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Les dirigeants politiques s’accordent à mettre fin à la malnutrition

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Un article inspirant écrit par Margaret Kenyatta, la Première Dame du Kenya

Première parution le 9 juin 2015 au Kenya Standard Digital News, disponible here

Les représentants de gouvernement de l’Afrique de l’Est, la communauté des donateurs, le secteur privé, les chercheurs, les Nations Unies et les organisations de la société civile signataires du Mouvement pour le renforcement de la nutrition (SUN), qui met en œuvre des interventions et des stratégies spécifiques à la nutrition et celles contribuant à la nutrition, pour lutter contre la malnutrition, se sont réunis à Dar es Salaam la semaine dernière pour lancer le Global Nutrition Report for East Africa.

Ce premier rapport est publié à un moment où les pays en développement, en particulier en Afrique, sont aux prises avec les défis combinés des maladies transmissibles et non transmissibles. Les pertes subies à défaut de relever de tels défis sont graves : la mort prématurée, la pression sur les systèmes de santé et le ralentissement sévère des progrès économiques. Cependant, malgré les progrès réalisés sur les causes de la malnutrition et la façon d’aborder le problème, nous n’avons pas encore suffisamment accordé d’attention aux questions de nutrition en tant qu’individus, planificateurs, dirigeants et même gouvernements. En se concentrant sur la malnutrition comme un problème mondial, ce rapport offre aux pays une occasion sans précédent de galvaniser les actions et les ressources positives pour mettre fin à ce défi évitable. Cela permettra de garantir que tous les enfants naissent en bonne santé et s’épanouissent pleinement en tant qu’êtres humains. Ce rapport nous remplit d’espoir quant à la rapidité et la durabilité de réduction de la pauvreté. Il appelle aussi à un engagement renouvelé en faveur de l’amélioration de la nutrition dans le cadre des cibles des Objectifs de développement durable pour 2030 et appelle les donateurs, les gouvernements nationaux et autres partenaires à respecter leurs engagements dans ce domaine.


Malgré les progrès réalisés sur les causes de la malnutrition et la façon d’aborder le problème, nous n’avons pas encore suffisamment accordé d’attention aux questions de nutrition en tant qu’individus, planificateurs, dirigeants et même gouvernements.


Comme nous le savons tous, l’investissement dans la nutrition pendant les 1 000 premiers jours détermine le cycle de vie entier de la personne. En plus, des améliorations de l’état nutritionnel sont susceptibles d’induire de nombreuses retombées des objectifs de développement durable dans une communauté donnée. Les expériences des enfants au cours de leur phase prénatale et durant leurs premières années peuvent durer toute une vie. Les nourrissons nés de mères souffrant d’insuffisance pondérale sont plus susceptibles de développer certaines maladies et affections dans leur adolescence et à l’âge adulte. Parmi ces affections figurent les maladies évitables telles que le diabète, les maladies cardiaques et l’obésité. Les décès de nourrissons sont fortement liés à la mauvaise nutrition et à la santé de leur mère avant et pendant la grossesse et aussi peu de temps après la période post-partum. Pour les enfants de moins de deux ans, la malnutrition, à la fois une conséquence et une cause de la pauvreté, a un effet particulièrement dévastateur.

Les interventions spécifiques à la nutrition telles que l’allaitement maternel exclusif, l’alimentation complémentaire en temps opportun, la supplémentation en folates, en vitamine A et en zinc sont essentielles pour tous les nouveau-nés. Les autres interventions qui comprennent l’hygiène des mains, le déparasitage, l’enrichissement des aliments et la prise en charge de la malnutrition aiguë modérée et sévère, ont toutes le potentiel de transformer rapidement les données sur la malnutrition illustrées dans le présent rapport.


 

Nous devons également redoubler d’efforts pour aborder les autres facteurs sous-jacents d’une bonne nutrition, tels que l’approvisionnement en aliments, l’eau potable et l’assainissement, les soins de santé et l’éducation.


 

Le monde d’aujourd’hui est devenu un village planétaire et la position d’un pays dans l’économie mondiale dépend de la situation sanitaire et des compétences de sa population. Ces compétences sont définies au début de la vie et la nutrition joue un rôle essentiel à cet égard. Par ailleurs, les investissements dans la nutrition sont rentables comme plusieurs recherches l’ont indiqué. Certains de ces investissements comprennent l’élimination de la malnutrition chez les femmes enceintes, ce qui pourrait réduire presque du tiers, certains handicaps de leurs nourrissons. De même les enfants allaités au sein maternel sont au moins 6 fois plus à même de survivre dans les premiers mois que les enfants non allaités ; dans les six premiers mois de la vie, ils sont six fois moins susceptibles de mourir de diarrhée et 2,4 fois moins susceptibles de mourir d’infections respiratoires aiguës.

En outre, l’allaitement maternel exclusif a le potentiel de réduire la mortalité infantile de 13 pour cent et la morbidité de 70 pour cent. L’allaitement est également associé à l’amélioration du développement de l’enfant. Selon les estimations également, l’alimentation complémentaire optimale permettra de réduire la mortalité de 8 pour cent de plus.

Les tendances rapides et émergentes des maladies non transmissibles sont également étroitement associées à la nutrition et au mode de vie. Les mesures pratiques telles que l’enrichissement des aliments de base de grande consommation sont reconnues comme une stratégie relativement peu coûteuse avec des avantages importants pour la santé publique. Nous devons également redoubler d’efforts pour aborder les autres facteurs sous-jacents d’une bonne nutrition, tels que l’approvisionnement en aliments, l’eau potable et l’assainissement, les soins de santé et l’éducation. L’investissement dans l’éducation des filles en particulier est directement lié à la nutrition car il tend à retarder la première grossesse des filles et joue un rôle important dans l’autonomisation des filles en général.

En tant que dirigeants africains, nous avons la responsabilité de donner à chaque enfant africain une chance égale dans la vie et donc d’assurer l’accès à la nutrition pour tous. Si nous ne pensons pas que cela est important et si nous ne réagissons pas, pourquoi quelqu’un d’autre devrait-il le faire ? Je suis résolue à exercer un leadership pour surmonter cette crise de la malnutrition à laquelle notre région fait face, par un examen permanent des profils et une exhortation à plus d’actions politiques concertées et de ressources. En tant que championne pour le renforcement de la nutrition (SUN) au Kenya, j’ai espoir que la nutrition aura une place de choix dans les priorités politiques et des programmes. Nous devons à nos enfants et aux générations futures, le ferme engagement et des mesures pour transformer et façonner des moyens de soutenir une race humaine saine.

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