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Suivi de la performance

  |   SUN dans la pratique, Systèmes d’information pour la nutrition

Le gouvernement du Rwanda identifie un petit nombre d’indicateurs de haut niveau pour faciliter la prise de décision et enregistrer les progrès accomplis.-making and record progress.

Fidele Ngabo, directeur de la santé maternelle et infantile et point focal SUN décrit le processus…

Le gouvernement du Rwanda s’est fixé un objectif ambitieux : réduire les retards de croissance, de 44 % à 24,5 % d’ici 2018. Il a placé l’alimentation et la nutrition au centre du programme de développement du pays et actualisé la politique nationale de sécurité alimentaire et de nutrition (2013) et le plan stratégique national pour la sécurité alimentaire et la nutrition (2013-2018) qui l’accompagne. Par l’adoption et l’approbation de la politique et du plan stratégique, le gouvernement s’est engagé à assurer une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages et par extension de la population.

En vertu de la stratégie nationale précédente visant à éliminer la malnutrition qui courait jusqu’en 2013, les mécanismes de suivi et d’évaluation (S & E) et les systèmes de rapports ont été crées avec les mécanismes de coordination au niveau national, à l’échelle des districts et des communautés. La stratégie a servi de cadre d’action commune entre les différentes parties prenantes à tous les niveaux. La coordination générale a été assurée par le ministère de la Santé par l’intermédiaire du Comité national de coordination pour l’élimination de la malnutrition (NCC) soutenu par le Groupe de travail technique sur la nutrition co-présidé par le ministère de la Santé, en collaboration avec l’Agence américaine pour le développement international, qui a assuré la coordination des partenaires de développement impliqués dans les interventions liées à la nutrition. Le plan stratégique national pour la sécurité alimentaire et la nutrition actualisé (2013-2018) a adopté un système similaire avec une coordination renforcée entre les principaux ministères et leurs mécanismes de suivi et d’évaluation. Les interventions ont été recentrées sur le « programme 1000 jours » pour la prévention du retard de croissance axée sur les enfants de moins de deux ans.

Systèmes nationaux

Un certain nombre de ministères et d’entités engagés dans la nutrition – santé, agriculture, administration locale, éducation, infrastructures et égalités entre les genres – préparent un plan d’action conjoint annuel pour l’élimination de la malnutrition (JAPEM) à travers le NCC. Chaque ministère présente un rapport d’avancement trimestriel, qui est consolidé pour la soumission au cabinet du premier ministre. Les résultats et l’impact au plan de la nutrition sont surveillés au moyen de divers outils.

Dans le secteur de la santé, les indicateurs clés de nutrition sont surveillés par le système d’information de gestion de la santé et par l’intermédiaire du programme de nutrition communautaire. L’information est recueillie à partir des structures de santé au niveau des districts et grâce à des outils de suivi de la communauté par des agents de santé communautaire. Une enquête plus complète conçue pour surveiller la santé de la population est également menée tous les trois à cinq ans à travers l’enquête démographique et de santé. Celle-ci permet de collecter des informations sur la fécondité, la planification familiale, la mortalité infantile, la nutrition, la santé maternelle et infantile, la violence domestique, le paludisme, la mortalité maternelle, la sensibilisation et le comportement en matière de VIH et SIDA, et la prévalence du VIH, du paludisme et de l’anémie.

La sécurité alimentaire et la vulnérabilité sont contrôlées à travers le système de surveillance de la sécurité alimentaire et nutritionnelle tous les six mois et l’enquête approfondie de la sécurité alimentaire et l’évaluation de la vulnérabilité et de la nutrition sont réalisées tous les trois ans. Ces enquêtes sont menées par le Ministère de l’Agriculture en collaboration avec l’Institut national de la statistique du Rwanda et le Programme alimentaire mondial. Elles sont complétées par le système d’information de gestion de l’agriculture, qui recueille des données de routine. Ces données sont diffusées par le biais des bulletins d’information et des rapports fournis à toutes les parties prenantes pour une utilisation dans la prise de décisions, l’élaboration des stratégies et la programmation.

Systèmes au niveau des districts

Les maires de district dirigent la préparation d’un plan directeur de district pour l’élimination de la malnutrition (DPEM), dans le cadre d’un contrat de performance avec le cabinet du premier ministre. Le DPEM est multisectoriel et comprend des interventions contribuant à la nutrition et spécifiques à celle-ci. Elles sont liées à l’alimentation du jeune enfant, l’enrichissement à domicile, le suivi et la promotion de la croissance, le dépistage et le traitement de la malnutrition aiguë, le soutien nutritionnel pour le VIH et le SIDA, la protection sociale, et l’intégration de la nutrition dans l’agriculture, notamment la distribution d’une vache par famille et la création de potagers familiaux. Les programmes sont progressivement intensifiés avec l’augmentation de la couverture axée sur le traitement du retard de croissance chez les moins deux ans en ligne avec la campagne nationale «1000 jours».

Suivre et intégrer les indicateurs clés

La mise en œuvre des DPEM est contrôlée par Devinfo, un système qui permet de suivre tous les indicateurs, les plans et les activités majeurs sous une forme très visuelle. Chaque indicateur dans le DPEM est représenté d’une manière dynamique en présentant le point de référence, les objectifs et les mises à jour fréquentes pour indiquer le statut actuel sous une forme graphique. Le système permet aux districts de générer un rapport d’avancement sur une base trimestrielle. Il s’appuie sur des données provenant du système d’information de gestion de la santé et du programme de nutrition communautaire en utilisant les registres des établissements de santé, le Système d’information sanitaire communautaire (SISCOM) et des SMS rapides émis par les agents de santé communautaires.

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Deux fois par an, le groupe de travail technique sur la nutrition effectue des missions de surveillance de la mise en œuvre du DPEM et formule des recommandations pour l’améliorer.

Les données nutritionnelles sont rapportées de village en cellule, des centres de santé et des hôpitaux de district sur une base mensuelle. Les aspects qui sont signalés comprennent des informations sur le suivi de la croissance, les potagers familiaux, les démonstrations de cuisine, les clubs de nutrition, la malnutrition infantile, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, et l’éducation nutritionnelle. Les hôpitaux de district analysent et publient les données de leurs centres de santé, des secteurs et des communautés. Plus important encore, la base de données SISCOM est opérationnelle et comprend des indicateurs de nutrition pour chaque district qui aident à l’exécution du programme de surveillance et de gestion. En outre, cette base de données permet de faire des ajustements au besoin.

Suivre la malnutrition chez les enfants par SMS

Suivre la malnutrition chez les enfants par SMSAu Rwanda, les interventions clés pour prévenir le retard de croissance font appel à un système permettant de dépister efficacement et de manière continue les enfants pour détecter et traiter les cas de malnutrition aiguë précoce. Grâce à cette intervention, le Rwanda a pu réduire, entre 2005 et 2010, la prévalence du retard de croissance de 51 % à 44 %, l’émaciation de 5 % à 3 % et l’insuffisance pondérale de 18 % à 11 % chez les enfants de moins de cinq ans 1.


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Pour suivre la malnutrition à ses premiers stades, le Rwanda utilise des SMS rapides, un système basé sur le téléphone mobile conçu pour suivre en continu le cycle de la grossesse – de la confirmation de la grossesse jusqu’à ce que le nouveauné atteigne l’âge de neuf mois. Le système a été élargi en 2013 pour suivre les 1000 premiers jours, de la grossesse jusqu’à l’âge de deux ans. Il comprend des services post-natals et de soins aux nouveaux-nés, le suivi des maladies infantiles telles que la diarrhée, le paludisme et la pneumonie et les activités de nutrition communautaire (telles que l’allaitement, l’alimentation complémentaire) et la taille et le poids des enfants de moins de deux ans. Les maladies déclarées et la gestion communautaire des cas de malnutrition aiguë sont suivies par l’orientation médicale et le traitement. Le système fonctionne en utilisant des informations communautaires en temps réel. Les Agents de santé communautaires formés envoient leurs rapports au serveur central de SMS rapide du Ministère de la Santé qui génère ensuite des réponses et les transmet aux centres de santé, aux hôpitaux de district et au niveau central. En cas d’urgence, une alerte rouge est déclenchée. Cela permet aux patients de bénéficier immédiatement de services vitaux.

L’efficacité du système dépend toutefois fortement du flux constant d’informations précises et de la génération de réponses appropriées. Le contrôle de la qualité et la surveillance constante des agents de santé communautaires sont nécessaires. D’autres facteurs limitatifs doivent également être abordés, tels que le manque d’électricité pour charger les téléphones, l’accessibilité géographique pour le transport des patients, et les démissions ou les déplacements des agents de santé communautaire.

Défis

Malgré des efforts considérables, la fragmentation de l’information reste un problème car il n’y a pas de suivi national de la nutrition ou il n’existe pas de mécanisme de surveillance en place pour l’instant. Par conséquent, l’échange d’informations entre les secteurs peut être limité. Le gouvernement est conscient de ces faiblesses et s’efforce de trouver des moyens d’améliorer le système. Actuellement, des efforts sont en cours pour mettre en place un système de surveillance de la nutrition avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé.

Principaux enseignements

  • Comprendre les causes sous-jacentes à la fois de l’insécurité alimentaire et la malnutrition chronique dans le pays aide les planificateurs et les décideurs à mieux lutter contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition.
  • Une technologie simple et disponible comme le SMS peut être utilisée comme une plateforme efficace pour l’échange d’informations bien que son efficacité puisse être limitée par des facteurs qui empêchent le flux constant des informations correctes et la génération de réponses.
  • Les agents de santé communautaire jouent un rôle crucial en relayant des informations correctes en temps réel et il faut donc veiller à ce qu’ils disposent de capacités suffisantes et surveiller régulièrement la qualité des données.

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