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Viet Nam : la malnutrition et l’obésité font peser un double fardeau sur la santé

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La malnutrition et l’obésité font peser un double fardeau sur le Viet Nam, le développement rapide du pays au cours des deux dernières décennies ayant entraîné l’émergence de problèmes sanitaires propres aux pays développés sans que la faim ne soit entièrement éradiquée.

Lors d’une récente conférence de presse, Tran Khanh Van, directrice adjointe du département des micronutriments de l’Institut national de la nutrition, a déclaré que les familles devraient prendre soin de la nutrition de leurs enfants dès leur plus jeune âge. Même avant qu’une femme ne tombe enceinte, son état nutritionnel peut avoir une incidence sur la vie de son bébé plus tard.

« La garantie d’une nutrition adéquate pendant les 1 000 premiers jours de la vie d’un enfant, de la conception à l’âge de deux ans, joue un rôle important dans la prévention de la malnutrition infantile », a déclaré Mme Van. « L’apport d’une alimentation saine et solide à une mère pendant la grossesse contribuera au bon développement du bébé dans l’utérus et offrira à la mère suffisamment d’éléments nutritifs pour nourrir son bébé plus tard », a souligné Mme Van.

Elle a également ajouté qu’un supplément de fer pendant la grossesse et après l’accouchement était recommandé comme moyen simple et efficace de prévenir l’anémie et la carence en fer chez la mère et l’enfant.

Selon Mme Van, les familles devraient diversifier leurs aliments et ajouter des aliments enrichis en micronutriments. La mère devrait allaiter tôt les nouveau-nés, exclusivement pendant les six premiers mois. Par la suite, les nourrissons devraient recevoir des aliments complémentaires à l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans ou plus.

Une enquête de l’Institut national de la nutrition a montré que le taux de retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans était de 23,8 %, alors que le taux d’insuffisance pondérale chez les enfants était de 13,8 % en 2017. Ces chiffres signifient qu’un enfant vietnamien sur quatre âgé de moins de cinq ans souffre d’un retard de croissance ou de malnutrition.

Parallèlement, le surpoids et l’obésité ont augmenté rapidement, principalement dans les deux grandes villes de Hanoï et de Hô-Chi-Minh-Ville. Dans l’ensemble du pays, près de 30 % des élèves du primaire souffrent de surpoids ou d’obésité.

Selon les résultats de l’enquête 2014-2015, la prévalence de l’obésité chez les enfants du primaire à Hô-Chi-Minh-Ville s’élevait à 38 %, alors qu’elle était d’environ 18,5 % dans le centre-ville de Hanoï. L’augmentation du nombre d’enfants en surpoids peut être attribuée à un mode de vie inactif et à une consommation excessive d’aliments faibles en nutriments et riches en graisses comme les fast-foods et les boissons gazeuses, a déclaré le Dr Le Danh Tuyen, directeur de l’Institut national de la nutrition.

En outre, le pourcentage élevé d’enfants souffrant de malnutrition s’explique par le régime alimentaire traditionnel de la plupart des Vietnamiens, qui ne fournit pas suffisamment de vitamines et de minéraux pour le développement physique, mental et intellectuel de l’enfant, a expliqué M. Tuyen.

Organisée à l’échelle nationale, la Semaine de la nutrition et du développement met l’accent sur la nutrition des mères et des enfants pendant les 1 000 premiers jours de leur vie. Une campagne de communication d’une semaine a été lancée à l’échelle nationale le 16 octobre dans le but de mieux sensibiliser la communauté à la sécurité nutritionnelle et à la prévention de la malnutrition, en particulier chez les enfants, et à une alimentation saine et équilibrée Cette campagne s’attache aussi à garantir l’hygiène et la sécurité alimentaires, ainsi qu’à promouvoir un mode de vie sain par l’exercice physique régulier pour prévenir l’obésité.

Pour 2025, le Viet Nam s’est fixé comme objectifs de réduire la malnutrition infantile – notamment le taux de retard de croissance à moins de 20 % – et de ramener le taux d’obésité chez les adultes à moins de 12 %.

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