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Protéger la santé des enfants pendant la crise de la COVID-19 au Tadjikistan

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* Article publié initialement par la Banque mondiale 


© Banque mondiale

Le Tadjikistan, qui est l’une des économies au monde qui dépend le plus des envois de fonds, a été particulièrement touché par la pandémie de COVID-19. Comme dans toute crise économique, les premières victimes sont les ménages à faible revenu et surtout les enfants, qui sont déjà touchés par des taux de pauvreté plus élevés que les autres groupes de population. Au Tadjikistan, plus de 80 % des ménages qui reçoivent des fonds les dépensent principalement pour acheter de la nourriture et d’autres produits de première nécessité. Les envois de fonds au Tadjikistan devraient diminuer de 15 % en 2020.

 

Selon une enquête de la Banque mondiale, lorsque la pandémie a frappé, 41 % des ménages ont déclaré avoir été contraints de réduire leur consommation de nourriture, et 20 % des familles n’ont pas pu bénéficier de soins médicaux. La situation menace les gains obtenus précédemment sur le plan de la réduction de la pauvreté et a déjà aggravé l’état d’insécurité alimentaire et de malnutrition des familles en difficulté. Il n’est pas surprenant qu’en raison de la crise, le Tadjikistan connaisse actuellement sa plus faible croissance économique depuis deux décennies : la croissance en 2020 est estimée à 1,6 %, contre 7,5 % en 2019.

Dans le cadre du projet d’aide d’urgence COVID-19 au Tadjikistan (TEC-19), la Banque mondiale finance les transferts de fonds, qui se sont révélés être un outil efficace pour soutenir les pauvres dans le monde entier. L’assistance unique en espèces de 500 somonis (environ 50 dollars US) est destinée aux familles à faible revenu ayant de jeunes enfants de moins de trois ans, dans tout le pays, afin de compenser les effets de la pandémie, tels que l’augmentation des prix et les possibilités de revenus limitées. En partenariat avec l’UNICEF, les familles reçoivent également des messages importants sur les bonnes pratiques en matière de nutrition et d’éducation à adopter pour aider les enfants à rester en bonne santé et à développer tout leur potentiel en ces temps difficiles.

Lorsque le confinement a commencé, la famille de Mahina était l’une des plus touchées. Son mari est ouvrier du bâtiment, mais depuis la crise de la COVID-19 au début du printemps, il n’a pas pu travailler, en raison de la suspension de nombreux projets de construction. L’assistance en espèces que Mahina a reçue était très nécessaire, car elle a pu acheter de la nourriture et des médicaments pour sa fille Sarvinoz, âgée d’un an, qui se remettait d’une opération. « L’aide a été très importante et opportune pour nous. Sarvinoz s’est totalement remise de son opération et est maintenant en bonne santé », déclare sa mère.

© Banque mondiale

Barfioy Shoimardonova, une résidente de 61 ans du district de Shahrinav qui vit avec ses fils et leurs familles, a également reçu cette assistance en espèces. Son mari, un fils et un petit-fils vivent avec un handicap. Elle a cinq petits-enfants : le plus âgé a sept ans et le plus jeune vient d’avoir un an. Le fils aîné de Barfioy travaille en Russie et est le principal soutien de famille, mais ces derniers temps, il n’a pas pu envoyer beaucoup d’argent en raison des mesures de quarantaine en vigueur dans ce pays.

« Depuis que la Russie a été placée en quarantaine, les envois de fonds ont diminué. Nous avons souffert. Mais grâce à l’aide, nous avons acheté de la farine de blé, aidé les enfants, les avons nourris et pris soin d’eux », explique Barfioy.

Les transferts de fonds d’urgence couvriront au total plus de 50 000 ménages avec de jeunes enfants de moins de trois ans dans tout le Tadjikistan, des familles qui sont inscrites au système d’assistance sociale ciblée (ASC) en raison de leur statut de familles à faible revenu. Le nouveau programme d’ASC soutenu par la Banque mondiale a été étendu à l’ensemble du pays depuis juillet 2020.

« Les paiements d’urgence en espèces nous ont permis de tester la réactivité aux chocs du système de protection sociale au Tadjikistan et l’efficacité de la récente réforme de l’assistance sociale avec l’introduction de l’ASC. Ce modèle vise à étendre le rôle de l’ASC dans l’attribution des fonds aux groupes de population en situation d’urgence. Il existe désormais une base solide pour la poursuite du dialogue sur la politique à mener en vue de renforcer la capacité du système national de protection sociale à répondre aux divers chocs futurs », déclare Oleksiy Sluchynsky, économiste principal à la Banque mondiale.

Le projet d’aide d’urgence COVID-19 au Tadjikistan (TEC-19) est financé par une subvention de 11,3 millions de dollars US de la Banque mondiale et mis en œuvre par le ministère de la Santé et de la Protection sociale et l’Agence nationale pour la protection sociale du Tadjikistan. Il vise à soutenir les efforts déployés par le pays afin de répondre efficacement aux risques sanitaires et sociaux liés à la pandémie de COVID-19.

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