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L’industrie alimentaire, un partenaire essentiel dans l’amélioration de la nutrition

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À propos de l’auteur : William Chilufya est un ardent défenseur de la société civile pour une bonne nutrition et coordinateur national de l’Alliance de la société civile zambienne pour le renforcement de la nutrition (OSC-SUN). Il est également membre du Comité exécutif du Mouvement SUN.

Zambia 3Les choses sont en train de changer autour de la nutrition en Zambie. Je voudrais dire en toute confiance qu’en travaillant ensemble, le gouvernement, la société civile, le secteur privé et les donateurs ont créé une base sur laquelle plus de progrès peuvent être réalisés dans l’amélioration de la nutrition en Zambie.

La semaine dernière, le 11 novembre 2015, le secteur privé pour le renforcement de la nutrition (SUN) en Zambie a célébré son premier anniversaire et j’ai eu le privilège de faire des remarques de clôture dans lesquelles j’ai souligné que les parties prenantes, y compris le grand public devraient reconnaître le rôle joué par le secteur privé dans l’amélioration de la nutrition.

De ces discussions, j’ai appris que sans doute, tous les niveaux de l’industrie alimentaire sont des partenaires essentiels qui contribuent à l’atteinte de l’objectif d’amélioration de la nutrition en Zambie et dans le monde entier. Cela me conduit à la réflexion selon laquelle nous devrions être bien impliqués en tant que société dans l’ensemble en mettant à contribution nos efforts en vue d’atteindre un tel objectif. Bien sûr, des « règles d’engagement » appropriées pourraient utilement être définies pour un tel engagement.

L’attraction principale des célébrations de l’anniversaire a donné l’occasion d’écouter Mme Léonie Joubert, une journaliste basée en Afrique du Sud qui a récemment écrit un livre intitulé « La saison de la faim : nourrir les villes d’Afrique australe ». De mon point de vue, elle a fourni un aperçu incitatif à la réflexion sur l’éventuel rôle du secteur privé dans l’espace de la nutrition.

Elle a défini les systèmes et la sécurité alimentaire à travers la lentille des personnes, du secteur privé, des différents agents et institutions en montrant comment ils représentent leur façon d’être redevables aux aliments, depuis la plantation, la récolte, la collecte, le transport, la transformation, l’emballage aux magasins de détail pour le consommateur. Bien que Leonie s’adressait principalement aux entreprises du secteur privé, elle a souligné l’importance de chacun des différents acteurs du système alimentaire qui détiennent chacun une part de redevabilité pour relever les défis.

En Zambie, un défi évident est que les grandes chaînes de supermarchés de vente au détail doivent prendre un vif intérêt dans la nutrition et la façon dont ils peuvent faire partie de la solution autant dans notre pays que d’autres pays en développement de la région, à mesure que les chaînes de vente au détail s’ancrent plus profondément dans les marchés locaux. Dans les zones à faible revenu, on pense souvent que les détaillants améliorent la qualité de vie des populations grâce à un meilleur accès à une plus grande diversité des produits à faible prix. Toutefois, ce qui arrive souvent est que non seulement les petites entreprises à l’échelle locale sont évincées du système, mais les consommateurs changent leurs habitudes alimentaires pour opter des aliments transformés moins nutritifs, qui conduisent à une moins bonne santé à court et à long terme. Quand j’observe les mères zambiennes, je pense à nos jeunes mères urbaines nourrissant leurs enfants avec du maheu – riche en sucre et de faible teneur nutritive.

Cela me fait penser qu’il est de la responsabilité des détaillants, qui se veulent des travailleurs socialement responsables, de répondre à l’appel de la nutrition. Qu’est-ce que cela signifie ? Étendre la gamme de produits nutritifs qu’ils entreposent (pas seulement les produits amaigrissants), améliorer la façon dont ces produits sont déployés sur les points de vente, et soutenir les entreprises qui produisent ces produits afin de les promouvoir et d’accroître la sensibilisation des consommateurs sur les produits nutritifs.

Revendeurs, ceci doit être un appel à l’action : prenez des engagements en faveur de la nutrition, n’aidez pas les consommateurs à prendre des décisions alimentaires qui pourraient compromettre leur état nutritionnel, mais contribuez à leur permettre de vivre une vie saine et productive. Il ne s’agit pas de faire retomber le reproche uniquement sur le gouvernement ou sur les entreprises. Il s’agit de l’échec du système alimentaire dans son ensemble. Cela étant, toutes les entreprises peuvent participer de manière constructive à travers le Réseau du secteur privé SUN sur la façon dont les entreprises peuvent améliorer la nutrition.

Je crois fermement qu’aborder ce problème nous est à portée de main d’abord parce que nous nous sommes rendus compte qu’il y a des défis dans le système alimentaire et ensuite parce que notre attention en tant que pays se développe à l’égard de la nutrition. Nous avons cependant beaucoup à faire. Par exemple, si le Secteur privé doit jouer un rôle nouveau et positif dans la lutte contre la sous-nutrition, les parties prenantes y compris le gouvernement, la Société civile, les donateurs, les universitaires et le grand public doivent être prêts à engager le Secteur privé et mettre en évidence les actions à entreprendre pour améliorer la nutrition dans le pays.

En 2008, la première série du The Lancet a conclu que l’approche à la lutte contre les crises de la nutrition a été fracturée. Depuis lors, différents pays, en particulier ceux qui font partie du Mouvement pour le renforcement de la nutrition ont dépensé beaucoup d’énergie sur l’amélioration de la coordination entre les secteurs et acteurs à travers la création de plates-formes multi-acteurs. Ceci est très important parce que si nous avons un secteur privé dont les voix sont discordantes sur la nutrition, nous risquons de perdre la plupart des succès engrangés dans la lutte contre la malnutrition. C’est à ce point que le rôle du Secteur privé SUN devient fondamental.

Cet article a été posté sur le Zambia Daily Mail

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