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Lutte contre la malnutrition au Niger : Amélioration de la planification et de la budgétisation pour une approche intégrée

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Niger77019 mai 2016 | Par Denis Kovalenko, directeur de Corporate Grant, et Sylvia Szabo, conseillère pour la politique et le plaidoyer en matière de nutrition.

La médiocrité des infrastructures et le manque de possibilités d’emploi contribuent à des taux élevés de malnutrition au Niger.

Le dernier Rapport sur le développement humain classe le Niger en dernière position de l’indice de développement humain sur 188 pays. L’indice de développement humain est un indicateur composite de développement socio-économique, qui tient compte de la santé, l’éducation et le revenu des pays.

Malgré certains progrès dans la réduction de la malnutrition infantile, des statistiques récentes montrent qu’aujourd’hui, 44 % des enfants au Niger souffrent de retard de croissance et 18 % d’émaciation. La prévalence de la malnutrition est particulièrement élevée chez les enfants des ménages les plus pauvres, des ménages ruraux et des ménages de la région de Diffa. En outre, le niveau de malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans continue d’être constamment élevé. Les taux de malnutrition aiguë ont dépassé les seuils d’urgence en 2005 et 2010.

Ces statistiques impliquent qu’un effort important est nécessaire, outre une meilleure gouvernance et la redevabilité, pour renforcer la lutte contre la malnutrition. Cet effort est vital pour le développement socio-économique du Niger et également pour la performance du pays par rapport aux cibles fixées dans les Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’Objectif de développement durable 2 sur la faim et la nutrition.

Le Niger a récemment approuvé le Cadre de politique nationale pour la sécurité nutritionnelle, assorti de cibles et politiques ambitieuses pour réduire la malnutrition. C’est la toute première fois au Niger qu’une politique nationale définisse une approche multisectorielle de la malnutrition.

Cependant, l’ensemble du système national de santé du Niger reste sous-financé. Pour que les plans d’action reflètent les coûts réels de prise en charge de la malnutrition, le gouvernement devra augmenter de façon considérable son budget, afin de fournir un financement adéquat. La gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et l’offre de soins de qualité sont cruciaux pour la prévention et la prise en charge de la malnutrition au Niger. Mais les retards de décaissement du gouvernement aux fournisseurs de services affectent la disponibilité et la qualité de tous les services de soins de santé, notamment pour ce qui est de la prise en charge communautaire de la malnutrition aiguë.

Dans ce contexte, le suivi des engagements en matière de nutrition et l’influence des futures allocations budgétaires deviennent une priorité clé de plaidoyer pour les Organisations de la Société civile.

Avec ses partenaires, Save the Children a jusque-là travaillé tant au niveau national que régional au Niger pour plaider en faveur de l’amélioration de la planification et de la budgétisation pour la nutrition. Nous avons visité le bureau de Save the Children à Niamey en avril 2016. Voici quelques exemples des mesures prises par le bureau pays et les partenaires pour améliorer la nutrition des enfants :

Plaidoyer lors des élections présidentielles : Au cours de la campagne électorale de février et mars 2016, Save the Children a travaillé avec les membres de l’Alliance pour la nutrition pour mettre l’accent sur la malnutrition. Une campagne conjointe de plaidoyer et de sensibilisation « Ma vie, mon avenir, la nutrition » a réussi à obtenir de trois candidats à la présidentielle et aux législatives, l’engagement de mettre la nutrition en priorité dans un « Manifeste » pré-électoral. L’on espère grandement que ces engagements ouvrent la voix au futur plaidoyer de Save the Children visant à convaincre les autorités du pays de mettre la nutrition en priorité dans leurs politiques.

Engagement des parlementaires : le Réseau pour le renforcement de la nutrition (Tous Unis pour la nutrition, ou TUN) dont nous sommes membres a jusque-là invité les parlementaires nouvellement élus à rehausser le profil de la nutrition, pour plus d’impact sur les politiques nutritionnelles et les allocations budgétaires. Après les récentes élections présidentielles et législatives, il est maintenant essentiel de revitaliser et de mobiliser les réseaux de parlementaires et d’identifier les nouveaux ambassadeurs de la nutrition au niveau national. Un travail similaire doit être effectué au niveau sous-national lors des prochaines élections locales.

Formation à l’analyse budgétaire à Maradi : Au cours de la même visite, le Dr Sylvia Szabo, et le Dr Garba Dandano Ibrahim, directeur de projet de TUN, ont conduit une formation sur l’analyse budgétaire et le plaidoyer à Maradi. En préparation à la formation, le bureau de pays était en plein dans la coordination des candidatures des participants et l’engagement des partenaires à Niamey et dans les régions. Au cours de la semaine précédant la formation, l’agent national de Save the Children en charge du plaidoyer et de la communication Souley Harouna Issaka a organisé un certain nombre de réunions avec les partenaires de la Société civile, du gouvernement et les donateurs, pour élaborer le contenu de la formation et à faciliter leur engagement dans le travail d’analyse budgétaire. La formation a été bien suivie par les comités régionaux de TUN. Il y avait au programme un contenu sur le processus budgétaire aux niveaux national et local au Niger, l’importance du plaidoyer budgétaire, et un aperçu de la méthodologie d’analyse du budget ainsi que des exercices pratiques. Innocent Ifedilichukwu, Coordinateur de plaidoyer et de campagne chez Save the Children au Nigeria, a fait une présentation axée sur l’expérience du Nigeria dans le processus d’analyse budgétaire. Les comités de TUN sont actuellement bien armés pour mener une analyse budgétaire au niveau national et sous-national et donc générer des données probantes pour le plaidoyer en matière de nutrition.Niger2

Étapes en perspective !

Après la formation, TUN coordonnera les comités régionaux pour élaborer un plan d’action pour l’analyse budgétaire. Une fois le plan finalisé, TUN soutiendra les comités pour mener à bien l’analyse budgétaire en 2016.

Les résultats de cette analyse alimenteront un rapport national d’analyse des allocations pour la nutrition. Il est prévu que l’analyse éclaire les décideurs sur les lacunes dans la planification de la nutrition et la budgétisation et, par conséquent, influence leur prise de décision et la planification pour améliorer l’état nutritionnel des enfants.

Pour davantage soutenir la budgétaire en faveur de la nutrition, TUN envisage également de diffuser un rapport de synthèse résumant les résultats de l’analyse multisectorielle des allocations pour la nutrition au niveau régional dans quatre régions.

Save the Children continuera à informer le public, à s’engager dans le dialogue avec les médias et à autonomiser les communautés pour maintenir la nutrition des enfants comme priorité dans l’agenda politique.

Compte tenu du niveau actuel de développement humain au Niger, des taux élevés de malnutrition infantile, et des inégalités socio-économiques persistantes, il est essentiel d’investir dans l’amélioration de la planification et de la budgétisation. Cela permettra non seulement de réduire le fardeau de la malnutrition, mais également d’aider à créer des mécanismes de redevabilité efficaces et à réaliser des progrès vers l’atteinte des Objectifs de développement durable.

Cet article a été publié par Save the Children : Cliquez ici pour voir le message original.

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