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Un engagement politique plus fort est nécessaire pour réduire la malnutrition, explique le directeur de la Fondation Gates.

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À propos de l’auteur : Shawn Baker est le Directeur du département de nutrition à la Fondation Bill et Melinda Gates. Il est également le Président du Comité exécutif du Mouvement SUN.

Il affirme qu’un plus fort engagement politique et une utilisation des ressources ciblant les personnes qui en ont besoin peuvent changer le sombre paysage de la nutrition dans n’importe quel pays qui fait des progrès sur le plan économique, tel qu’au Brésil.

Le Brésil est un exemple mondial de réduction du retard de croissance de 80 pour cent en une seule génération.

Le Directeur du département de la nutrition s’exprimait ainsi sur bdnews24.com à Dhaka lors de sa visite à Bangladesh samedi, 20 ans après avoir été le directeur de campagne de Helen Keller International à Dhaka de 1994 en 1996.

Il est venu assister à la réunion du conseil d’administration de l’Alliance mondiale pour une meilleure nutrition (GAIN) et aussi pour visiter les projets financés par la Fondation Gates au Bangladesh.

Le Bangladesh a reçu des félicitations à l’échelle mondiale pour la réduction de la mortalité maternelle et infantile, mais la situation est loin d’être satisfaisante en ce qui concerne la nutrition.

Le taux de retard de croissance actuel des enfants de moins de cinq ans est de 36 pour cent, un taux qui était resté longtemps à plus de 40 pour cent.

L’économie se développe mais les nutritionnistes déplorent de ne pas ressentir l’impact dans les résultats nutritionnels.

« C’est à travers le budget que le gouvernement peut ou non, utiliser le développement économique pour réinvestir dans ses populations », a affirmé M. Baker.

« Les pratiques d’allaitement maternel et d’alimentation complémentaire (nourriture faite maison introduite après six mois d’âge ainsi que de l’allaitement maternel) sont nécessaires. L’enrichissement des aliments est également nécessaire de même que l’est le revenu des mères pour une bonne nutrition », a-t-il poursuivi.

Il a également déclaré que le revenu des mères est important parce que les femmes prennent plus soin de leurs enfants que les hommes de manière générale.

La Fondation Gates finance de nombreuses recherches et projets uniques visant la nutrition au Bangladesh, un pays cible pour ce fonds de charité.

Son projet « Alive and Thrive » a généré des leçons qui sont reproduites dans d’autres pays.

Le projet a eu des effets d’envergure sur l’augmentation de l’allaitement maternel exclusif et les pratiques d’alimentation complémentaire au Bangladesh, comme il ressort de l’Enquête démographique et de santé menée l’année dernière.

« Le succès est maintenant reproduit dans d’autres pays », a déclaré M. Baker, d’autant plus que la Fondation Gates a des projets de nutrition en Inde, au Nigeria, au Burkina Faso et en Éthiopie.

Il a identifié quatre termes clés « fondamentaux » faisant référence à des facteurs qui font obstacle à l’amélioration de la nutrition – invisibles, orphelin, manque de données et sans voix.

« Dans l’esprit du public, on parle de malnutrition lorsqu’un enfant est gravement émacié. La malnutrition devient invisible car méconnue dans un village quand un enfant est simplement trop court ou atteint du retard de croissance. Il ne considère pas ce cas comme un problème nutritionnel.

« Elle devient un problème  » orphelin  » parce que personne (- ministère de la santé, de l’agriculture ou du développement social) ne revendique la responsabilité de la nutrition. Personne ne se réveille chaque matin en disant si je ne le fais pas (amélioration de la nutrition), je vais perdre mon travail », a-t-il renchéri.

Il a par ailleurs ajouté que la nutrition est « sans voix » d’autant que ceux à risque sont les moins à même d’avoir une voix politique. « Pour ce qui concerne le VIH, des voix s’élèvent dans les parlements. Mais pour le retard de croissance, personne n’en parle ».

Il a déclaré qu’un environnement favorable politiquement est essentiel et applicable pour tous les pays.

Au Bangladesh, la nutrition est un domaine sous-investi d’autant que le budget total du secteur de la santé est inférieur à un pour cent du PIB.

« Il doit y avoir un changement dans les mentalités », a déclaré M. Baker.

Il a estimé que les coûts de la nutrition doivent être considérés comme un investissement pour l’avenir du pays.

La Fondation Gates, en plus de l’intensification des efforts précédents, mettra l’accent sur la nutrition maternelle dans son nouveau programme au Bangladesh.

« Si la nutrition maternelle est négligée, le bébé naît trop petit, ce qui cause des dommages irréparables à la fois sur la croissance physique et le développement cognitif », a-t-il ajouté.

M. Baker a en outre déclaré que la Fondation s’entretient actuellement avec les hauts responsables gouvernementaux dans différents domaines techniques pour s’employer à éliminer les différents obstacles. Elle va intensifier ses efforts et aider les gouvernements dans le cadre des interventions éprouvées.

En ce qui concerne la participation du secteur privé dans la nutrition, M. Baker a déclaré qu’il est « pragmatique », et pour cela il pense que le secteur privé a le « potentiel de faire autant de bien que de mal ».

« Le gouvernement doit créer un environnement favorable qui optimise les actions du secteur privé tout en réduisant le plus possible, les conséquences négatives imprévues ».

La nutrition est un objectif à part parmi les nouveaux objectifs de développement durable. Il a déclaré que la communauté internationale prendra des engagements plus forts pour la nutrition l’année prochaine à l’occasion du sommet du Pacte de la nutrition pour la croissance au Brésil afin de traduire en réalité l’objectif de la nutrition dans les ODD.

« J’espère que le Bangladesh prendra également un engagement ferme à l’égard de la nutrition ».

Cet article était initialement publié sur BDnews24.com. Voir l’article original.

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