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L’importance du genre et de son intégration dans la nutrition

  |   Réseau de la société civile SUN

*Blog rédigé par Myriam Hebabi et Alina Meyer, initialement publié par Nutrition International


Nutrition International (NI), par le truchement du fprojet d’assistance technique à la nutrition (TAN), avec l’aide de la consultante en genre Alina Meyer, a récemment contribué à intégrer l’égalité des sexes dans un atelier de renforcement des capacités fonctionnelles organisé à Stockholm du 9 au 11 juin 2019 pour les points focaux du Mouvement pour le renforcement de la nutrition et ceux du Programme de développement de l’agriculture africaine (PPDDA) ou œuvrant dans le domaine de l’agriculture. Myriam Hebabi, responsable de projet pour NI TAN, et Alina Meyer, consultante en genre, nous font part de leurs réflexions sur l’atelier.

De concert avec l’équipe d’organisation (Namukolo Covic de l’IFPRI (Institut international de recherche sur les politiques alimentaires), Johann Jerling du Programme africain de leadership nutritionnel, Barbara Rehbinder et d’autres personnes du Secrétariat du Mouvement SUN et de Maximising the Quality of Scaling Up Nutrition Plus (MQSUN+), Jane Keylock et Monica Kothari), nous avons engagé une recherche des possibilités de généraliser l’égalité des sexes dans les séances de l’atelier de renforcement des capacités fonctionnelles à Stockholm, en plus de proposer une séance d’introduction sur le genre. Cette initiative a été organisée en réponse à des commentaires issus du premier atelier de cette série qui s’est tenu à Bangkok en novembre 2018 et aussi parce que chacun convient que l’égalité des sexes doit être traitée de manière plus globale tout au long de l’évènement.

En demandant à ce que le thème du genre soit intégré à l’atelier, nous avons pu exposer les liens entre les discussions sur le leadership et le genre, positionner le genre au sein du parcours de développement du leadership personnel des points focaux, et encourager les participants à réfléchir sur les liens entre genre et nutrition dans le cadre de leurs rôles techniques et des contextes uniques à leur pays.

Dans le cadre d’une séance d’introduction sur l’égalité des sexes, nous avons tenté de clarifier les concepts et de contrer des préjugés courants. L’un d’eux abordé dans le cadre des discussions est qu’œuvrer en faveur de l’égalité des sexes par le biais de programmes nutritionnels revient à cibler les femmes et les filles, mais c’est bien plus compliqué que ça car donner aux femmes la possibilité de contribuer peut aussi bénéficier aux hommes qui ne sont pas perdants loin de là. L’idée est de modifier les déséquilibres de pouvoirs pour offrir aux femmes davantage d’opportunités et leur donner la parole.

Après l’organisation d’une séance sur l’égalité des sexes, nous avons demandé aux participants de noter (sous couvert d’anonymat) sur des petits feuillets autocollants les préoccupations, défis et questions qu’ils avaient en lien avec le genre et la nutrition. Nous avons collé tous ces feuillets au mur pendant la formation afin que chacun puisse voir les inquiétudes et questions annotées. Nous avons ensuite demandé aux participants de proposer des solutions qui selon eux permettaient de relever certains de ces défis.

Tout au long de l’atelier, nous avons discuté des normes sociales sur le genre et nous sommes rendus compte que chaque culture représentée dans la salle (aussi bien par des participants que des organisateurs) avait ses propres normes sociales, ses tabous culturels et ses comportements considérés comme acceptables concernant les femmes, ainsi que des normes et tabous alimentaires, notamment pour les femmes enceintes ou en période de menstruation. Il existe également des habitudes très ancrées dans de nombreuses cultures impliquant que les hommes et les garçons du foyer sont servis en premier et bénéficient des aliments les plus nutritifs et d’une nourriture de meilleure qualité.

Des rapports intéressants ont été établis, par exemple dans l’intégration de la question de genre dans un exercice de schématisation conceptuelle (ou mind mapping) examinant les systèmes alimentaires, la collaboration multisectorielle et l’assistance technique. Étaient également pris en compte les normes sociales en matière de régimes alimentaires et de repas, ainsi que la violence sexiste et la nutrition basée sur le genre, ou encore la féminisation de l’agriculture.

Se sont également déroulées des discussions intéressantes sur les partis pris inconscients, sur la manière de dépeindre et imaginer les leaders et dirigeants (souvent les hommes tout comme les femmes pensent avant tout à des hommes), comment l’avancée des femmes sur le lieu de travail a une influence différente sur les hommes et les femmes et comment, dans certains cas, cela bouleverse la hiérarchie et cause des tensions et du ressentiment sur le lieu de travail.

Nous avons noté cependant que de nombreux problèmes énoncés étaient très difficiles à résoudre et nécessitaient des investissements sur le long terme, et les discussions ont rappelé aux participants qu’il leur est toujours possible de proposer des solutions et de nouvelles manières de surmonter certains défis liés au genre sur le lieu de travail et dans le domaine du genre et de la nutrition.

Nutrition International estime qu’une bonne nutrition et l’égalité des sexes se renforcent mutuellement car améliorer la nutrition, c’est renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes et cette égalité améliore à son tour la nutrition. Tout notre travail repose sur l’égalité des sexes, un concept qui nourrit tous nos projets, programmes et partenariats.
Pour plus d’informations sur les liens entre égalité des sexes et nutrition, consultez les liens ci-dessous :

Nutrition International – Égalité de genre et nutrition 
Égalité hommes-femmes et autonomisation des femmes et des filles 

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