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Une formation pour aider les mères à lutter contre la sous-alimentation au Malawi

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Les enfants atteints de malnutrition de moins de deux ans issus des zones rurales du Malawi, dont les mères ont reçu une formation sur la diversité alimentaire, l’hygiène et la sécurité alimentaire, ont vu leur nutrition et leur santé s’améliorer significativement en seulement trois semaines. Une étude publiée le 17 janvier 2018 dans le Journal of Public Health Nutrition démontre l’impact rapide que peut avoir une intervention d’éducation nutritionnelle conçue de manière adéquate.

La sous-alimentation est un problème persistant et compliqué dans les pays en développement, où le déséquilibre nutritionnel est un problème majeur. Les déficiences de croissance résultant de la malnutrition sont élevées au Malawi, où plus de 37 pour cent des enfants souffrent d’un retard de croissance (Étude démographique et de santé au Malawi, 2016). Aujourd’hui, une étude menée dans les zones rurales du Malawi s’attaque à ce problème: en seulement 21 jours, les enfants dont les mères ont reçu une formation complète portant sur les régimes alimentaires complémentaires diversifiés, les pratiques en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) et la sécurité sanitaire ont montré une amélioration significative des mesures importantes de la sous-alimentation, comme l’émaciation, l’insuffisance pondérale et le périmètre brachial.

Cette étude nutritionnelle a été menée auprès de mères d’enfants de moins de deux ans, dans les districts de Mzimba et Balaka au Malawi, par une équipe de scientifiques de l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) et de l’Université d’agriculture et des ressources naturelles de Lilongwe (LUANAR), au Malawi. Cette étude a été soutenue par la Fondation Mc Knight et les programmes de recherche agricole pour la nutrition et la santé (A4NH) du GCRAI et sur les légumineuses à graines.

Le manque de diversité alimentaire est une préoccupation majeure pour la majorité des familles malawiennes, qui possèdent une petite exploitation agricole dont les cultures constituent une source d’alimentation et de revenus. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), plus de la moitié de la population malawienne vit dans la pauvreté et connait une grande insécurité alimentaire. Généralement, les agriculteurs cultivent le maïs, qui leur sert de nourriture. Les autres cultures, une fois arrivées à maturation, sont presque toujours utilisées à des fins commerciales, et seules des interventions récentes encouragent l’utilisation du millet et d’arachides dans un but de diversité alimentaire. Il est estimé que les femmes exécutent la moitié de l’ensemble du travail agricole, ainsi que la majorité des autres tâches ménagères et de la garde des enfants, mais elles ne possèdent souvent qu’un contrôle limité sur les ressources du ménage.

Au cours de l’étude, les scientifiques se sont assurés d’utiliser des pratiques et des aliments disponibles localement pour élaborer un modèle susceptible d’améliorer considérablement la nutrition des jeunes enfants. En utilisant une approche basée sur les groupes alimentaires, ils ont mis au point une recette de bouillie de gruaux faite de céréales et de légumineuses riches en éléments nutritifs comme le millet d’Inde et le pois d’Angole, en plus de maïs, d’arachide, de carottes, de feuilles d’amarante pour compléter l’allaitement maternel et fournir tous les acides aminés, les vitamines et les minéraux nécessaires à la croissance de l’enfant. Il est important de noter que la méthodologie utilisée pour cette intervention allait au-delà du transfert de connaissances et portait plutôt sur la participation de mères qui élevaient déjà des enfants en bonne santé pour qu’elles animent des séances de cuisine et de formation à l’attention des mères dont les enfants souffrent de malnutrition. Aussi connue sous le nom de déviance positive ou modèle de Hearth, cette méthode « d’apprentissage par la pratique » a l’avantage d’utiliser les connaissances et les pratiques des parties prenantes, afin d’encourager l’adoption de ces mesures et d’assurer des résultats continus en dehors de la durée de l’étude.

 

Réalisée auprès de 179 mères et de leurs enfants au cours de la période suivant la récolte de 2014-2015, l’étude offre des données approfondies qui révèlent la première portée significative de cette formation à faible coût en matière de nutrition, de sécurité sanitaire et d’hygiène et l’impact que ces pratiques simples peuvent avoir sur la santé des enfants. Alors que les incidences de diarrhée ont presque entièrement disparu, l’impact sur l’émaciation s’est progressivement amélioré aux jours 7, 14 et 21, l’impact le plus important ayant été observé lors du dernier relevé. Des tendances similaires ont été observées pour d’autres indices, bien que la période d’étude ait été trop courte pour pouvoir observer des effets sur le retard de croissance. « En utilisant l’approche basée sur les groupes alimentaires en plus d’une formation de base sur les pratiques WASH, nous avons pu obtenir des améliorations significatives des mesures de malnutrition en seulement 21 jours. Si ce modèle venait à être mis à l’échelle avec l’aide des partenaires publics et privés de développement, les progrès réalisés pourraient être clés dans l’éradication de la malnutrition en Afrique », a déclaré S. Anitha, scientifique de l’ICRISAT à la tête de l’étude.

L’étude fait part également d’une inquiétude de taille en matière de sécurité alimentaire, puisque plus de la moitié des échantillons d’urine des enfants étudiés présentaient une contamination par aflatoxines, bien que cela n’ait pas eu d’effet significatif sur les résultats nutritionnels en soi. En conclusion, la recherche fait part d’une nouvelle orientation et de nouvelles approches visant à obtenir de meilleurs résultats en matière de santé dans les pays à faible revenu en Afrique subsaharienne.

 

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