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Madagascar s’engage dans un exercice de cartographie de la nutrition avec le soutien du Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

* Publié initialement par le Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN


© Secrétariat du Réseau des Nations Unies/Sarah Cruz

À Madagascar, près d’un enfant de moins de cinq ans sur deux souffre de malnutrition chronique, selon le rapport mondial sur la nutrition 2018. La malnutrition est plus répandue dans certaines régions du pays en raison de l’existence de disparités économiques, de l’absence de ressources et d’un niveau plus élevé de pauvreté. Par exemple, les enfants des régions montagneuses présentent les taux les plus élevés de retard de croissance, qui sont supérieurs à 60 % (Profil par pays de l’UNICEF, Madagascar, 2016). À titre de comparaison, ce niveau est plus de deux fois supérieur au seuil de santé publique le plus élevé qui s’établit à 30 %. Les coûts associés aux retards de croissance représentent 14,5 % du PIB du pays, selon les estimations de l’étude sur le coût de la faim (2016). Cette situation nutritionnelle reste préoccupante pour les populations les plus vulnérables et contribue à faire perdurer leur situation de pauvreté.

Pour résoudre ce problème, le gouvernement de Madagascar est engagé dans une approche multisectorielle à long terme au plus haut niveau depuis qu’il a rejoint le Mouvement SUN en février 2012. Pour la première fois, la nutrition a été incluse dans le «Plan Emergence», un document stratégique de la Politique Générale de l’État qui sera bientôt publié. L’Office national de la nutrition (ONN) est responsable de la surveillance de la mise en œuvre inclusive de la Politique nationale de nutrition (PNN) et de son Plan national d’action pour la nutrition (PNAN). Au service du Premier Ministre, cette institution est particulièrement bien placée pour coordonner la contribution de différents secteurs dans le domaine de la nutrition et en assurer le suivi, mais l’ONN doit disposer des outils et des moyens appropriés pour accomplir ces missions.

Dans ce cadre, l’ONN a déposé une demande d’assistance technique au titre du PNAN III (Plan national d’action pour la nutrition III – 2017-2021) pour veiller à la réussite de la mise en œuvre, en partenariat avec le secrétariat du Réseau des Nations Unies. Madagascar a rejoint une liste de 25 autres pays qui ont engagé un exercice de cartographie des actions et des parties prenantes dans le domaine de la nutrition pour évaluer les niveaux de couverture des actions de nutrition en vue de leur intensification. De plus, le Japon a financé pour la première fois dans ce cadre un exercice de cartographie soutenu par le Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN.

Cet exercice qui servira à rendre des comptes met les bénéficiaires au centre des programmes et des actions. Il renforce également les capacités à l’échelle régionale en faisant participer plus de 50 assistants régionaux chargés du suivi et de l’évaluation et en assurant leur formation. « L’exercice de cartographie répond aux besoins en matière d’engagement et de renforcement des capacités des institutions décentralisées pour garantir une coordination multisectorielle solide, de la communauté à l’échelle centrale », explique Lucie Solofonirina, coordinatrice nationale de l’ONN et du point focal SUN du gouvernement, après l’atelier de lancement à Antananarivo.

L’approche multisectorielle dans le cadre de cette cartographie recouvrait 27 actions de mobilisation de secteurs tels que la santé, l’agriculture, WASH et la protection sociale. L’équipe de cartographie nationale incluait des membres des points focaux techniques de l’ONN, du ministère de l’Agriculture, du ministère de la Santé, de l’Institut national de la géographie et de l’hydrographie et de l’Institut national des statistiques, ainsi que des représentants du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et du Programme alimentaire mondial (PAM). Cette approche garantit non seulement l’appropriation de l’exercice mais aussi l’institutionnalisation de la cartographie au sein des pouvoirs publics.

Pour la première phase, toutes les parties prenantes engagées dans le domaine de la nutrition à Madagascar se sont réunies fin août 2019 pendant six jours. Plus de 100 participants ont assisté à l’atelier de lancement, dans le cadre duquel des partenaires financiers et techniques ont défini les priorités en matière de cartographie des actions pour la nutrition. Ce processus a été engagé par la coordinatrice nationale de l’ONN, le secrétaire général adjoint du Premier Ministre, le représentant national adjoint du PAM et le responsable du suivi et de l’évaluation de l’UNICEF. Un expert de la cartographie du secrétariat du Réseau des Nations Unies s’est déplacé à Antananarivo pour présenter aux participants à l’atelier les objectifs, le processus et la méthodologie, les résultats escomptés et les autres aspects liés à l’outil de cartographie.

L’équipe de cartographie a consacré trois jours à renforcer ses capacités de supervision de la collecte et de la capture de données. L’une de ces journées portait sur le module de cartographie et incluait l’utilisation du logiciel DHIS2 (paramétrage, collecte de données, saisie de données et analyse de base). Au cours de ces trois jours, l’équipe a proposé une longue liste préliminaire d’actions dans le domaine de la nutrition, des groupes cibles, des mécanismes de mise en œuvre et des secteurs géographiques qui ont été validés pendant l’atelier.

Environ quatre mois seront nécessaires à la mise en œuvre de l’exercice de cartographie en lui-même qui englobera une phase de collecte de données, de nettoyage des données, d’analyse et de diffusion des résultats. Cette initiative permettra de revoir le cadre de la série d’interventions prioritaires avec des effets démontrés et de les exécuter en ciblant les secteurs géographiques qui n’étaient pas encore couverts. L’objectif est de recenser les lacunes existantes dans les différentes données démographiques pour améliorer la couverture des populations difficiles à atteindre.

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