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Mise en place d’un Réseau des Nations unies au Honduras : défis et opportunités à l’ère du COVID-19

  |   Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN, Réseau des pays SUN

* Initialement publié par le Réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN


(c) PNUD

Le Honduras a rejoint le Mouvement pour le renforcement de la nutrition (SUN) en 2019 en tant que 61e État membre, ce qui en fait le quatrième pays d’Amérique centrale à rejoindre le Mouvement SUN. Cette adhésion est l’un des signes les plus récents marquant l’engagement du gouvernement en faveur de la nutrition, avec un programme politique qui l’a amené à actualiser sa politique et de sa stratégie nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PyENSAN2030), et à adopter un Plan d’action associé (2019-2023).

« Le gouvernement a pris une décision courageuse en rejoignant le Mouvement SUN », confirme David Nataren, responsable des programmes et des politiques au Programme alimentaire mondial (le PAM préside le Réseau des Nations unies pour le Mouvement SUN au Honduras). « Sa motivation repose en partie sur la volonté de partager les connaissances – pour savoir ce que font les autres pays ayant des conditions similaires, comment ils travaillent pour donner la priorité à leur sécurité alimentaire et nutritionnelle même lorsqu’ils sont confrontés à des décisions difficiles en matière de dépenses. [FSN] Au Honduras, nous avons une pénurie de ressources et beaucoup de priorités concurrentes. »

Un pourcentage élevé de la population du pays vit dans la pauvreté (64 %) : sur ce pourcentage, 40 % vivent dans l’extrême pauvreté , plus des deux tiers des personnes extrêmement pauvres vivant dans les zones rurales.Vingt-trois pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance : la prévalence du retard de croissance atteint près de 50 % dans le « Corridor sec », une région peuplée de petits exploitants agricoles qui est particulièrement exposée aux sécheresses irrégulières et prolongées, qui se sont aggravées en raison du changement climatique.

Dans le même temps, l’urbanisation rapide entraîne une consommation accrue d’aliments transformés à forte teneur en sucre, en sel et en graisses, ainsi qu’une baisse de l’activité physique : environ 51 % des femmes au Honduras sont en surpoids ou obèses (2012). Les maladies chroniques non transmissibles (MNT), telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension et le cancer, figurent désormais parmi les dix premières causes de mortalité au Honduras. La promotion d’une alimentation saine a donc été intégrée à la stratégie de PyENSAN2030, afin de contribuer aux objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable dans le pays.

Le Coordonnateur résident des Nations Unies appelle à une approche multidimensionnelle

Des efforts accrus visant à adopter une approche multidimensionnelle de la nutrition, ainsi que le renforcement du lien entre les interventions humanitaires et de développement, sont actuellement soutenus sous la direction de la nouvelle Coordonnatrice résidente des Nations Unies, Alice Shackelford, et du Bureau de la Coordinatrice résidente.

« Ceci est crucial dans un pays comme le Honduras où les problèmes nutritionnels structurels sont associés à un taux de pauvreté de plus de 60 %, à plus de 75 % d’informalité [in the job market] et à une absence de mesures de sécurité sociale et de mécanismes de protection », explique Alice Shackelford.

« Nous devons conserver une approche à moyen/long terme et intégrer ces efforts dans la stratégie d’éradication de l’extrême pauvreté et de réduction des inégalités qui est au cœur de l’Agenda 2030 [Sustainable Development Goals] et de l’engagement de ne laisser personne de côté. Et cela est directement lié à la capacité de la population à s’engager activement et à renforcer la démocratie et l’état de droit. Les Nations Unies doivent être à la hauteur de la tâche et être capables de travailler en tant que système et non plus en fonction des différentes agences et mandats. »

Adhésion aux réseaux

Le Réseau des Nations unies est l’un des nouveaux réseaux SUN qui seront établis au Honduras, avec le Réseau de la société civile et le Réseau universitaire. David Nataren confirme qu’il a été plus facile, dans un premier temps, d’intégrer les agences qui présentent des synergies plus évidentes, telles que le PAM, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS/OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), et que ces organisations travaillent déjà ensemble sur des propositions communes. L’ONU a également eu des discussions préliminaires avec la Banque mondiale et le PNUD pour voir comment chaque agence va pouvoir intégrer ses activités dans le cadre du Plan de sécurité alimentaire et nutritionnelle, car elle reconnaît que c’est clairement la voie à suivre et non le travail d’une seule agence.

Les agences des Nations Unies ont été invitées à rejoindre le Réseau lors de la réunion de l’équipe de pays des Nations Unies en septembre 2019, à laquelle ont participé huit agences. Selon les parties prenantes des Nations Unies, la compréhension de l’approche multisectorielle de la nutrition en serait à ses débuts au Honduras. L’ONU s’est en particulier fixé pour priorité de s’assurer que la Banque mondiale est incluse dans le réseau. « Nous avons besoin de l’expertise technique et de l’investissement de la Banque mondiale si nous voulons avoir une approche globale telle que préconisée par le Mouvement SUN », déclare David Nataren.

Lacunes dans les données sur la nutrition

Rencontre de la Coordinatrice du Mouvement SUN avec le Conseil national sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle à Tegucigalpa (Honduras)

Une des priorités des agences des Nations Unies est de collecter des données clés afin de placer la nutrition dans le cadre des politiques publiques et avec tous les acteurs travaillant dans différents secteurs. Ce manque de capacité en matière de données a été souligné lors de la [UN-Assistant Secretary General & Coordinator of the SUN Movement] visite de Gerda Verburg dans le pays l’an dernier.

«  Nous devons avoir une lecture plus rapide et plus facile de la situation nutritionnelle dans le pays, en utilisant des données probantes qui ont été établies conjointement au niveau national », confirme David Nataren. « Pour le moment, le gouvernement doit  s’adresser aux Nations Unies pour une étude spécifique – l’efficacité sera renforcée si nous travaillons ensemble au renforcement des capacités. Lorsque nous aurons les chiffres, cela nous permettra également de parler au secteur privé de l’investissement dans une bonne nutrition. »

Selon Jose Ramirez Arita, responsable du développement de la petite enfance à l’UNICEF Honduras,  le COVID-19 a montré au gouvernement qu’il est possible de traiter l’information de manière virtuelle. « Je pense que le Réseau devrait soutenir le gouvernement dans la gestion de l’information. Notre pays ne dispose toujours pas d’un système numérique en ligne capable d’indiquer le nombre d’enfants touchés par la malnutrition, l’anémie, etc. Ces informations ne sont connues que grâce à des enquêtes, qui ne sont pas très fréquentes. »

Evelyne Ancion Degraff, Conseillère Famille, promotion de la santé et parcours de vie auprès de l’OPS, convient que le manque de données sur la nutrition est une préoccupation majeure au Honduras. En 2019, l’OPS a coordonné un atelier auquel l’UNICEF et le PAM ont participé, afin de renforcer les capacités nationales pour la mise en œuvre d’un Système national de surveillance de la nutrition. « Parmi les participants figuraient le Représentant national du Mouvement SUN et du Réseau des Nations Unies, et 19 districts sanitaires y étaient également représentés. Depuis lors, les autorités sanitaires nationales ont exprimé leur volonté de développer le système de surveillance. »

Le réseau des Nations Unies pour le Mouvement SUN travaille actuellement avec le gouvernement et le monde universitaire pour mettre en place un Observatoire de la sécurité alimentaire et nutritionnelle afin de développer des bases de données et des systèmes d’information standardisés et d’améliorer l’accès à des informations actualisées. La crise du COVID-19 a donné un nouvel élan à ces travaux.

Lire l’article complet sur unnetworkforsun.org 

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