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Les terribles conséquences de la COVID-19 sur la nutrition en Asie et dans le Pacifique

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Selon les conclusions d’un rapport récemment publié par l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance), le PAM (Programme alimentaire mondial) et l’Organisation mondiale de la Santé, les conséquences de la pandémie de COVID-19 en Asie et dans le Pacifique, région la plus peuplée du monde, restreignent l’accès de près de 2 milliards de personnes à un régime alimentaire sain. Ce rapport indique que 1,9 milliard de personnes étaient déjà dans l’incapacité d’acheter de la nourriture saine avant la flambée de COVID-19 et leur situation a empiré avec la pandémie et ses terribles effets sur les économies et les moyens de subsistance des populations.

Des données supplémentaires recueillies dans le cadre d’une « évaluation par les Nations unies des répercussions socio-économiques de la COVID-19 au Cambodge » indiquent que, même si la pandémie n’a pas eu concrètement d’impact sur l’accès à l’alimentation, les conditions économiques ont forcé les populations à se réinventer pour faire face à la situation et elles ont dû notamment emprunter de la nourriture, réduire leur consommation et se tourner vers des aliments moins chers. Les résultats publiés aujourd’hui montrent qu’au Cambodge, plus de la moitié des foyers ont dû, à un moment donné, réduire la qualité de leur nourriture et la taille des repas.

À Phnom Penh, les prix des produits alimentaires ont augmenté au début de l’année 2020, notamment ceux des produits à base de viande, d’œuf et de poissons et c’est également le cas des prix des légumes frais sur les marchés dans le reste du pays. Même si les prix se sont ensuite stabilisés, de nombreux foyers ont diminué leur apport alimentaire, ont réduit la diversité de leur nourriture et mangent désormais moins de produits riches en protéines, en vitamine A et en fer. Cette situation est d’autant plus inquiétante pour les membres les plus vulnérables des foyers, notamment les femmes enceintes et les enfants. Les problèmes se sont aggravés pendant la période durant laquelle l’étude a été menée : en août, 30 % des régimes alimentaires des femmes n’étaient pas assez diversifiés et ce chiffre est passé à 50 % en novembre.

Des foyers ont également dû prendre des décisions encore plus radicales pour assurer leur subsistance, comme réduire leurs dépenses essentielles dans les domaines de l’éducation et de la santé, vendre leurs outils de production et envoyer certains membres de la famille dans d’autres provinces à la recherche de travail.

Afin de les aider dans cette situation difficile et de répondre à leurs besoins, le Gouvernement royal d’union nationale du Cambodge a étendu ses programmes sociaux de transfert de liquidités au bénéfice de plus de 600 000 citoyens les plus vulnérables. Cependant, il faut investir davantage pour renforcer l’aide sociale et améliorer les systèmes alimentaires afin de faciliter l’accès à des aliments nutritifs, encourager la productivité, améliorer la sécurité alimentaire et protéger les emplois, tout en stimulant la demande de produits nationaux.

 

« La malnutrition est depuis longtemps un défi au Cambodge auquel font face le gouvernement et ses partenaires du développement. Nombreuses ont été les avancées au cours des dix dernières années, mais hélas, la COVID-19 menace tout ce qui a été accompli jusqu’à maintenant » déclare Foroogh Foyouzat, représentant de l’UNICEF au Cambodge. « Les agences des Nations Unies collaborent étroitement avec le gouvernement et nous le félicitons d’avoir étendu ses programmes de transfert de liquidités pour aider les populations en difficulté. Nous devons maintenant investir dans les 1 000 premiers jours de vie des enfants. De tels investissements contribuent également à une bonne éducation des enfants et à leur productivité future, ce pour le restant de leurs jours ».

En Asie et dans le Pacifique, plus de 350 millions de personnes souffraient de malnutrition en 2019, soit la moitié des personnes affectées dans le monde. Dans toute la zone, on estime que 74,5 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de retards de croissance (ils sont trop petits pour leur âge) et 31,5 millions souffrent d’émaciation (faible rapport poids/taille). La plupart de ces enfants vit en Asie du Sud-Est où près de 56 millions d’enfants souffrent de retards de croissance et plus de 25 millions d’émaciation.

Le Cambodge est l’un des pays où les taux de malnutrition sont les plus élevés de la région, avec 32 % des enfants de moins de 5 ans souffrant de retards de croissance et 10 % souffrant d’émaciation. Les agences des Nations Unies mentionnées ci-avant s’engagent à travailler avec tous les partenaires pour atteindre les objectifs de la Stratégie nationale de nutrition et de sécurité alimentaire afin que tous les enfants bénéficient d’une meilleure nutrition et d’un bon début dans la vie.

Asia and the Pacific Regional Overview of Food Security and Nutrition 2020: Maternal and Child Diets at the Heart of Improving Nutrition (Présentation de la nutrition et de la sécurité alimentaire en Asie et dans le Pacifique en 2020 : les régimes alimentaires des enfants et des mères au cœur de l’amélioration de la nutrition)Cliquez ici pour consulter le rapport.

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