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Une riposte solide, organisée et efficace contre la COVID-19 a permis de sauver des vies au Viet Nam

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Billet de blogue rédigé par Phuong Huynh (Institut national de la nutrition) et Duong Vu (Alive & Thrive)


© UNICEF/UNI329523

Le Viet Nam, qui compte une population de près de 100 millions d’habitants, est un nouvel exemple de réussite dans la gestion de la pandémie de COVID-19. Alors que les médias internationaux ont mis en exergue sa capacité exceptionnelle à gérer la logistique des mesures de dépistage, de test et de confinement, la nutrition est un autre aspect de l’obtention de bons résultats en matière de santé.

Le Viet Nam a été le premier pays reconnu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme étant exempt du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003. La loi sur la prévention et le contrôle des maladies infectieuses a été promulguée en 2007 pour servir de base aux politiques de préparation, de coordination rapide et de confinement. Cinq jours seulement après la détection des deux premiers cas de COVID-19 au Viet Nam, le gouvernement a formé le Comité national de pilotage dirigé par le vice-premier ministre Vu Duc Dam, qui est également le représentant du gouvernement au sein du Mouvement pour le renforcement de la nutrition (SUN), afin de coordonner la stratégie de l’ensemble du gouvernement.

Fin février, l’Institut national de la sécurité et de la santé au travail a sorti « Ghen Co Vy » (« The Jealous Coronavirus » en anglais), une célèbre chanson pop bien connue dont les paroles ont été modifiées afin de faire passer un message d’intérêt public sur l’importance du lavage des mains. L’institut a demandé au danseur Quang Dang de chorégraphier des mouvements de danse, ce qui a finalement donné lieu à un défi de danse sur Tik Tok. En mars, le ministère de la Santé a envoyé dix textos de rappel à tous les utilisateurs de téléphones portables du pays, en utilisant constamment la devise : « Lutter contre l’épidémie, c’est comme lutter contre l’ennemi ».

Le message a également trouvé un écho favorable auprès de la communauté de la nutrition au Viet Nam, puisque le père fondateur de l’Institut national de la nutrition après la guerre était à la fois un médecin et un général. Le message a suscité un esprit communautaire, chaque citoyen se sentant inspiré à apporter sa pierre à l’édifice, que ce soit en portant un masque en public, en endurant des semaines de confinement ou en renforçant son système immunitaire grâce à une alimentation adéquate.

Le 27 mars, lors d’un pic de transmission dans la population, le Premier ministre a ordonné la fermeture de tous les restaurants. Le 29 mars, le gouvernement a publié la résolution 37/NQ-CP visant à apporter un soutien sous la forme de repas nutritifs aux personnes placées en quarantaine afin de protéger leur santé et de vaincre ainsi le coronavirus.

Le 5 avril, le département de médecine préventive générale du ministère de la Santé et l’Institut national de la nutrition ont publié des lignes directrices sur la nutrition à l’attention de différents groupes vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes et enfants). Le Dr Le Danh Tuyen, directeur de l’Institut national de la nutrition, a déclaré : « Les lignes directrices soulignent l’importance des repas faits maison, et recommandent d’éviter la restauration rapide et de prendre des suppléments en micronutriments en plus de pratiquer une bonne hygiène. »

En ce qui concerne l’approvisionnement alimentaire, le ministère de l’Industrie et du Commerce a suivi de près la situation de l’offre et de la demande et la distribution des denrées alimentaires essentielles et d’autres produits de base, alors que l’ensemble du pays était soumis à des mesures strictes de distanciation sociale. L’approvisionnement en denrées alimentaires et en biens de première nécessité a été assuré sans trop d’achats dictés par des réactions de panique et la volatilité des prix des denrées alimentaires n’a été observée que dans quelques endroits. De nombreuses entreprises et personnes ont assuré la mise en service de distributeurs automatiques de riz (« Rice ATM », « 0 VND-ATM ») dans le but de fournir du riz et des aliments essentiels aux citoyens vulnérables.

Une mère soupçonnée d’être infectée par la COVID-19 a accouché par césarienne de jumeaux à l’hôpital obstétrique et pédiatrique de Quang Ninh, et a reçu un soutien à l’allaitement afin de garantir un départ nutritionnel optimal aux nouveau-nés.

La nutrition des mères, des nourrissons et des jeunes enfants a également fait l’objet d’une attention particulière. Le 11 février 2020, une fillette de trois mois a contracté le SRAS-CoV-2 après avoir été infectée par sa grand-mère. L’enfant a été placé en quarantaine avec sa mère et a continué à allaiter pendant que la mère portait un masque chirurgical. Elle a reçu par voie orale uniquement de l’azithromycine, à raison de 10 mg/kg par jour, pendant cinq jours, et a pu sortir au bout de neuf jours. Ce cas a permis d’insister sur l’importance de l’allaitement maternel, une pratique qui a été massivement mise en avant dans les conseils nutritionnels pour les bébés de moins de deux ans, sous la forme de dépliants, de messages vidéo et de messages radio.

En mars 2020, l’Alliance de la société civile du Mouvement pour le renforcement de la nutrition (SUN CSA) au Viet Nam et le groupe de travail sur la nutrition ontenvoyé des lettres aux ministères concernés et aux entités gouvernementales pour leur signaler des infractions à la législation sur la commercialisation par trois sociétés produisant et distribuant des substituts du lait maternel, à savoir NutriCare, Nutifood et VitaDairy. Ces sociétés fournissaient des échantillons gratuits de substituts du lait maternel aux hôpitaux spécialisés dans le traitement de la COVID-19 en indiquant que leurs produits contribuaient à renforcer le système immunitaire des enfants pour lutter contre la COVID-19.

En avril 2020, l’Institut national de la nutrition a procédé à une évaluation rapide des conséquences de la COVID-19 sur la sécurité alimentaire et les habitudes alimentaires des ménages ainsi que sur la nutrition des nourrissons et des jeunes enfants. À notre connaissance, il s’agit de la première évaluation réalisée en Asie du Sud-Est qui examine les conséquences de la COVID-19 sur la nutrition. Le rapport a indiqué qu’aucune incidence négative n’avait été détectée en ce qui concernait les pratiques d’alimentation recommandées pour les nourrissons et les jeunes enfants et l’état nutritionnel.

La pandémie n’est pas encore finie, mais elle nous enseigne que la mise en place de systèmes et de communautés résilients doit constituer un élément clé de la nouvelle stratégie nutritionnelle, y compris pour les groupes vulnérables comme les minorités ethniques. Grâce au plaidoyer de la SUN CSA Viet Nam, de l’OMS, de l’UNICEF et de la Banque mondiale, en juin 2020, l’Assemblée nationale vietnamienne a approuvé à l’unanimité l’allocation d’une enveloppe d’au moins six milliards de dollars US en faveur d’un nouveau programme national ciblé pour le développement des minorités ethniques (2021-2025), qui comprend un important volet consacré à la nutrition.

 

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