c) Photo : HKI/Van Ponlork

La troisième phase du Mouvement SUN, qui sera lancée en 2021, met davantage l’accent sur l’engagement des jeunes. À cet égard, le Cambodge a une longueur d’avance. Depuis 2018, les jeunes Ambassadeurs de la nutrition qui ont été choisis et formés par l’initiative Helen Keller International (HKI) se servent des réseaux sociaux pour obtenir l’engagement de leurs pairs en la matière et aligner leur point de vue avec celui des décisionnaires politiques. Les collaborateurs des Nations Unies issus de diverses agences ont sauté sur l’occasion pour échanger avec ces jeunes, contribuant à la dynamique grandissante du Mouvement SUN au sein du pays alors qu’il s’apprête à entrer dans sa troisième phase.

En 2020, deux conférences ont été tenues sur la participation des jeunes à la promotion de la nutrition au Cambodge. Ces événements ont réuni des jeunes âgés de 19 à 29 ans dans le cadre de réunions en petit comité avec le gouvernement ainsi qu’avec des interlocuteurs des Nations Unies. Les deux conférences, respectivement organisées en août et en octobre en tant qu’activités conjointes du Mouvement SUN, ont bénéficié d’un appui financier et technique du Réseau des Nations Unies pour la nutrition. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ainsi que le Programme alimentaire mondial (PAM) y ont eux aussi participé, à l’instar de points focaux majeurs des gouvernements.

Employée par HKI, Bormey Chhun a pris part à l’ensemble des événements en tant qu’organisatrice et porte-parole. Malgré ses 22 ans, celle-ci maîtrise déjà la question de la gouvernance multisectorielle de la nutrition. Au cours des derniers mois, Bormey Chhun a prononcé des discours sur la nutrition lors d’événements nationaux et infranationaux et a aussi animé des tables rondes sur le sujet pour le compte de hauts fonctionnaires, de partenaires des Nations Unies et d’autres représentants du Mouvement SUN. Elle s’est rendue à Washington D.C. pour suivre une formation dans son domaine, publie des vidéos sur Facebook ayant trait à la nutrition et fait partie d’une équipe qui prépare un « camp » de trois jours sur la nutrition, destiné à ses pairs.

Chinda Thong est un chef culinaire de 23 ans qui travaille aux côtés de Bormey Chhun. Dans une récente publication sur Facebook des jeunes Ambassadeurs de la nutrition, on le voit animer une séquence vidéo intitulée « Préparez le petit-déjeuner avec Chinda ». Simple et souriant, il montre à son audience qu’il faut toujours se laver les mains avant de cuisiner, prépare un œuf poché sur un lit de légumes verts et de champignons sautés, puis demande aux internautes quel est leur petit-déjeuner préféré. Cette séquence fait partie de la série Dans la peau de (A Day in the Life), réalisée afin de traiter des problèmes de nutrition que rencontrent les jeunes confinés chez eux en raison des restrictions liées à la COVID-19.

Bormey Chhun explique à quel point cette émission est bien pensée et aborde de réelles inquiétudes nutritionnelles éprouvées par ses pairs. Les jeunes Ambassadeurs de HKI ont collaboré avec des partenaires de premier plan tels le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, le Conseil de développement agricole et rural, le Programme EU-FAO FIRST ou encore l’UNICEF et le PAM pour créer un questionnaire destiné aux jeunes et portant sur les conséquences qu’a eues la COVID-19 sur leur quotidien. À partir des observations recueillies, les jeunes Ambassadeurs ont rédigé 10 questions. Le questionnaire a ensuite été publié sur Facebook et a recueilli près de 100 réponses provenant de douze provinces cambodgiennes. Certaines personnes interrogées ont révélé qu’elles ne mangeaient pas correctement du fait des prix élevés des denrées alimentaires, et qu’elles se tournaient davantage vers les nouilles et la restauration rapide. Les résultats du questionnaire ont fourni à l’équipe de Bormey Chhun le contenu nécessaire à la production de la série de vidéos Dans la peau de des jeunes Ambassadeurs de la nutrition. Chacun des treize jeunes Ambassadeurs a ensuite tourné une vidéo fondée sur les réponses du questionnaire. Outre les recettes faciles et rapides à réaliser de Chinda Thong, d’autres jeunes Ambassadeurs ont opté pour un format « À faire soi-même ». « Cela aide les jeunes qui sont confinés à rester en bonne santé », souligne Bormey Chhun.

Apprentissage pratique et amusant

Avant l’émergence de la COVID-19, un modèle de camp avait d’ores et déjà été testé par Bormey Chhun et son équipe de jeunes Ambassadeurs de la nutrition. Les activités étaient pensées d’une part pour plaire aux jeunes et, d’autre part, pour leur transmettre de précieuses compétences leur permettant de participer à la politique nutritionnelle. Des étudiants de l’enseignement supérieur – qui suivent actuellement un cursus lié à la sécurité alimentaire et à la nutrition, à l’agriculture ou aux systèmes alimentaires, ou qui s’intéressent à ces sujets – prenaient part aux discussions aux côtés de personnel aguerri et de pairs impliqués dans les systèmes alimentaires, se rendaient sur le terrain et visitaient des fermes biologiques et des usines de transformation des denrées alimentaires et travaillaient main dans la main avec le gouvernement, avec des ONG et avec les équipes des Nations Unies. Le programme favorisait le travail en groupes réduits, au sein desquels les participants imaginaient des systèmes alimentaires améliorés en se fondant sur leurs sorties pédagogiques.

« Cibler essentiellement les jeunes étudiants est un choix délibéré : cela a pour but de tester cette approche novatrice au Cambodge et d’évaluer si celle-ci peut se révéler un moyen efficace de parvenir à un engagement et à une prise de conscience des jeunes en général. De plus, on peut s’attendre à ce que les étudiants de l’enseignement supérieur deviennent plus influents à l’avenir et aient une plus grande incidence sur les systèmes alimentaires durables », explique Iean Russell. Cette initiative témoigne d’une solide programmation commune à laquelle participent le Conseil de développement agricole et rural, le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, HKI, l’Agence allemande de coopération internationale, l’OMS, le Programme EU-FAO FIRST, l’UNICEF et le PAM. En outre, celle-ci concorde également avec la Seconde stratégie nationale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (2019–2023).

Attendant avec impatience le camp et toutes les autres activités des jeunes Ambassadeurs de la nutrition prévues en 2021, Bormey Chhun note tout le chemin déjà parcouru par le groupe. « Nous avons organisé de nombreux événements, et je commence à observer les effets des programmes. Nous atteignons la majeure partie des objectifs fixés en 2018 : instruire les jeunes et établir des réseaux nationaux et infranationaux. Nous travaillons dorénavant à la mise en place d’une plateforme nationale et infranationale relative à la nutrition des jeunes. J’aimerais qu’à l’avenir, les jeunes Ambassadeurs de la nutrition aient un impact sur leurs communautés. Nous avons hâte de poursuivre notre formation des jeunes consacrée à une alimentation saine et au plaidoyer en faveur de la nutrition. Voilà notre plan pour l’année à venir. »

• Lire l’intégralité de l’article sur le site internet du Réseau des Nations Unies pour le SUN – Les jeunes Ambassadeurs de la nutrition donnent de la voix au Cambodge

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