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Stimuler la coordination pour accroître les efforts

  |   La contribution de l’agriculture et de la protection sociale à l’amélioration de la nutrition, SUN dans la pratique

Yagya Bahadur Karki, honorable membre de la Commission nationale de planification et Point focal SUN du Gouvernement, et Min Raj Gyawali, administrateur de programme de nutrition à la Commission nationale de planification / Secrétariat national à la sécurité alimentaire et nutritionnelle (NNFSS)Bharatendu Mishra, honorable membre de la Commission nationale de planification.

INGO NEU, facilitateur international REACH, NNFSS Madhu Subedi, administrateur de programme de sécurité alimentaire, Commission nationale de planification / Secrétariat national à la sécurité alimentaire et nutritionnelle (NNFSS) Jhabindra Bhandari, facilitateur national REACH, NNFSS.

Le Népal a élaboré des stratégies et des plans pour résoudre le problème d’insécurité alimentaire, en promouvant la nutrition. Les régimes de protection sociale dans le pays contribuent à fournir suffisamment de nourriture et d’aliments nutritifs pour les pauvres et les groupes socialement marginalisés.

Une mauvaise nutrition affecte toute la population, les femmes et les enfants étant particulièrement vulnérables en raison de leur physiologie unique et des caractéristiques socio-économiques. Une nutrition adéquate est essentielle à la croissance et au développement des enfants. La période des deux premières années qui suit la naissance est particulièrement importante pour le développement optimal sur le plan physique, mental, cognitif et sanitaire ainsi que sur le plan de la croissance de la population (Ministère de la Santé et de la Population (MSP) [Népal], New Era et ICF International Inc., 2012).

Le Népal est un des pays les plus pauvres d’Asie du Sud. Une forte proportion (les estimations vont de 25% – 55%) de sa population vit avec moins de 1,25 USD / jour. Plus de 66 pour cent de la population travaille dans le secteur agricole, principalement des exploitations familiales orientées vers la subsistance. Les ménages employés dans l’agriculture représentent plus de trois quarts des pauvres du Népal. Beaucoup de ces ménages sont vulnérables et ont été touchés par le conflit prolongé, la sécheresse et d’autres catastrophes naturelles. L’amélioration de la productivité agricole n’a pas pu se faire au rythme de la croissance de la population, en particulier parmi les petits exploitants et les agriculteurs.

En 2012 / 13, le département de l’Agriculture du ministère du développement agricole du Gouvernement du Népal a indiqué que 33 des 75 districts du Népal sont confrontés au déficit alimentaire, et les districts vallonnés et montagneux sont plus atteints par l’insécurité alimentaire chronique (Bhattarai & Subedi, 2014). Certains ménages dans la zone Terai1 sont également confrontés à une grave pénurie alimentaire.

Près de 32% des populations du Népal vivent avec un apport calorique en dessous de l’apport nécessaire pour satisfaire les besoins journaliers minimum de calories pour une vie saine [Bureau central de statistiques (CBS), non publié}. Cependant de fortes disparités prévalent entre les zones écologiques, les régions de développement, les zones de clivage rural-urbain ainsi qu’entre les groupes d’âge, de genre, les groupes ethniques, et les castes. Comparée à Terai (24%), la population vivant avec un apport calorique insuffisant est plus élevée dans les régions vallonnées (36%) et les régions montagneuses (38%). La disparité est évidente dans la mesure de l’incidence du faible apport calorique entre les régions de développement allant de 24,4% dans la région de développement de l’Est à 36,3% dans la région de développement du Moyen-Ouest. En termes de région de développement, les deux régions de développement de l’Ouest (Moyen et Extrême-Ouest) ont un déficit calorique plus accentué comparativement aux trois régions de développement de l’Est (occidentale, centrale et orientale). Ainsi, les zones de développement des régions vallonnées, montagneuses et du Moyen et ExtrêmeOuest sont les plus touchées par l’insécurité alimentaire et l’apport calorique insuffisant. Selon l’indice de la faim dans le monde (GHI) situé à 17,3, la situation de la faim au Népal est considérée comme grave même comme cette notation est en dessous du niveau alarmant (IFPRI, 2011).

L’insuffisance alimentaire a un impact bien perceptible sur l’état de santé des personnes d’autant que de fortes incidences du retard de croissance (taille insuffisante pour l’âge), de l’insuffisance pondérale (faible poids pour l’âge) et de l’émaciation (faible poids pour la taille) ont été observées, en particulier au sein de ces groupes de population les plus vulnérables (NLSS, 2011).

L’Enquête Démographique et de Santé au Népal 2011 montre une amélioration de l’état nutritionnel entre 2006 et 2011, avec une réduction du retard de croissance, de l’émaciation et de l’insuffisance pondérale de 49% à 41%, de 13% à 11% et de 39% à 29%, respectivement (Ministère de la Santé et de la Population (MSP) [Népal], New Era et ICF International Inc., 2012). Néanmoins, la malnutrition chronique (retard de croissance) est encore très répandue, et de fortes disparités existent entre les groupes socio-économiques et les régions écologiques2, les enfants des ménages les plus pauvres et ceux qui vivent dans les régions montagneuses et les régions vallonnées présentant les niveaux les plus élevés de retard de croissance.

Connexion agriculture – nutrition

Le Népal est un pays à vocation agricole. Plus de 60% de la population dépend de l’agriculture pour sa subsistance. Cependant, la majorité des agriculteurs détiennent peu de terres [53% des agriculteurs ont ≤ 0,5 ha de terres cultivables (NLSS, 2011).] En conséquence, l’agriculture de subsistance est la plus courante dans le pays. L’agriculture est pratiquée principalement pour la consommation familiale et l’effort de production est orienté vers la satisfaction des besoins de la famille. Par conséquent, l’amélioration de l’agriculture est cruciale pour améliorer la production alimentaire et assurer ainsi la sécurité alimentaire des ménages, un apport alimentaire suffisant, l’état nutritionnel et la santé. Les interventions agricoles améliorées sont essentielles dans le maintien de l’état nutritionnel et sanitaire des segments pauvres de la société, qui sont plus vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition.

Au Népal, des progrès considérables ont été réalisés dans la réduction de la pauvreté au cours des décennies, aboutissant à l’augmentation de la productivité, et à la réduction du retard de croissance chez les enfants. Cependant, la prévalence de l’émaciation ou une maigreur anormale chez les enfants a augmenté. La ventilation des estimations nationales révèle des réductions importantes et impressionnantes du retard de croissance dans toutes les zones écologiques, allant d’un minimum de 14,7% dans les districts de montagne à un niveau élevé de 17,2% dans le Teraï. Mais la prévalence du retard de croissance reste à des niveaux élevés dans les trois zones écologiques. La situation est différente à l’égard de la prévalence de l’émaciation. Les taux de réduction de l’émaciation chez les enfants dans le Terai ont été significativement élevés contrairement aux régions vallonnées et aux régions montagneuses où ils sont restés faibles. De grandes disparités dans les taux de retard de croissance et l’émaciation demeurent par quintile de richesse. Les enfants pauvres sont presque deux fois plus susceptibles d’être atteints du retard de croissance et d’émaciation par rapport à ceux issus des familles plus riches.

Afin d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays, plusieurs plans et politiques ont été élaborés. Les efforts de sécurité alimentaire et nutritionnelle ont reçu une impulsion après la promulgation de la Constitution intérimaire du Népal en 2007. À l’heure actuelle, il existe 12 politiques et 21 lois différentes pour orienter le secteur agricole au Népal. Malgré cela, l’inadéquation des mécanismes de coordination au sein des principales organisations qui travaillent à améliorer la sécurité alimentaire, a conduit à une réduction d’efficacité et d’efficience des efforts de sécurité alimentaire et de nutrition. Le plan multisectoriel de nutrition (MSNP) a été élaboré pour renforcer la coordination entre les différents secteurs concernés.

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Le MSNP a souligné l’importance que tous les secteurs concernés travaillent en synergie pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle avec un accent particulier sur la coordination des efforts et la collaboration. Le Plan et les stratégies du secteur de l’agriculture mettent l’accent sur la nutrition et la sécurité alimentaire.
Le secteur de l’agriculture au Népal vise principalement à: (I) accroître la disponibilité des aliments de qualité à travers la production agricole et d’élevage familiale; (Ii) l’augmentation du revenu des femmes les plus pauvres grâce à des incitations de crédit; (Iii) la promotion de l’augmentation de la consommation d’aliments riches en micronutriments; (Iv) la réduction de la charge de travail des femmes et leur approvisionnement en aliments énergétiques sains et efficaces; et (v) le développement de la capacité du secteur et le renforcement des liens avec d’autres secteurs. Dans ce contexte, le Népal a élaboré la Stratégie de Développement Agricole (ADS) et le Plan d’action pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour régler le problème de l’insécurité alimentaire et promouvoir la nutrition.

Protection sociale et sécurité sociale

La Constitution intérimaire du Népal (2007) garantit la protection des droits de chaque citoyen en stipulant que « l’État suit une politique visant à accorder une attention particulière à la protection des intérêts des femmes, des orphelins, des enfants, des personnes âgées, et des personnes invalides, des peuples autochtones inhabilités et en voie de disparition ».


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La sécurité sociale a été reconnue comme essentielle pour les droits des citoyens. Elle est liée à l’amélioration de l’équité sociale et de la justice. En reconnaissance de ce fait, le Gouvernement du Népal a inclus une disposition pour la sécurité sociale dans la Constitution intérimaire. Avec l’intention d’étendre les droits de sécurité sociale pour les citoyens, le programme de sécurité sociale (Procédure opérationnelle) 2008 a été élaboré et mis en œuvre en vertu de la Loi sur l’autonomie locale de 1999. Le Gouvernement du Népal a mis en œuvre divers programmes de sécurité sociale depuis des décennies. L’accent croissant mis sur la protection et la promotion des droits des citoyens exige également une évaluation des interventions actuelles, qui peuvent donner des contributions précieuses pour le développement futur des politiques et des programmes.

Voici quelques-uns des programmes de transferts sociaux au Népal, qui soutiennent et ciblent les groupes vulnérables pour résoudre la pauvreté et améliorer l’état nutritionnel.

Programmes de transferts sociaux au Népal

  1. Programme de transfert d’argent, de protection sociale, y compris les programmes de protection du revenu et des transferts en nature (par exemple, les pensions sociales pour les citoyens âgés dans tout le pays ainsi que pour les enfants, les personnes invalides, les peuples autochtones en voie de disparition; des bourses d’étude et de la nourriture pour le travail; le programme de repas scolaires) et les transferts d’argent conditionnels (par exemple, les prestations de maternité et le programme de repas scolaires).
  2. Services sociaux gratuits (y compris les services de soins de santé essentiels – médicaments gratuits, consultations anténatales gratuites et des gratifications de transport, intervention gratuite en cas de prolapsus de l’utérus, vaccination et contraceptifs…gratuits, et éducation de base).
  3. Programmes de réduction de la pauvreté et d’autonomisation sociale ciblant diverses communautés et les femmes marginalisées (Fonds-PAF pour la réduction de la pauvreté, ministère de la femme, des enfants et de la protection sociale – MoWCSW) en collaboration avec les partenaires au développement).
  4. Pensions et assurance sociale principalement focalisées sur les employés du secteur formel (Caisse de prévoyance pour employés, Fonds d’investissement citoyen).
  5. Interventions sur le marché du travail: la législation du travail; des formations professionnelles et de développement des compétences; des travaux d’infrastructures de la communauté rurale entre autres.

Ce sont quelques-unes des initiatives de protection sociale existantes au Nepal. L’aide alimentaire est l’un des schémas importants pour réduire la faim et la malnutrition en fournissant de la nourriture et/ou de l’argent aux ménages en situation de forte insécurité alimentaire. Des programmes de repas scolaires abordent la malnutrition en fournissant des repas nutritifs de mi-journée qui servent de motivation pour l’assiduité scolaire. Des subventions de protection des enfants ciblent les enfants marginalisés de la naissance jusqu’à l’âge de cinq ans dans cinq les districts de Karnali, la zone la plus éloignée du Népal.

Voici quelques autres exemples de systèmes de transferts sociaux du Gouvernement qui sont pertinents pour la sécurité nutritionnelle dans le pays:

  • Des incitations pour un accouchement sécurisé et un service d’assistance à l’accouchement gratuit avec des incitations pour les mères qui ont régulièrement assisté à des services de soins prénatals (ANC) et des soins postnatals (PNC) pour la santé maternelle et néonatale.
  • Des services de santé gratuits pour les personnes âgées, ultra pauvres, pauvres, sans recours, invalides, et les femmes bénévoles de santé communautaire (FCHV).
  • La sécurité sociale dans le secteur formel ainsi que l’assurance contre le chômage, la maladie, les accidents et la vieillesse.
  • Des subventions globales de district et des subventions supplémentaires pour financer la gouvernance locale et le développement communautaire afin de promouvoir le développement local et renforcer la bonne gouvernance au niveau local.
  • L’allocation d’invalidité, les pensions sociales pour les personnes âgées, des allocations pour femme célibataire, des bourses d’études, des bourses d’éducation technique pour les filles, des subventions géographiques pour les groupes défavorisés et une allocation de mariage (pour les frais de remariage des veuves de groupes socialement exclus et les mariages inter-castes).
  • Des allocations pour les ex-combattants du Parti maoïste, une allocation de subsistance pour les familles touchées par l’insurrection, pour la stabilité politique et la justice sociale, avec pour objectif ultime la contribution à l’état de santé et à la nutrition des personnes.
  • Des subventions au transport du sel iodé pour en faciliter la distribution et la promotion de la consommation de sel adéquatement iodé, en vue d’améliorer la couverture et réduire les troubles dus à la carence en iode.

Toutes les initiatives de protection sociale et des interventions pertinentes participent de la résolution des questions de nutrition au bout du compte en augmentant la capacité d’achat et en développant le changement de comportement. Tous ces efforts étaient faits sur la base de la situation géographique, la situation socio-économique et étaient focalisés sur les communautés pauvres et vulnérables.

Leçons clés

  • Les dispositions légales dans la Loi et les règlements rendent les organismes locaux plus redevables de la mise en œuvre des programmes de nutrition et de protection sociale au niveau local.
  • Des directives publiées à l’attention des organismes locaux jouent un rôle vital pour la mise en œuvre effective des activités visant à améliorer l’état nutritionnel des femmes enceintes et des enfants.
  • La mise en œuvre conjointe des interventions et des activités entre les secteurs et les parties prenantes concernées donne divers résultats dans la réduction de la malnutrition chronique.

Bibliographie de l'étude de cas

Bhattarai, B. K., & Subedi, M. (2014). Sécurité alimentaire au Népal. PARAGA, 374-382.

CBS. (Non publié). Estimation sur une zone restreinte, de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition au Népal Népal: Bureau central des statistiques.

IFPRI. (2011). Indice de la faim dans le monde. Institut international de recherche sur les politiques alimentaires.

Ministère de la Santé et de la Population (MSP) [Népal], New Era et ICF International Inc. Enquête Démographique et de Santé au Népal 2011. Katmandou, Népal : Ministère de la Santé et de la Population (MSP) [Népal], New Era et ICF International Inc.

NLSS. (2011). Enquête sur le niveau de vie au Népal. Katmandou, Népal: Bureau central des statistiques.

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