SUN Newsletter
Home / Actualités / La nutrition serait-elle le lien manquant pour véritablement atteindre l’égalité des sexes vers un monde 50-50 d’ici 2030 ?

La nutrition serait-elle le lien manquant pour véritablement atteindre l’égalité des sexes vers un monde 50-50 d’ici 2030 ?

  |   Blogs

58c6abc41d00003b007ce10f

UNICEF[/titre]

Blog de Gerda Verburg, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et coordinatrice du Mouvement SUN.

Le printemps est souvent symbole de changements naturels et de renouveau. Lorsque, dans de nombreuses régions du monde, le soleil perce à travers les nuages qui planent au-dessus de nous depuis des mois, nous savons que le mois de mars est arrivé, le mois de la Journée internationale de la femme.

Vous vous demandez peut-être pourquoi on célèbre encore cette journée, appelée à l’origine la « Journée internationale de la femme salariée » (« International Working Women’s Day ») et célébrée pour la première fois il y a plus d’un siècle, en souvenir de la grève de 1908 organisée par le syndicat international des travailleurs de l’habillement féminin (International Ladies Garment Workers’ Union).

C’est tout simplement parce qu’il est de notre devoir de la célébrer. Vous n’avez qu’à allumer la télévision ou lire le journal pour trouver quelqu’un qui tentera activement (dans le pire des cas) d’attaquer les nombreuses victoires que les femmes ont durement remportées au fil des décennies, ou (dans le meilleur des cas) de les minimiser. Contrairement à la croyance (im)populaire, les femmes ne sont pas plus faibles (avez-vous entendu parler de l’accouchement de la championne de tennis, Serena Williams ?), ni moins intelligentes (regardons un instant quelles sont les personnes inscrites dans les écoles de droit ou de médecine de nos jours, ou celles qui sont plus susceptibles d’allouer des ressources aux biens publics, destinés notamment aux enfants — une attitude plutôt intelligente à mes yeux).  Et pourtant, dans la plupart des régions du monde, les femmes restent loin derrière les hommes en matière d’accès à un travail décent, même si leur situation s’est améliorée depuis un siècle.

Du coup, je pense que nous ignorons peut-être « le cœur » du problème. On s’attend trop souvent à ce que les femmes soient à la traîne derrière les hommes plutôt que d’être autonomes — au travail, à la maison et dans tous les contextes. Et cela commence par la nourriture que nous recevons (ou préparons) et les services auxquels nous avons accès en tant que nourrisson, jeune enfant, enfant, adolescent, adulte et personne âgée. De telles considérations devraient nous donner un élan encore plus grand pour donner aux femmes et aux filles les moyens d’améliorer la nutrition. Alors que nous demandons le soutien de tous pour atteindre l’égalité et l’équité entre les sexes dans un monde 50-50 d’ici 2030, aujourd’hui, demain et au-delà, la naissance d’enfants en bonne santé n’est-elle pas la meilleure manifestation des changements naturels et du renouveau ?

L’Agenda 2030 exige de nous tous que nous changions notre manière de travailler, à plus forte raison dans un monde du travail en pleine mutation. Ce qui compte vraiment, ce sont les résultats que nous tirons de ce changement, en termes de fond, de structure et de personnel.

La nutrition est un thème aux facettes multiples dont certains aspects sont bien connus : les inégalités en matière d’accès et de contrôle des actifs ont de graves conséquences sur la capacité des femmes à donner à manger, à apporter des soins et à donner accès à des services de santé et d’assainissement à leur partenaire, leurs enfants, surtout à leurs filles, mais aussi à elles-mêmes. Les grossesses et les carences cycliques en fer que connaissent les femmes rendent leur statut nutritionnel particulièrement vulnérable aux carences alimentaires, aux manques de soins et aux problèmes de santé. Par ailleurs, le statut nutritionnel des nouveau-nés et des nourrissons est étroitement lié à la nutrition de la mère avant, pendant et après la grossesse. C’est pourquoi, nous, les acteurs du Mouvement SUN, nous nous efforçons de veiller à ce que les mères et leurs enfants bénéficient de la meilleure nutrition possible au cours des 1 000 premiers jours de vie, de la conception jusqu’au deuxième anniversaire de l’enfant. À partir de là, il est essentiel de renforcer l’allaitement et la sensibilisation pour réduire le nombre de mères adolescentes et de mariages précoces. Ces trois facteurs jouent un rôle déterminant dans l’épanouissement des enfants. De nombreux pays SUN, comme le Malawi, agissent en ce sens en interdisant notamment le mariage des enfants. Vingt-deux pays SUN, dont le Viêt Nam, où j’ai eu la chance de me rendre récemment, garantissent un congé de maternité payé d’au moins 14 semaines.

Dans la plupart des pays SUN, les communautés nutritionnelles s’unissent à un point focal du gouvernement dont le rôle est de rapprocher les différents secteurs et parties prenantes comme les entreprises, la société civile, les donateurs et les Nations Unies. Aujourd’hui, environ 32 % de nos points focaux sont des femmes. Si nous aspirons à la parité entre les sexes (avec au moins 40 % de représentation pour chaque sexe), le Mouvement SUN doit s’assurer que les femmes sont également représentées, à tous les niveaux, au sein des réunions décisionnelles sur la nutrition. Nous devons en outre nous assurer de la mise en place de plans et de politiques pour la nutrition sensibles au genre dans l’ensemble des pays SUN.

Je me réjouis que le Secrétariat du Mouvement SUN compte une majorité de femmes (56 %), une répartition qui se reflète également dans sa direction, avec, entre autres, la directrice, et bien sûr moi-même, en tant que coordinatrice (bien que je ne sois que l’une des 21 % de femmes sous-secrétaires générales des Nations Unies). Notre comité exécutif est dirigé à 47 % par des femmes et notre Groupe principal, dont nombre de ses membres, hommes et femmes, défendent haut et fort la parité au sein de notre mouvement et en général, compte 44 % de membres féminins.


« Comme il est important que nous puissions reconnaître et célébrer nos héros et nos héroïnes ! »

Cette citation de Maya Angelou, poétesse, éducatrice, historienne, auteure à succès, actrice, militante des droits civils, productrice et metteuse en scène, a toujours trouvé un écho chez moi.


Elle me mène d’ailleurs à mon dernier point. Pour atteindre l’égalité des sexes, nous avons tous un rôle à jouer. Les hommes constituent souvent une ressource peu exploitée dans la promotion de nos « héroïnes » bien qu’ils figurent parmi les ambassadeurs de l’égalité des sexes les plus influents que je connaisse. Leur participation rend le discours autour de l’égalité des sexes plus englobant, plus juste et plus efficace que si les femmes réglaient, à elles seules, les « problèmes des femmes ».

Dans notre travail avec les ambassadeurs du Mouvement SUN, nous insistons sur l’importance d’un leadership à la mesure de chacun, ce qui est aussi valable pour la manière dont les hommes peuvent influencer la question de l’égalité et de l’équité entre les sexes. Bien que certains des très bons exemples de leadership masculins que nous connaissons aujourd’hui puisent leurs racines dans leur enfance et leurs origines, la plupart des types de leadership peuvent se construire et se développer d’eux-mêmes, le changement s’initiant à la maison.

Dans le cadre du Mouvement SUN, nous savons que les hommes – qu’ils soient présidents, chefs, maris, pères ou frères – doivent s’assurer activement que chaque membre de leur famille est bien nourri — une attitude ancrée dans la conviction que l’égalité améliore la qualité de vie de tout un chacun.

Donc, « l’espoir vit éternellement dans le cœur humain ». C’est en concluant sur cette citation que je vous invite à vous joindre à moi et au Mouvement SUN dans notre lutte pour l’égalité des sexes vers un monde 50-50 sain et nourrissant d’ici 2030, à l’occasion de cette importante Journée internationale de la femme, mais aussi demain, la semaine prochaine et les semaines suivantes, jusqu’à ce que nous ayons réussi.

Retrouvez le blog original sur le site Internet du Huffington Post

Post A Comment

No Comments